Affichage des articles dont le libellé est Los Angeles. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Los Angeles. Afficher tous les articles

dimanche 29 juillet 2012

Metropolis II par Chris Burden au Lacma de Los Angeles

Oeuvre incroyable et prophétique au Lacma de Los Angeles.
Metropolis II par Chris Burden : une métropole en miniature, un rêve ultime de petit garçon.
1100 voitures miniatures et une cinquantaine de train pour évoquer la ville qui vient, quelquepart entre Los Angeles ou Shanghai.




samedi 28 juillet 2012

Le Getty Centre, l'acropole de Los Angeles

Œuvre de Richard Meier, donc blanche et carrelée, cette colline magique, gratuite et privée offre les plus belles vues sur Los Angeles.
Collections incroyables et expositions géniales.





vendredi 27 juillet 2012

Walt Disney, urbaniste de la ville qui vient ?

Pour les "new-urbanistes" américains, Walt Disney a réinventé la rue américaine.
Au centre de son "Disneyland" d'Anaheim, inauguré en 1955, l'attraction de "Main Street" cosntitue en effet une tentative inédite de création et d'animation d'un secteur piétonnier nouveau à une époque où il disparaissait partout.

En 1960, à propos d'un hypothétique projet de transport en commun à Los Angeles, Ray Radbury (cité par Banham) expliquait : "Il est inutile de le construire si l'on est pas capable de le rendre suffisament attractif pour que les gens aient envie de l'utiliser. C'est pourquoi je suis pour que nous fassions de Walt Disney notre nouveau maire... Lui seul, dans cette ville, est capable d'entreprendre sans autre forme de procès un système de transport public rapide, et de le rendre suffisament attractif pour que les gens aient envie de l'emprunter."
En 1959, le Disneyland Monorail, un train ludique à l'allure futuriste, entrait en service.
En 1961, le train traversa pour la dernière fois le train qui traversait Watts jusqu'à Long Beach.
En 1966, Walt Disney mourrait.
En 1990, la Blue Line, la première ligne du métro de LA rentrait en service.

En 1987, Liliane Disney, veuve de Walt, fournit les fonds pour l'édification d'un nouvel espace musical dans le Downtown moribond (à l'époque) de Los Angeles. L'architecte Frank Gehry est désigné en 1988. Les travaux de soubassement débutent en 1992, s'étalent jusqu'en 1996 faute de fonds. La construction de la salle reprend en 1999. Le Walt Disney Concert Hall est inauguré en 2003.
Il annonce avec quelques années d'avance une renaissance du downtown à l'oeuvre actuellement.

Walt Disney est donc d'un certain point de vue un urbaniste visionnaire. Pour François Bellanger, de l'excellent Transit-City, il serait peut-être "le le plus grand urbaniste du XXIe siècle".
Dans la capitale mondiale du cinéma et de l'illusion, il constitue visiblement une figure de référence.





Made in Los Angeles : le Fashion District

"Made with pride in Downtown LA"
l'étiquette de votre sweat-shirt préféré détonne en ces temps d'externalisation de la production dans les secteurs à bas coûts de production.

Crée en 1998 par Dov Chaney (canadien, né en 1969), implantée dès son origine dans le Fashion District de Los Angeles, la société American Apparel constitue un succès commercial radicalement à contre-temps. Considérée comme éthique (refusant le recours aux "sweatshops" - atelier de misère, offrant une protection sociale élargie à ces salariés, utilisation bientôt généralisée de coton bio, minimisation des ressources en énergie au niveau de la production), la marque s'est développée en moins de 20 ans pour entrer à la 308ème place dans la liste des 500 entreprises américaines à forte croissance.
Des habits multicolores et séduisants (résistant il est vrai assez mal au lavage), une usine colossale au coeur du Fashion district de Los Angeles et un "Flea Market" lancé pour l'été avec des promesses de soldes à -90%, il n'en fallait pas plus pour que nous fassions (avec beaucoup d'abnégation) le détour.

Le quartier de Fashion District regroupe des entrepôts sur une surface d'environ 90 blocks au Sud du Downtown. Ce centre de l'industrie textile pour la côte ouest américaine regroupe des ateliers, des centres d'import-export vers l'amérique du sud, des vendeurs de mode de détail et de gros et selon certains une industrie importante de la contrefaçon.
Une importante communauté latino anime le quartier pendant le jour. Le soir le secteur se vide. Vers 20h, les derniers employés attendent le bus qui les ramènera vers leur lointaine banlieue et les sans-abris cosntitient les seules présences visibles.

L'usine d'American Apparel, installée dans trois magnifiques entrepôts des années 40, demeure éclairée. Le fronton ambitieux parle d'une "industrial révolution" en cours.
La délégation américiane aux JO a défilé lors de la cérémonie d'ouverture dans de magnifiques costumes Ralph Lauren cousus en Chine (ce qui a provoqué une polémique aux Etats-Unis).
Rien n'est donc très sûr.








jeudi 26 juillet 2012

Wilshire Boulevard : la centre linéaire de Los Angeles

La notice wikipedia résume bien les choses :"Wilshire Boulevard est l'une des principales artères de Los Angeles. Elle tient son nom de Henry Gaylor Wilshire (1861-1927), natif de l'Ohio, qui fit fortune dans l'immobilier puis dans l'exploitation agricole et de mines d'or, avant de tout perdre et de mourir ruiné."

A Los Angeles, tout ramène à Wilshire Boulevard. De Santa Monica à Korea Town, de Mac Arthur Park à l'ouest du downtown en passant par le Lacma ou les Tar Pits, il est presque impossible de passer une journée sans emprunter ou même franchir à un moment cette "colonne vertébrale" (backbone) de 25 km (15,83 miles). Que l'on considère le boulevard dans sa totalité ou selon les multiples séquences urbaines qui le constituent, cette entité est un cas unique. Wikipédia (encore lui) évoque les "Champs Elysées de l'Ouest" et même la "5ème avenue de l'Ouest" mais il est clair qu'il s'agit en fait de tout l'inverse.

Historiquement, à Los Angeles, "l'os vient avant la chair": le lien ou le flux s'installe avant la fonction ou le bâti. Ce axe organique qui rejoint le pueblo d'origine (le downtown) à ce qui faillit être le port marchand de la ville (Santa Monica) est un tracé originel.
Dans les années 20, la chaussée du Wilshire Boulevard située à l'ouest de de la Western Avenue n'est pas encore pavée. Le tracé est bordé par des champs et des ranchs. Un promoteur immobilier, A. W. Ross, qui "s'intéresse aux probables habitudes de consommation de la nouvelle population riche des habitants de Beverly Hills", saisit le potentiel su site qu'il imagine comme un secteur commercial nouveau, adapté à l'automobile et rival du downtown de Los Angeles. Il baptise même la première section aménagée de cette voie nouvelle : Miracle Mile.

Adapté aux automobilistes plutôt qu'aux piétons, le boulevard accueille les premiers carrefours à feu des Etats-Unis et les premières voies réservées aux véhicules désirant tourner à gauche. Ross élargit le boulevard à deux fois trois voies. Lotisseur, il assortit la vente de ses terrains de clauses sur l’aménagement de stationnements pour les clients, la conception d'enseignes et d'architectures visibles depuis les pare-brises à une vitesse de 50 km/h (30 mph). Parfois, l'entrée principale des nouveaux commerces est même située à l'arrière des bâtiments, en contact direct du parking. Avant le strip de Las Vegas constitue en le premier boulevard commercial pour automobile.

Luc Baboulet le décrit dans la post face de la traduction française des "4 Ecologies" de banham :
"Le succès, immense avant-guerre, suscitera une flamboyante surenchère architecturale (Bullock's Wilshire  en 1929, May Company en 1940). L'ensemble associait la nouveauté du dispositif commercial et urbain à la familiarité de l'ancienne "Main Street" des petites villes américaines. [...]
Miracle Mile, le segment de dix-sept blocs sityés de part et d'autre du boulevard entre les avenues de Fairfax et de Highland, deviendra après-guerre un terme générique désignant toute forme de développement commercial qui s'installe hors-centre et défie l'hégémonie de ce dernier."

Au numéro 5800 du boulevard, un buste de Ross porte cette inscription : "A. W. Ross, founder and developer of the Miracle Mile. Vision to see, wisdom to know, courage to do."
La figure du "downtown linéaire" décrit par Banham a été la "solution-prototype" de l'adaptation de la ville à l'automobile. Gagné par l'urbanisation environnante, progressivement densifiée jusqu'à aujourd’hui, Wilshire est aujourd'hui tout autre chose.

Depuis le Griffith Observatory à l'Est, ou mieux depuis la terrasse du Getty Center à l'ouest, l'évidence s'impose. Cette surdensité linéaire, cet alignement plus ou moins continu de tours en chapelets, est un point de repère de plus dans cette ville supposée sans forme ni direction. Doublé par les Santa Monica et de Sunset, ce "pied de colline" tramé constitue la matrice de la réinvention continue de Los Angeles.








Los Angeles : la possibilité d'un Downtown ?

Pour Reyner Banham, l'évidence allait de soit.
Los Angeles demeurerait une ville sans centralité et la question même n'avait pas de sens.
Alors que son livre paraît en 1971, la ville a pourtant entrepris de se doter d'un centre ville financier et culturel générique : la mode des immeubles miroirs, des halls accessibles et des musées d'art contemporain est en cours. Les critiques de Banham tiennent pourtant de la condamnation :

"Bien des villes aux Etats-Unis, ont ainsi vu leur centre tomber en désuétude et pris des initiatives judicieuses pour tenter de les revitaliser; mais aucune autre ville ne donne à ce point le sentiment que c'est là, précisèment, le seul endroit où il ne peut rien se passer. [...]
Certes il serait plus agréable que Pershing Square fût encore plein de vieux messieurs jouant aux échecs, et que le funiculaire d'Angel's Flight grimpât encore le long des rues étroites bordées de meublés pittoresques et croulants ; mais cela, de nos jours, ne peut plus guère exister que sous la forme artificielle d'Olvera Street, voire celle de Disneyland. [...]
[La] nouvelle poussée de gratte-ciel des années 70 qui sont apparus dans la partie sud-ouest du downtown [...] demeurent des illusions dans une ville d'illusions.
Car l'illusion centrale, c'est de croire que Los Angeles possède un centre ; une illusion qui repose en deux mots sur l'idée qu'une grappe de tours en verre fumé, où quelle apparaisse, signifie Downtown. Le problème c'est qu'il y en a partout aux Etats-Unis comme ailleurs. Tout ce que Los Angeles y a gagné, c'est donc d'avoir un downtown comme les autres. [...]
Cette ville qui, ayant pour monuments les freeways eux-mêmes, n'a guère besoin qu'on lui en élève de nouveaux."

Tout à côté du Civic Center, en lisière du quartier d'affaire décrit par Banham, Walt Disney a financé un auditorium. Frank Gehry lui a donné une forme qui lui assuré une visibilité mondiale. La prophétie semble réalisée.
Un lycée artistique fait face à la récente (et vilaine) cathédrale de Los Angeles. Le Harry Bosh de l'immense Michael Connelly ne reconnaîtrait plus Bunker Hill. Cette semaine, un nouveau square a été inauguré. Selon certaines sources des habitants (reconnaissables aux chiens qu'ils promènent le soir) auraient été aperçus croisant les hordes de sans-abris autochtones.
Incroyable mais vrai, Los Angeles est en train de s'inventer un centre.









mercredi 25 juillet 2012

Koreatown : la densification de Los Angeles ?

Koreatown, dans le secteur du Mid-Wilshire, constitue à la fois une entité commerciale, une concentration "culturelle" (tenant autant du marketing urbain que de la réalité ethnique) et une configuration urbaine pleine de possibilités. Le secteur possède également un patrimoine bâti important datant du début du XXe siècle, avant et après le basculement de Los Angeles dans l'âge automobile.

Histoire
Le premier "drive thru" (établissement commercial accessible en automobile) a ouvert en 1929 à proximité de cette section du Wilshire Boulevard (à l'angle de la 6th street et de Alexandria).
La même année, le grand-magasin Bullock's (magnifique création art-déco) ouvre dans le secteur. Son modèle commercial, avec un large parking et une entrée principale située à l'arrière  inaugure un nouvel âge : la suburbanisation de LA selon certains critiques. Structuré par l'avenue principale que constitue Wilshire Boulevard (ce grand centre urbain linéaire qui courre du Downtown à Santa Monica), le secteur a ainsi toujours été à la pointe des avancées techniques (premier bâtiment climatisé, développement des enseignes néons, ...).
Réalité commerciale le long de Wilshire au début du 20ème siècle et réalité résidentielle dense à base d'immeubles de 5 étages environ regroupant des appartements. Beaucoup de constructions de ce type existent toujours sur le site.
L'Ambassador Hotel, établissement luxueux aujourd'hui démoli, accueille les visiteursles plus prestigieux. Robert F. Kennedy y sera assassiné en 1968.


Koréinisation
Le développement des freeways (années 60) va marquer les déclin des boulevards commerciaux. Cette section de Wilshire s’endort doucement. Le déplacement vers l'ouest de l'agglomération des commerces et bureaux va faire baisser les charges locatives. L'abaissement des restrictions à l'immigration est-asiatique à partir de 1965 va drainer sur l'agglomération une nouvelle génération d'immigrés qui s'installeront presque naturellement dans le secteur.

Le plan de re-développement développé par le City Planning Department, le Wilshire Plan, contribuera à rebaptiser le secteur maintenant connu comme le Wilshire Center District.
Au début des années 70,  encouragés par le président de la Corée du Sud, Park Chung Hee, des entrepreneurs locaux se fédèrent et œuvrent à la concentration de la petite bourgeoisie coréenne dans le secteur. en 1974, le secteur a été rebaptisé en Koreatown, un centre culturel est ouvert. Le secteur compte 70.000 personnes d'origine coréenne.
Le secteur est durement frappé pendant les émeutes de 1992. Conflit ethnique, les boutiques coréennes sont apparemment "ciblées" par les émeutiers. Des commerçants armés font le coup de feu dans la rue. Dès le deuxième jour une véritable milice d'auto-défense est organisée. En trois jours, plus de 50 personnes perdent la vie (dans l'ensemble de LA).

Dans les années qui suivirent, beaucoup de résidents d'origine coréenne vont partir vers le Comté d'Orange et la San Fernando Valley. Certains commerces n'ouvriront plus.
Aujourd'hui, la part des habitants coréens ne dépasserait pas 30%. Le quartier est à dominante hispanique.

Formes urbaines
Avec 120.000 habitants répartis sur 3 miles au carrés  (7,8 km2), le secteur est le plus dense de l'agglomération. Les immeubles de rapport historiques, parfois d'anciens ensembles plutôt luxueux qui ont très bien vieillis, sont réhabilités. De nouvelles constructions denses (moyenne ou grande hauteur) sont en cours de construction. Ici comme ailleurs aux États-Unis, l'immobilier frémit. Les habitants chassés par la hausse des prix dans les quartiers riverains de Los Feliz et West Hollywood investissent le quartier.


La densification de Los Angeles ?
Avec sa grille régulière flexible, ses infrastructures de transport (métro) toute proches et sa programmation mixte (commerces, emplois, logements) le secteur a tout pour se densifier.
Selon Nick Roberts, professeur à l'université de Woodbury, La ville de Los Angeles fournit beaucoup d'effort pour promouvoir les opérations de densité moyenne en réduisant les contraintes en terme de stationnement à créer. Un nouveau règlement municipal permet de créer un programme de 4 ou 5 logements sur une parcelle typique de 50 par 150 pieds.
En Californie, l'immigration en provenance d'Asie surpasse les flux venant de l'Amérique latine. Ces nouveaux citadins sont plutôt plus riches et sont habitués à vivre dans des environnements à haute densité.


Le discours ambiant remet en cause le traffic pendulaire travail logement. La voiture se démythifie en amérique (les publicités ont comme argument les économies d'essence, une nouveauté ici).
Partout les downtowns renaissent : nouveaux programmes, nouveaux habitants, mixité plus forte.
La densification de Los Angeles est à beaucoup de point de vue inéluctables. Nous prennons le pari qu'elle commencera ici.