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lundi 16 juillet 2012

Los Angeles Harbor

Composante obligatoire de toute ville globale, le port de Los Angeles est le premier port américain en volume (16ème mondial) : 3000 ha, 69 km de quai et 16.000 travailleurs pour 8 millions de containers gérés annuellement.
La ville de plaine décrite par Banham, presque accidentellement entrée en collision avec les collines et le Pacific est tout de même dotée d'une infrastructure maritime globale.
Installé à cheval sur les districts de San Pedro et de Long Beach, le port est à 32 km du Downtown (20 mi). Les voies nord-sud principales, un réseau de fret important et une ligne de métro le rejoignent.
Cet axe à grande échelle correspond à un tracé historique et technique, cardinal dans la construction de Los Angeles.

Sans surprise, l'amoureux des ports qu'est Jean Rolin a décrit l'atmosphère improbable de ce lieu dans son livre "L'enlèvement de Britney Spears", entre solitude humaine et hyper-activité machiniste.

Extrait d'un article du Monde Magazine du 30 juillet 2011 :
" Au sud d’Imperial/Wilmington, dans la direction de Long Beach, la ligne bleue du métro, tantôt surélevée et tantôt au niveau du sol,traverse des quartiers dont la composition sociale ou ethnique est assez voisine de celle d’Athens. Dans la rame, il arrive que les Afro-Américains l’emportent par le nombre sur les Hispaniques, mais ces derniers reprennent rapidement le dessus. Et c’est également de leur communauté, sauf exception, que proviennent les vendeurs (ou les vendeuses) ambulants de barres chocolatées et d’autres douceurs. A partir d’Artesia, alors que la voie longe un canal que les cartes désignent comme la Compton Creek, et plus encore à partir de Del Amo, alors qu’elle se dispose à franchir la rivière de Los Angeles, toute proche désormais de son embouchure, les signes d’une importante activité portuaire se multiplient, sous la forme principalement de parcs où les conteneurs sont empilés par centaines, et de trains ou de camions destinés au transport de ces derniers. Puis la ligne bleue pénètre dans Long Beach et le paysage s’embourgeoise,se banalise,jusqu’à cette sorte d’apothéose que constitue, à l’approche du terminus de Transit Mall, l’apparition furtive, entre deux blocs d’immeubles, de deux des trois cheminées du paquebot Queen Mary, ou de son fantôme muséifié, amarré sur la rive opposée de Queensway Bay.
Et c’est ici que les choses sérieuses commencent. Car la ligne de bus, on ne peut plus locale, que nous allons emprunter maintenant – la CE 142 – présente la particularité de survoler sur toute leur étendue les installations portuaires contiguës de Long Beach et de Los Angeles – à elles deux, le premier port des Etats-Unis. Le CE 142 se prend sur First, au pied de l’immeuble « Primes », à raison d’un départ toutes les demi-heures à destination de San Pedro/Ports O’Call. Peu avant l’appareillage du bus de 11 heures, une dame formidablement obèse emprunte dans un fauteuil roulant la rampe d’accès à bord. Autrement, la clientèle est au départ clairsemée, pluriethnique et sensiblement plus âgée que dans la plupart des moyens de transport public que nous avons fréquentés jusqu’à présent. Quant au spectacle ménagé par le trajet du 142, il commence presque aussitôt, dès que, après avoir traversé la rivière de Los Angeles, Ocean Boulevard – qui deviendra Seaside Avenue à mi parcours – s’élève pour franchir, sur le Gerald Desmond Bridge, le chenal réunissant deux bassins du port de Long Beach. Et de nouveau nous voici confronté à quelque chose qui décourage toute description : le minéralier assisté par des remorqueurs en train de pivoter sur lui-même dans le bassin d’évitage, le navire de guerre à la silhouette indécise se profilant à l’entrée du Long Beach Main Channel, les porte-conteneurs en opération alignés le long des quais de Terminal Island. Tout cela vu à travers les vitres sales d’un autobus chargé principalement de vieillards, certains obèses, et tressautant, vibrant, au rythme frénétique – c’est une tendance générale à Los Angeles, pourvu que la route soit libre – que lui imprime une conductrice noire au demeurant très calme et d’humeur bénigne. Le comble de la beauté, et la visibilité maximale sont atteints dans le fort dénivelé qu’accuse Seaside Avenue dans l’attaque du Vincent Thomas Bridge, ce pont si élevé qu’il semble avoir été conçu à l’échelle de navires d’une taille inédite, tels qu’il en existera peut-être dans dix ans si l’économie mondiale, et celle en particulier de la Chine, ne s’est pas effondrée entre-temps.
11 h 30. Le 142, après avoir traîné un moment dans San Pedro pour laisser aux passagers le temps de se remettre de leurs émotions, termine sa course sur le parking désert de Ports O’Call.
L’un des grands côtés de ce parking donne sur un bassin le long duquel sont amarrés des bateaux apparemment gréés pour la pêche au thon, dont la saison n’ouvre que dans deux mois.
Normalement, commente un vieux Mexicain, ou présumé tel, occupé à repeindre le plat-bord du Santa Maria, les bateaux devraient sortir ces jours-ci pour le calmar, mais les températures élevées qui règnent depuis quelque temps ne seraient guère propices à ce dernier. Un rapide tour d’horizon permet de constater que la plupart des bateaux présents dans ce bassin, au milieu duquel se prélassent trois otaries, portent des noms hispaniques, même si l’on remarque aussi un Sea Venture ou un Midnight Hour. En retrait du bassin se dresse un bâtiment isolé abritant un bistrot, Utro’s at the Wharf, dont l’entrée est surmontée d’une banderole le désignant comme le « Home of the Proudest People on the Coast » (« maison des gens les plus fiers de la côte »). Pour s’autocélébrer de cette façon, il n’y a guère que les dockers, ou à la rigueur les pêcheurs. La décoration d’Utro’s, à l’intérieur,ne fait que confirmer cette impression :à côté d’énormes poissons empaillés, on remarque quantité d’objets et de photographies évoquant les grandes heures du travail sur les quais, puis le déclin de celui-ci. Dans l’ensemble, il règne chez Utro’s une atmosphère, à la fois prolétarienne et patriotique, assez sympathique, un peu nostalgique, et que seul un esprit étroit pourrait flétrir comme «populiste». La bannière étoilée déployée au-dessus du comptoir, le « Flag of Honor », inclut une liste des victimes du 11-Septembre. Elle voisine avec un portrait d’Harry Bridges, ce leader syndicaliste, d’origine australienne, qui dans les années 1950 fut inquiété par la commission des activités antiaméricaines pour son appartenance supposée au Parti communiste, et qui quinze ans plus tard organisa avec un certain succès, plus subtilement que ses camarades de la façade atlantique, la résistance des dockers de la Côte ouest à la « conteneurisation » et aux pertes d’emplois qu’elle entraînait.
Ce combat d’Harry Bridges, par la souplesse dont ce dernier sut faire preuve dans des circonstances difficiles, n’est pas complètement étranger à l’actuelle prospérité, liée aux échanges avec l’Asie, des deux ports jumeaux de Los Angeles et Long Beach.
De cette prospérité, ou au moins de l’activité qu’ils déploient, on prend la mesure en empruntant, au sortir de chez Utro’s, l’itinéraire désigné comme « tsunami evacuation route » et débouchant dans Signal Street. Enfin, c’est une façon de parler, puisque de part et d’autre de celle-ci ne s’étendent que des hangars désaffectés et des citernes mangées par la rouille. Mais si l’on pousse un peu plus loin, jusqu’à la station de pilotage du port de Los Angeles, on découvre sur la rive opposée, outre une prison maritime, des alignements à n’en plus finir de portiques géants en train de charger ou de décharger des conteneurs.
Et si l’on pousse encore un peu plus loin, au risque de se faire rappeler à l’ordre, en contournant le hangar n° 1 on tombe sur cette inscription recouvrant une grande partie du côté qu’il présente à la mer : « Welcome to the port of Los Angeles ».








dimanche 15 juillet 2012

Los Angeles Ecologie 1 : de "Surfurbia" à Venice Beach

Extraits de "Los Angeles: The Architecture of Four Ecologies" par Reyner Banham :

"Plus que tout autre aspect de la ville, ce que les autres métropoles auraient le plus de raisons d’envier à Los Angeles, ce sont les plages. De Malibu à Balboa, c'est une même plage de sable blanc qui s'étend presque continûment sur pas moins de 115 km. Elle est presque entièrement ouverte au public. [...] Los Angeles demeure la plus grande ville côtière du monde. [...]
Pourtant, [elle] n'est pas une ville côtière classique, c'est-à-dire découverte et conquise depuis la mer : elle a été fondée depuis l'intérieur et a mis très longtemps à devenir un port de quelque importance. A l'époque du chemin de fer, la ville se mit à avancer par bonds vers la mer, établissant tout au long du rivage les agglomérations secondaires qui sont à l'origine de son mode très particulier de croissance polycentrique.  [...]
A Los Angeles, la plage est le seul endroit où les gens se retrouvent sur un pied d'égalité - une franc-maçonnerie des plages qui semble représenter une réelle alternative à la tendance générale au compartimentage. [...]
[La planche de surf] est le premier artefact fonctionnel et symbolique de ces plages, celles où commence l'histoire du surf californien. Comme presque tout le reste, d'ailleurs, c'est encore grâce à la Pacific Electric Railroad que ce sport parvint jusque-là : c'est elle qui dans le but de stimuler les déplacements pendant les week-ends, fit venir en 1907 le pionnier Hiberno-Hawaïen du surf, George Freeth, pour faire des démonstrations à Redondo Beach. [...]
Les planches concrétisent et résument la capacité de Los Angeles à inventer une imagerie stylsitique et à mobiliser pour la produire toute la panoplie des techniques modernes, à la fois visuelles et matérielles."

Venice Beach se trouve presque naturellement au centre du grand linéaire de sable fin décrit par Banham.
A première vue, seule la toponymie distingue les entités qui se succèdent le long du littoral. Ensuite, l'on comprend qu'ici comme ailleurs c'est l'ère d'influence et le mouvement de la population qui contribuent à la fabrique des lieux. La singularité de la "marque" Venice tient donc autant à son site qu'aux quelques tribus qui la pratiquent.

Sur le front de mer piéton, un habitué des lieux explique aux visiteurs d'un jour qui l'accompagnent :
"Here's the beach and all the craziness is over here."

Au bord de l'eau, quelques surfeurs et d’authentiques baigneurs se partagent une large bande de sable. Cet espace ne constitue pas la singularité de Venice. Tout se passe en effet après.

Une piste cyclable longe le sable. Hyper-saturée, un flot coloré de cycles en tout genre la parcourt continuellement.
Le long de la plage, une variété presque infinie d'activités sportives est répartie en autant d'alvéoles thématiques. Depuis le Pier jusqu'à la jetée de Santa Monica, les activités extérieures californiennes s'exposent dans toute leur variété : skate-board, beach-volley, tennis, jeu de paume, body-building, rollers. Autant de pratiques pour autant de profils, de l'adolescent longiligne et agile dans son skate-park jusqu'à l'athlète tatoué sous le panier de basket.
Des constructions diverses constituent le front de mer. Boutiques , villas haut-de-gamme, hôtels, condos neufs, bungalows anciens.


De récentes lois de l'état de Californie ayant légalisé l'usage de la marijuana "médicinale", un business joyeux (et accessoirement mafieux) s'est développé parmi les échoppes qui constituent une partie du fornt de mer.
Dans des boutiques thématiques, des médecins délivrent à qui le demande des prescriptions et fournissent les malades en herbe californienne. (Le récent, et plutôt bon film d'Oliver Stone, "Savages", la décrit d'ailleurs comme la meilleure du monde).

Comme souvent à Los Angeles, les sans-abris sont bien représentés et des silhouettes fantomatiques hantent aussi la bande littorale.

Après la Pacific Ave, un quartier résidentiel cossu s'organise autour de quelques canaux artificiels. Cet ensemble bien connu, qui a donné son nom à la plage, correspond à un projet immobilier ambitieux de 1905.
Cet emplacement exclusif regroupe quelque centaine de maison, bungalows californiens, maison de type néo-coloniale espagnole ou création architecturale contemporaine. Le caractère vénicien s'arrête à la gondole décorative installée sur un rond-point voisin et à l'odeur forte qui s'échappe l'été des canaux peu-profonds.

Le week-end, le quartier accueille un important trafic automobile. Parking et voirie saturée, horde de curieux qui observe depuis leur fenêtres.
Apparemment beaucoup de monde (et même nous) se verraient bien habiter ici.











vendredi 13 juillet 2012

East Las Vegas

A l’Est de Las Vegas, la ville a atteint les collines. Depuis la bordure de la ville, la topographie de vallée désertique se révèle.
Ici l’immobilier a été durement touché mais pas de trace des quartiers fantômes que l’on nous avaient décris. Comme ailleurs aux Etats-Unis, les chantiers reprennent, l’étalement recommence. Ici, des terrains sont à vendre.





mercredi 4 juillet 2012

Scottsdale's Water front

Scottsdale, cité de 220.000 habitants à l'est de Phoenix.
Riche, touristique et commerciale, cet ensemble urbain correspond assez bien au concept de "Edge City".
Indépendante juridiquement, périphérique et à forte croissance, Joel Garreau (à l'initiative du concept) l'a d'ailleurs identifiée en 1991 dans sa liste des Edges Cities.
Manquant visiblement de structure urbaine, la ville a entrepris de reconquérir le canal qui la traverse.
Les canaux d'irrigation, vitaux et centraux dans l'histoire urbaine de l'Arizona, ont en effet été oublié. Les urbanités s'en sont détournées. Ce premier réaménagement est donc une reconquête, incertaine.
Autour d'un centre commercial important (géré par Galleria) des programmes mixtes ont été lancés. Résidences de luxe, ensembles commerciaux "créatifs" ou "alternatifs".
Un article du The New York Times aurait décrit le downtown de Scottsdale comme "a desert version of Miami's South Beach, having plenty of late night partying and a buzzing hotel scene".
Il est encore permis d'en douter.








PS : a noter l'ensemble immobilier surprenant de Camel View Village par David Hovey du groupe optima. Une superposition à trois dimensions de grands plateaux libres, des balcons et des terrasses superposées de façon aléatoire comme autant de cascades vertes. Un grand îlot poreux qui n'est pas sans rappeler les architectures de l'ami Christophe Rousselle.




jeudi 28 juin 2012

Austin Barton Springs Pool

Puits artésien connu par les indiens, redécouvert par les espagnols au 17ème siècle, la source naturelle de Barton Springs a toujours attiré les occupants du site de Austin. Protégée et aménagée en lieu de baignade dès les années 40, la source propose été comme hiver une eau cristalline, thermale et à température presque constante (entre 20 et 22°C).
A quelques miles du Downtown, au cœur d'un parc de la "Green Belt" de Austin (le Zilker Park), ce bassin naturel est aussi le refuge d'une faune aquatique protégée.
Le soir, le lieu et presque silencieux et l'expérience de cet espace à la fois naturel et urbain procure un plaisir physique immédiat, un voyage sensoriel rare dans une métropole contemporaine.




mercredi 27 juillet 2011

New-York Island 4 : The fun is back at Coney Island

Les lecteurs du Delirious New-York de Rem Koolhaas connaissent le rôle que celui-ci prête à la péninsule de Coney-Island à la toute extrémité du quartier de Brooklyn à New-York : l’antichambre hallucinée et le laboratoire d’essai du Manhattanisme.
Les amateurs du cinéma de James Gray savent que celui-ci a situé plusieurs de ses films (trois excellents polars et une incroyable histoire d’amour) dans le quartier Russe de New-York, à Brighton Beach à deux stations de métro de Coney Island.
Les gastronomes bien informés savent que le hot-dog a été inventé à Coney Island et que le restaurant Nathan’s en détient la recette sinon officielle du moins la meilleure.
Les utilisateurs du métro de New-York n’ont pas pu manquer la publicité clamant en grosses lettres que "The fun is back at Coney Island" à coté de la photo du cyclone, le rollercoaster historique (1927) et classé de Coney Island.

Voilà 4 excellentes raisons pour aller vous amuser comme des gosses à la plus belle foire à neuneu du monde si vous êtes de passage à new-York : faites votre choix.








mercredi 20 juillet 2011

New-York, New-York

New York sera toujours New York.
Comme Paris qui sera toujours Paris. Sauf que Paris restera toujours comme Paris et que New York se transforme constamment pour atteindre, mais sans jamais y parvenir, le niveau de New York. Bref on ne ris pas à Paris tandis que York est un peu New tous les jours.

A peine arrivé en ville et l’énergie vous transporte déjà. L’ami Bardamu était bien d’accord.

"Pour une surprise, c'en fut une. À travers la brume, c'était tellement étonnant ce qu'on découvrait soudain que nous nous refusâmes d'abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu'on était on s'est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous...
Figurez-vous qu'elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes. Mais chez nous, n'est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s'allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l'Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur."
*

La ville debout est toujours là même si le port s’est déplacé et que le rythme des chantiers n’est plus celui d’avant la crise.
Dans cette ville doublement insulaire, l’histoire urbaine se poursuit : les îles réelles des boroughs périphériques se repositionnent économiquement et géographiquement tandis que l’île de Manhattan, territoire global en terre américaine, cherche à maintenir sa position mondiale et symbolique.

Les quelques zooms proposés par USanatomy essaieront d’approcher les différents mouvements en cours :
- l’invention d’une ville globale et post-industrielle : du port de la première industrie mondiale à la plateforme financière d’un pays surendetté
- le retour à l’eau et à la géographie
- la métropolisation croissante de la ville avec la montée immobilière et économique des districts périphériques.

Bienvenue à NY !



* Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, (1932)

jeudi 14 juillet 2011

Coral Gables Add-on

Pour le plaisir des yeux, la Venecian Pool et le Biltmore hôtel, Coral Gables (piscine publique), Miami Florida.



La Venecian Pool ouverte en 1924 sur le site d'une ancienne carrière de coraux (architecte Phineas Paist). L'extraction de ces mêmes coraux qui constitue la base de Miami et donnent leur nom au quartier est aujourd'hui interdite.


Biltmore Hôtel, un palais andalous ouvert en 1926 et conçu par la firme d'architecture Schultze and Weaver. Le bâtiment est classé depuis le 27 septembre 1972 dans le registre national des lieux historiques

lundi 4 juillet 2011

Lower Ninth Ward

Le quartier du Lower Ninth Ward appartient logiquement au Neuvième Ward de la Nouvelle Orléans; la désignation "Lower" correspondant à sa plus grande proximité de l'embouchure du Mississipi (plus bas selon le fil de l'eau).
Par extension, ce terme de Lower peut se comprendre de différentes façons, et l'a d’ailleurs souvent été, des épisodes parfois dramatiques de son histoire.
Situé en dessous du niveau de la mer, le quartier n'existe que grâce au système des digues et a été inondé plusieurs fois au cours de son histoire; En 1965 avec l'ouragan Betsie qui ouvrit une brèche dans l'un des murs et plus dramatiquement le 29 août 2005 avec l'ouragan Katrina.
Installé à proximité du Port de la Nouvelle Orléans, le quartier accueillait traditionnellement des dockers et leurs familles. L'adoption des containers dès les années 70 sur le port eu pour conséquence une diminution des emplois induis et une forte augmentation du chômage dans le secteur. Le terme "Lower" pouvant dès lors connoter le niveau de vie plus bas de ce quartier résidentiel majoritairement noir.

Survint donc l'ouragan Katrina. Les vents eux-mêmes ne furent pas à l'origine des destructions. Les brèches qui s'ouvrirent dans les murs et les digues provoquèrent l'inondation de 80% de la ville par le fleuve et par le lac.
La panique qui s'en suivit (retard des ordres d'évacuation, désorganisation des services de police et de pompiers, manque de réaction du gouvernement fédéral) s'accompagna de crimes et délits divers. Les images des habitants les plus pauvres (et souvent noirs)de la ville prisonniers de leur maison en ruine ou entassés dans le Sperdome firent le tour du monde.
Par les débats qu'il a suscités, cet accident a mis en relief plusieurs enjeux.

Les manquements dans l'entretien des digues (conséquences des années de coupes budgétaires diverses conduites depuis les années 80 aux Etats-Unis) et l'absence coupable de réaction du pouvoir exécutif (différents graffitis lus sur les murs de la ville nous font comprendre que George Bush Jr. n'est pas populaire ici) ont illustré les conséquences possibles d'une certaine libéralisation des services publics et de la privatisation des risques. (La gestion de la station de Fukuchima par la société privée Tepco en fournit une autre démonstration.)
La catastrophe Katerina fournit également une référence en termes d'accident global et même d'accident climatique global puisque la violence de la tempête serait en lien avec le réchauffement de l'atmosphère. L'inondation majeure d'importants lieux de peuplement côtiers en étant une conséquence possible (la notion de "réfugié climatique" aurait été inventée ici).

Enfin, l'expérience en cours de la reconstruction de ce quartier est originale et fait figure de référence. A l'origine du projet quelques bonnes fées et une association. Les bonnes fées, rassemblées autour de la figure de l'acteur Brad Pitt, sont de généreux donateurs (évidemment privés) qui ont entrepris d'aider à la reconstruction de ce quartier. L'association fondée à cet effet "Make it Right" s'est ensuite fixé un double objectif : reconstruire à un prix abordable pour les anciens habitants et promouvoir par des conceptions écologiques innovantes l'habitat écologique aux Etats-Unis.
Cette initiative privée et associative venant palier à l'absence de politique globale sur ces sujets.

En ce matin du 4 juillet, la découverte du très calme Lower Ninth Ward suscite des sentiments étranges et mitigés.
La trame viaire de l'ancien quartier a été complètement dégagée et le GPS nous conduit bien sagement jusqu'à la Tennessee St depuis l'avenue Saint Claude et sa double rangée de magasins désaffectés. Le long des rues les installations sont variables, sporadiques et de nouvelles et pimpantes constructions écologiques bordent des habitations survivantes réhabilitées tant bien que mal, des lots vidés plantés de gazon ou des ruines en l'état cachée par la végétation.
Plus on s'éloigne de l'avenue et plus les installations se font rare. Dans les extrémités du quartier les grandes herbes bordent les chaussées défoncées par les racines. La reconstruction est encore partielle.
Dans les parties les plus neuves, le panorama urbain est plutôt riche et mis en valeur par des architectures originales et innovantes. Certaines maisons sont surélévées ou attendent sereinement la prochaine crue via des dispositifs ingénieux (les maisons-bateaux imaginées par Tom Mayne devraient tout simplement flotter autour d'une ossature centrale en béton).
Cet éco-quartier à l'américaine fait ici figure de village d'indien et les saluts amicaux de la population aux différents groupes de promeneurs photographes laissent poindre un début de fatigue.
Si les architectures sont innovantes, le mode d'installation des maisons semble avoir suivi la trame préexistante. Pas de recomposition foncière, pas d'invention d'espaces publics nouveaux (à l'exception d'une aire de jeu pour enfant financée par Kellog's), peu ou pas de jardins sur chacun des lots privés. La typologie du quartier a été reconduite.
Les plantations sont rares et si les grands arbres anciens qui ont résistés aux crues les rues reconstruites n'ont pas reçues de plantations nouvelles.
Pas ou peu d'ombre accueillante en cette chaude matinée.
Dans cette plaine entourée de digues et timidement colonisée par des case-study houses post-climatiques une question inonde l'espace : Fallait-il vraiment reconstruire ici ?







Lien : le beau travail de Cécile Leroux à la Nouvelle-Orléans dans le cadre de la Bourse EDF 2008.

dimanche 3 juillet 2011

New Orleans Back Yard

Le French Quarter à son envers et les 400.000 habitants de la "Big Easy" ne se résument pas à cet Orléans tropical et vaudou où trompette encore ici et là le blues sirupeux et entêtant du Sud.
Enserrée par l'eau, la survie de la ville dépend d'un système complexe de digues et de murs anti-crues qui la protègent du Mississipi, du Lac Pontchartrin et plus loin des bayous et de la mer.
Ce réseau technique se combine aux franges de la ville aux différentes zones portuaires (NO est le 5ème port des Etats-Unis), à des complexes industriels en souffrance ou des chantiers navals à l'arrêt.
Les digues encerclent également des quartiers périphériques dont certains ne se sont pas remis de l'épisode Katerina en 2005.
Ce "backyard" de la nouvelle Orleans ressemble par certains points aux aires incertaines d'autres villes américaines mais possède un caractère propre. Celui de la menace des éléments et des bouleversements climatiques à venir.
Aux portes du quartier historique le CBD paraît fantomatique.
La ville a perdu 30% de sa population depuis 2005.

Houston to New Orleans

En chemin dans le plat pays... pétrolier.

samedi 2 juillet 2011

Buffalo Bayou

La rivière Buffalo, qui prend sa source à l'ouest de Houston, traverse la ville en ceinturant le Downtown, et termine sa course dans le port, a longtemps été une rivière oubliée.
Plusieurs initiatives plus ou moins récentes ont contribué à sa redécouverte. Environnementale, ludique, dépollutive, immobilière, universitaire, ces actions ne semblent pas avoir été concertées et le résultat de cette somme de bonnes volontés, mêmes focalisées sur un même objet ne peuvent que porter à s'interroger.
Dans cette ville si dépendante de l'automobile et plus largement si indissociable de l'industrie pétrolière le "Greenwashing" est aussi à l'oeuvre.
Les sections aménagées de la rivière, les efforts pour diversifier les énergies renouvelables (ici déjà 33% de l'électricité serait éolienne), les parcs publics aménagés sur des parkings (Discovery Green financé par BP) et même une courte ligne de tramway toute neuve parviendront-ils à transformer en profondeur "Oil City" ?
A suivre.





Sources : Buffalo Bayou Partnership, association de valorisation de la rivière
"On the Banks of Bayou City", livre d'analyse par The Center for Land Use Interpretation