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vendredi 3 août 2012

San Francisco, Crissy Fields

Au pied du golden Gate, un ancien aérodrome militaire transformé en cluster créatif et en espace humide ("wetlands") : biodiversité, saut en trampoline et escalade.

Extrait de la notice Wikipédia (ici) :
"Crissy Field is a former airfield, now a part of the Golden Gate National Recreation Area in San Francisco, California, United States. Historically a part of the Presidio of San Francisco, Crissy Field was closed as an airfield and eventually the National Park Service took control over it. While maintained by the United States Army, Crissy Field was heavily affected by the military's dumping of hazardous materials. In 1997, the park service began to clean up the area and in 2001 the Crissy Field Center opened to the public."

Plus d'infos ici.








samedi 28 juillet 2012

Louis Kahn's Salk Institute

Pour le plaisir des yeux et le génie du lieu, détour par le Salk Institute construit en 1963 par Louis Kahn, dans les confins de San Diego.
Architecture intemporelle et un des plus bel espace classique ouvert sur l'Océan Pacifique.





lundi 9 juillet 2012

Old Las Vegas : Fremont Street Experience

Et si Las Vegas était une ville historique ?
En 90 ans, pour conserver son statut de capitale mondiale du divertissement pour adultes, la ville n’a cessé de se réinventer. Le promesse reste la même, jeux, alcools et prostitution, mais les formes ne cessent d’évoluer. Tous les 15 à 20 ans, un nouveau modèle commercial voit le jour, qui surpasse les précédents et implique parfois le remplacement des anciennes structures.
Motels ranchs avec salles de poker et machines à sous, casinos flamboyants, hôtels thématiques, "resorts" familiaux, hôtellerie haut de gamme, dans le temps ces structures se sont indifféremment juxtaposées ou remplacées.

L’histoire est longue et la cartographie exhaustive de ce Monopoly du jeu serait longue à établir. Ici et là, au gré de déplacement dans Las Vegas, loin du "strip", il est cependant possible de mettre à jour certains vestiges de ces époques révolues. Les motels ranchs, témoignent du passé « western » de Las Vegas. Leur définition architecturale s’étire entre l’Art Déco et la cabane de bois, leur signalétique de la peinture colorée au néon stylisé.



Le premier casino de l’histoire de Las Vegas a été ouvert en 1931, Fremont Street dans le centre historique. Couverte en 1995 par une voûte métallique (qui s’éclaire la nuit), rebaptisée "Frémont Street Experience", cette version patrimoniale et bas de gamme tente de se réinventer et d’élargir l’offre de la ville.





Maintenant isolé dans une zone commerciale ; le "Huntridge" attend une hypothétique transformation. Classé, apparemment contre l’avis de son propriétaire, ce cinéma abandonné témoigne seul et loin de tout d’une époque moderniste et épurée, d’un Las Vegas aujourd’hui disparu.

Auparavant stockés dans un terrain vague visitable, les néons démontés attendent aujourd’hui l’ouverture d’un prochain espace dédié. Le tout nouveau "Mob Museum" (musée de la mafia), installé dans l’ancien tribunal, évoque librement le passé mafieux. Las Vegas sa une histoire et en a pris conscience.

dimanche 1 juillet 2012

Tombstone Global Cowboy

Chaque culture génère son folklore, chaque folklore génère ses clichés.
Dans le marché du tourisme global, le cliché du cow-boy attire le public.

Voici, Tombstone Arizona, le souvenir d'une fusillade (OK Corral), d'un shérif courageux (Wyatt Hearp), d'un passé glorieux (des mines d'argent prolifique) et une structure urbaine plus ou moins conservée.
Quelques maisons d'adobe, des cabanes de planches (souvent reconstituées au XXe siècle à la suite d'incendies), et autant d'habitants que d'acteurs (souvent très convaincu de leur rôle) contribuent à perpétuer et à vendre le mythe.
Plus loin des parkings et des hôtels franchisés, tous les jours à 14h30, la reconstitution de la fusillade.







mercredi 17 août 2011

Frank Lloyd Park

La ville satellite de Oak Park, à un jet de pierre de Chicago, recèle la plus grande concentration de maisons de Frank Lloyd Wright de tous les Etats-Unis et ceci ne tient pas du hasard.
Employé très jeune chez Louis Sullivan, en 1889 à l’âge de 22 ans, ayant à peine étudié l’ingénierie et appris son métier d’architecte en agence, le jeune Franck Lloyd souscrit auprès de son patron un prêt de quelques milliers de dollars. Avec cet argent il achète un terrain boisé, grand et déjà construit dans le but d’y faire édifier une maison.
Grâce au réseau de tramway qui relie à l’époque Oak Park à Chicago, il travaille le matin au bureau, saute dans le tram et rejoint son domicile pour se consacrer l’après-midi à des commandes privées. Ses premiers commanditaires sont recrutés chez Sullivan parmi les clients de bâtiments de bureaux souhaitant se faire construire une maison.
Selon la légende, Louis Sullivan découvrant par hasard une de ces maisons en chantier, lui trouve beaucoup de style, interroge les ouvriers sur l’architecte en charge, se rend compte que celui-ci n’est qu’un prête nom et découvre enfin le pot aux roses. Il convoque Wright et selon l’histoire que vous préférerez, le licencie sur le champ ou l’encourage à se mettre à son compte.
Sa nouvelle maison étant prête, Wright s’y installe et y lance officiellement son activité. En 1898, il adjoint un atelier à sa maison, y engage ses premiers employés. Il n’aura de cesse par la suite de modifier, d’agrandir, de surélever ou de compléter ces deux bâtiments.
Dans cet atelier Wright teste et conceptualise. La vingtaine de maison qu’il bâtira autour de son agence, étant par là un architecte local, presque un architecte de quartier, sont autant d’épures ou d’essais. Pour les spécialistes de Wright, c’est ici et pendant ses 20 années de résidence à Oak Park, soit pendant les 20 premières années de sa carrière, qu’il inventera les "Prairie Style Houses".
La Robbie House, l’exemple le plus achevé édifié entre 1908 et 1909 sur le campus de l’Université de Chicago, a été conçue ici. Les lignes horizontales s’affirment comme jamais, Wright y conceptualise le living-room et prépare l’arrivée de l’automobile, intégrant deux garages alors que son client ne possède pas encore de voiture.
En 1909, épuisé, ayant le sentiment "d'être parvenu à ses limites", il quitte les Etats-Unis, abandonnant au passage sa famille, pour visiter l’Europe avec la femme d’un de ses clients.
De retour aux Etats-Unis en 1911, il rejoindra son Wisconsin natal.
Il ne reviendra jamais à Oak Park.

Aujourd’hui le secteur est résidentiel et plutôt coté. De nombreuses maisons de Wright sont encore habitées et de sages visiteurs marchent sous les frondaisons, une carte en main. Plusieurs exemples de maisons d’architectes émules de Wright sont aussi signalées.
Dans les années 20, Wright est donc devenu un style. Le style, cet ancêtre du générique…

Franck Lloyd Wright ou Franck Lloyd Wrong ?







PS/ La Robbie House c'est pas à Oak Park et ça ressemble à ça.

mercredi 20 juillet 2011

New-York, New-York

New York sera toujours New York.
Comme Paris qui sera toujours Paris. Sauf que Paris restera toujours comme Paris et que New York se transforme constamment pour atteindre, mais sans jamais y parvenir, le niveau de New York. Bref on ne ris pas à Paris tandis que York est un peu New tous les jours.

A peine arrivé en ville et l’énergie vous transporte déjà. L’ami Bardamu était bien d’accord.

"Pour une surprise, c'en fut une. À travers la brume, c'était tellement étonnant ce qu'on découvrait soudain que nous nous refusâmes d'abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu'on était on s'est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous...
Figurez-vous qu'elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes. Mais chez nous, n'est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s'allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l'Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur."
*

La ville debout est toujours là même si le port s’est déplacé et que le rythme des chantiers n’est plus celui d’avant la crise.
Dans cette ville doublement insulaire, l’histoire urbaine se poursuit : les îles réelles des boroughs périphériques se repositionnent économiquement et géographiquement tandis que l’île de Manhattan, territoire global en terre américaine, cherche à maintenir sa position mondiale et symbolique.

Les quelques zooms proposés par USanatomy essaieront d’approcher les différents mouvements en cours :
- l’invention d’une ville globale et post-industrielle : du port de la première industrie mondiale à la plateforme financière d’un pays surendetté
- le retour à l’eau et à la géographie
- la métropolisation croissante de la ville avec la montée immobilière et économique des districts périphériques.

Bienvenue à NY !



* Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, (1932)

vendredi 15 juillet 2011

Miami garden-city : The Coral Gables

From 25 Miami Coral Gables

George Edgar Merrick (1886–1942), développeur immobilier, appartient à l’histoire du premier boom immobilier de la Floride. De 1920 à 1930, il a inventé, promu et construit l’une des premières communautés planifiées américaines, préfigurant pour certains les gated communities : Coral Gables un ensemble aujourd’hui intégré à la ville de Miami.
Après s’être consacré dans les années 10 au développement routier de Miami, en tant que commissaire du District 1, George E. Merrick se lance en 1922 dans l’édification d’un projet immobilier d’une ampleur encore inconnue. Sur près de 3000 acres (1,2 km²) de plantations de citronniers et de pins que lui cède son père, il entreprend de bâtir une ville d’inspiration méditerranéenne (alors qu’a priori il ne connaissait pas l’Europe) librement inspirée du mouvement des "City Beautiful". Passionné par les beaux arts et dotés de goûts esthétiques très tranchés il impose son style : des architectures détaillées inspirées de modèles espagnols et italiens.
Traversées d’avenues et de parkways (qui reçoivent dès l’origine des noms espagnols), dotées de plusieurs golfs, d’un quartier des affaires, d’un hôtel de ville, d’un hôtel de Luxe, sa cité est accessible par plusieurs portes magistrales dont l’une est dotée d’une tourelle. La légende raconte que Merrick avait pour habitude de transporter les futurs investisseurs en bateau sur un canal menant vers l’intérieur des terres et à cette porte puis de les faire monter au sommet pour aviser ensemble de la position de leur futur lot.
Un secteur réservé aux commerces et au travail, autour de l’avenue Ponce de Léon, était parcouru par un trolley gratuit (abandonné puis remplacé en 2003 par un nouveau tramway toujours gratuit). Un don de terrain lui permet, en 1925, d’attirer l’université de Miami à l’intérieur de Coral Gables. Celle-ci y est encore aujourd’hui.
Un ouragan en 1926 puis la grande dépression en 1929 mettront un terme au développement du projet. L’armature des voies et les plantations généreuses demeurent mais le quartier dépérit doucement. Pendant la seconde guerre mondiale, de nombreux soldats seront entrainés et formés en Floride. Après guerre ils seront nombreux à revenir en Floride lançant un nouvelle période de développement.
Coral Gables compte aujourd’hui plus de 45.000 habitants et fait figure d’adresse prestigieuse. L’hôtel Biltmore et la Venecian Pool figurent dans les guides touristiques. Le downtown de Coral Gables (au croisement de l’avenue du Miracle Mile et de l’avenue Ponce de Léon) regroupe de nombreuses sociétés latino-américaines. A Miami, ville latine autant qu’américaine, une économie ouverte vers les Amériques Latine et Centrale s’est presque naturellement regroupé dans ce morceau d’Alhambra fantasmé.
Dans le centre, les immeubles récents sont facilement reconnaissables. Assis sur de massifs socles de parkings (on ne creuse pas à Miami car la roche est très proche de la surface) ils combinent les mêmes éléments d’un vocabulaire architectural néo-andalou (ou post madrilène). Tout autour, sous des frondaisons tropicales, une trame régulière et bienveillante envers les piétons et les vélos organise un urbanisme ouvert de maison de plain-pied.
Dans un autre contexte, Coral Gables serait identifiée comme une cité jardin.









jeudi 14 juillet 2011

Coral Gables Add-on

Pour le plaisir des yeux, la Venecian Pool et le Biltmore hôtel, Coral Gables (piscine publique), Miami Florida.



La Venecian Pool ouverte en 1924 sur le site d'une ancienne carrière de coraux (architecte Phineas Paist). L'extraction de ces mêmes coraux qui constitue la base de Miami et donnent leur nom au quartier est aujourd'hui interdite.


Biltmore Hôtel, un palais andalous ouvert en 1926 et conçu par la firme d'architecture Schultze and Weaver. Le bâtiment est classé depuis le 27 septembre 1972 dans le registre national des lieux historiques

vendredi 8 juillet 2011

Drive-in ou Drive-thru ?

A noter quelque part. Le terme drive-in, d’abord associé aux cinémas en plein-air accessibles en automobiles apparus en 1933 s’est ensuite étendu à d’autres services depuis la fin des années 1940. Ce drive-in abandonné situé à Greenwood (SC) South Main Street est assez typique de ses restaurants où le service se faisait avec des serveurs mobiles circulant autour de voitures immobiles.
Les restaurants, de type fast-food, où les voitures ont une voie réservée pour retirer des commandes à un guichet unique sont désignés ici sous le terme de drive-through (ou drive-thru).
Cette structure rouillée pourrit doucement dans une ville où la récession industrielle est une sensation palpable. Elle a semble-t-il fonctionné jusqu’à quelques années en exploitant le filon de la nostalgie avant de clore définitivement. Même ici les voitures ne s’arrêtent plus.

jeudi 7 juillet 2011

Atlanta : Oakland Cemetery Park

Le "Oakland Cemetery" est le plus vieux cimetière, est l’un des plus grand espace vert public, de la ville d’Atlanta. Ouvert en 1850 sous le nom de "Atlanta Cemetery" sur 2,4 hectares il a été plusieurs fois agrandi pour atteindre aujourd’hui 19 hectares.
Margaret Mitchell Marsh, auteur de Gone with the Wind, plusieurs généraux confédérés et de nombreuses personnalités éminentes de la ville y sont enterrées.
Classé et inscrit au National "Register of Historic Places" depuis 1976 il a intégré récemment l’ensemble des jardins de la ville. Accessible et ouverts il est même souvent recensé comme un parc.
Dans le carré des soldats confédérés (Confederate Section) un Kennedy est allongé à côté d’un Reagan. Dans la section noire (Black section) une plaque rappelle que des esclaves ont d’abord été enterrés ici puis que leurs ossements ont été déterrés et détruit quand l’espace est devenu rare. Une section du cimetière réservée aux noirs l’a remplacé. Le cimetière est resté ségrégué jusqu’en 1963.
Le lieu est calme et beau, apaisé et luxuriant. A ses franges, la ville d’Atlanta se transforme tranquillement.






Alors que nous partagions nos souvenirs Lachaisien (en comparant ce lieu à notre cimetière parisien préféré) avec une passante celle-ci nous confia ne pas comprendre pourquoi "gens viennent se rassembler ici. C’est un cimetière après tout." Puis pointant du doigt les nouveaux espaces commerciaux installés récemment dans d’anciennes usines tout autour du cimetière : “They try to make it like New-York. But it’s fake New York to me.”
Face aux réseaux de ventilation et de sprinklage factice, nous ne pouvions qu’acquiescer.