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lundi 13 août 2012

Kenyon Growers / Portland's Flower Power

A quelques encablures du Downtown de Portland, nous effectuons le tour de la ferme horticole de Kenyon Growers à Forest Grove, en compagnie de Kenyon Fink, son fondateur.

C'est en 1984 que ce natif de Californie fonde sa première exploitation à Santa Barbara. L'idée est de proposer des fleurs fraîches, coupées, en se basant sur de nouvelles variétés et en misant sur les circuits courts.
Après une période de succès, le développement de l'exploitation est mis en danger par deux facteurs externes : des restrictions d'eaux drastiques dans une Californie de plus en plus sèche et le prix exhorbitant des terrains dans une agglomération en forte croissance urbaine.
"They almost shut me down" explique Kenyon.
Songeant un moment à déplacer son activité vers le Chili, Kenyon s'intéresse dès 1989 aux terres bon marché et fertiles de l'Oregon. En 1991, il s'installe sur 50 acres (20 ha) à 25 miles du centre de Portland. Températures clémentes du printemps à l'automne, forte pluviométries et un sol à base volcanique permettent d'allonger les périodes de croissance ; l'exploitation prospère. Bientôt, la production se diversifie pour inclure des arbustes d'ornement.
Aujourd'hui l'exploitation s'étend des coteaux de la Oregon Coast Range jusqu'au fond de la vallée. Un petit cours d'eau la traverse. Ce ruisseau, qui se transforme volontiers en torrent au printemps, draine tout au long de l'année les eaux d'un lac de retenue tout proche. La main d’œuvre (majoritairement d'origine mexicaine) habite dans les villages alentours.

La ferme horticole de Kenyon Growers, à Forest Grove, est assez représentative des exploitations agricoles de la ceinture verte de Portland. Entre pépinières et vignobles, elle s'étend sur une surface moyenne et base une partie de son activité sur la proximité de la grande ville : possibilité pour son responsable de jouir d'un mode de vie urbain, multiplication des circuits courts, présence saisonnière au marché de Portland.
Graphisme, créativité, marketing : et si cette activité agricole était en fait indissociablement liée à un mode de fonctionnement urbain ?









 Plus d'infos ici : kenyongrowers.com

dimanche 29 juillet 2012

Metropolis II par Chris Burden au Lacma de Los Angeles

Oeuvre incroyable et prophétique au Lacma de Los Angeles.
Metropolis II par Chris Burden : une métropole en miniature, un rêve ultime de petit garçon.
1100 voitures miniatures et une cinquantaine de train pour évoquer la ville qui vient, quelquepart entre Los Angeles ou Shanghai.




samedi 28 juillet 2012

Le Getty Centre, l'acropole de Los Angeles

Œuvre de Richard Meier, donc blanche et carrelée, cette colline magique, gratuite et privée offre les plus belles vues sur Los Angeles.
Collections incroyables et expositions géniales.





lundi 23 juillet 2012

Los Angeles Watts Towers

De 1921 à 1954, Simon Rodia, émigré italien, a érigé plusieurs tours d'acier et de céramique dans le jardin de sa maison du quartier de Watts.
Ouvrier du bâtiment, ne connaissant du continent européen que les faubourgs de Naples, il a implanté au cœur de la grande plaine sans fin de Los Angeles une des construction parmi les plus singulières de l'agglomération.
Les Watts Towers, ont échappées de très peu à la destruction en 1958 avant d'être classée en 2010 en tant que National Historic Landmark.

Dès 1971, Banham comprend bien leur importance emblématique pour LA (et pour le quartier de Watts qui connu de graves émeutes en 1965) :
" La fantaisie de l'innocence possède à Los Angeles son monument le plus personnel et le plus achevé [...] : il s'agit du faisceau des tours construits à Watts par Simon Rodia. de toutes les cosnrtcutions locales, elles seules sont devenues si fameuses qu'il n'est même plus besoin de décrire le réseau fuselé de leurs éclats de poterie pris dans le ciment, soutenu par une structure de ferraille et de fil de fer. On ne saurait les comparer à rien, et surtout pas aux divers modèles proposés par des historiens qui ne les ont jamais vues : seule leur présence réelle rend justice à l'esprit authentiquement original et créatif qui les anima.
Les 33 années de travail acharné que l'artiste leur consacra à leur édification, la fraîcheur et la liberté avec laquelle il a exploité les rebuts de l'abondance technique, sa détermination à "faire quelque chose de grandiose", sa capacité à s'éloigner d'elles dès qu'il les eut terminées, en 1954 - tout cela met Rodia de plain-pied avec les surfeurs, amateurs de vol libre et autres plongeurs, qui tous incarnent la tradition très californienne d'une recherche individuelle du satori. [...]
Les tours de Watts, elles, sont ausssi uniques qu'elles sont en adéquation avec Los Angeles, une ville où la fantaisie architecturale est bien plus perceptible dans l'espace public que dans l'espace privé."


Jean Rolin, qui les découvre depuis l'arrêt de la 103rd Street du métro de Los Angeles, cet "équivalent californien du palais du Facteur Cheval" s'inscrit avant tout dans un non site :

"Cette ligne bleue est pour l’instant la plus longue de tout le réseau, et la seule – avec la verte, qui lui est perpendiculaire – à desservir ces quartiers sud où la prédominance afro-américaine est désormais battue en brèche par la concurrence hispanique. Elle donne l’occasion de faire des découvertes sociologiques d’importance, dans le genre de celle-ci : les pauvres, à Los Angeles, vivent – ou plutôt habitent – exactement comme les riches, mais en beaucoup moins bien. Mêmes fastidieux alignements de maisons individuelles, souvent entourées de jardins, sauf que les uns et les autres sont nettement plus petits et plus moches. Dans l’intervalle se succèdent des usines et des entrepôts aux murs tagués, des zones ferroviaires survolées de lignes à haute tension, des terrains vagues où une imagination craintive peut se représenter des scènes effroyables. Les lieux de culte sont nombreux – dans l’ensemble, les pauvres, aux Etats-Unis, adorent les mêmes dieux que les riches, mais parfois sous des étiquettes différentes – et les mêmes palmiers, sensiblement plus espacés, dressent à des hauteurs peu croyables leurs chétifs plumeaux."

Que les Watts Towers constituent un accident ou un révélateur de la matrice urbaine de Los Angeles, les alentours de la 107th rue sont aujourd'hui relativement visitées.
Un centre d'animation, une maison de quartier (apparemment financées et inaugurée par le gouvernator Arnold Schwartznegger) et des intervenants architectes de UCLA : une oasis dans le désert de South Central.





jeudi 5 juillet 2012

Meeting Will Bruder


Will Bruder, natif du Wisconsin, est arrivée un jour à Phoenix pour suivre l'enseignement de Paolo Soleri (dont nous reparlerons bientôt). Cet architecte américain a pris pied dans le désert et y a  fondé son agence en 1974.
En une quarantaine d'année, il a construit ici une singulière collection de bâtiments dont la Librairie de Phoenix n'est pas le moindre.

En une petite demi-heure, Will Bruder nous fait ce matin, un petit tour de ces différents projets. Il esquisse devant nous une carte de ce qui sera notre journée. 10 lieux, 10 projets et 10 façons différentes de s'inscrire dans le désert.
Economie, justesse des matériaux, science du site et rapport naturel à la lumière et à la chaleur : parcourir cette collection nous a permis de comprendre l'esprit particulier de ce site inhospitalier rendu vivable.


La librairie centrale de Phoenix

Le Rock Art Center

Agave Library

Le temple et école KOL AMI

Logements à Scottsdale et Bureaux de la société Henkel

A la tombée de la nuit, nous le retrouvons autour de la sculpture qu'il a co-réalisé avec James Turell (un autre célèbre arizonien). Un carré perforé de métal blanc est suspendu au dessus d'un cube de métal. des lumières invisibles projettent des teintes changeantes sur cette surface.
Le ciel jure puis se confond avec cette surface colorée. Encore et encore, jusqu'à ce que la nuit tombe.



mardi 26 juin 2012

Fort Worth Arts District

Que cela tienne de la rivalité ou de la complémentarité, la présence d'un deuxième quartier artistique à 40 miles du précédent n'est pas sans surprendre. Le goût Texan pour l'art ne se dément pas.
Fort Worth donc, ville moins importante que Dallas démographiquement et économiquement, a cependant elle aussi sa collection prestigieuse.
Celle-ci est même plus ancienne car Philip Johnson a installé ici dès 1961 le Amon Carter Museum of American Art.
En 1972 Louis Kahn a poursuivi avec le très célèbre Kimbell Art Museum et ses trop fameuses voûtes autoportantes de béton. (Est-ce à cette occasion que s'est forgée l'idée qui veut qu'un musée se conçoit en coupe et en fonction de la lumière ?). Ce musée est en chantier et pour ses 50 ans recevra une extension signée Renzo Piano.
En 2002, Tadao Ando a construit le très puissant Modern Art Museum of Fort Worth et en 2007 Legoretta et Legoretta le Fort Worth Museum of Science and History.






Le quartier est loin du Downtown et les bâtiments se répartissent sans grand ordre autour d'un palais des congrès et de grandes halles dédiées au commerce du bétail. Sous une chaleur étouffante.

Rem Koolhaas OMA / Le Wyly theater de Dallas

Nouvelle pièce du Arts District, une boîte métallique opaque dédiée aux spectacles vivants se tient à l'extrémité de la Flora Street.

Extrêmement dense et ramassée, complètement modulable, elle superpose des espaces de spectacle (capacité de 600 personnes) de répétition et d'accueil sur un total de douze niveaux. On y pénètre au sous-sol, la scène se trouve au Rez-de-chaussée et peut être totalement ouverte sur la rue. Au dessus, la technique et les espaces de répétition. Les tuyaux métalliques qui la recouvrent ne sont pas sans rappeler les "pipes" qui partout dans le Texas extraient le pétrole qui a fabriqué la richesse de l'Etat.

Le Wyly theater, c'est son nom, a permis l'installation au cœur du Arts Districts des fonctions auparavant installées plus loin, dans de larges hangars et de conserver une totale liberté dans l'utilisation du bâtiment.
Les photos de chantier livre le secret de l'édifice : une structure en équilibre précaire, assez comparable à celle de la CCTV à Pékin, qui libère complètement le rez-de-chaussée.
A l'occasion, les larges baies vitrées (recouvertes d'impressions pixels) s'ouvrent complètement et c'est la rue centrale du Arts District qui pénètre ainsi dans le bâtiment.
Nous n'avons pas vu ça. Il faudra donc revenir.



PS : le couple qui a donné son nom au théâtre, Dee et Charles Wyly, a contribué à sa construction à la hauteur de 20 millions de dollars; sur ses propres fonds.

The Dallas Arts District

Au contact direct du Downtown, le "Arts District" de Dallas se développe entre la Ross avenue et la voie rapide 366. La Flora Street articule les quelques blocs urbains surinvestis et veillés par la puissance économique. Il a été montré souvent que l'explosion du marché de l'art dans les années 80 s'était accompagnée d'une multiplication des espaces d'exposition. Des lois fiscales avantageuses ont rendu plus avantageuse la pratique du mécenat et il est presque naturel de retrouver ici cette proximité.

Dallas est très fière d'accueillir dans le même quartier 4 architectes titulaires du Pritzker Prize. La concentration est impressionante.

A l'origine, le Dallas Musueum of Art de Edward Larrabee Barnes (architecte américain) s'est installé sur le site en 1984.
- Le Morton H. Meyerson Symphony Center par I.M. Pei en 1989
- Le Nasher Sculpture Center par Renzo Piano en 2003
-Le  AT&T Performing Arts Center Margot and Bill Winspear Opera House par Foster + Partners en 2009
- Le Wyly Theatre par Rem Koolhaas en 2009
- La Booker T. Washington High School for the Visual and Performing Arts de Lang and Witchell en 1922 avec les additions de Allied Works’ Brad Cloepfil en 2008.

Les espaces extérieurs du Sammons Park sont de Michel Desvignes.

En tout 13 instituts culturels, parfois dotés de jardins de sculpture extérieurs sont présents sur le site. Les collections sont impressionantes et couvrent l'ensemble des périodes artistiques occidentales, des antiquités asiatiques, indiennes ...
Une museum tower très luxueuse sera même livrée dans l'été.

Pourtant, pas de remise en cause de la maille centrale ou de la fabrique américaine de la ville dans cet établissement. Les architectures se juxtaposent, composent parfois un jardin sur leur propre parcelle, mais la facture des rues demeure strictement identique à celles du reste de la ville. L'art est une fonction comme une autre et une belle collection se doit d'être rangée avec ordre.