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vendredi 13 juillet 2012

New "Learning from Las Vegas" ?

Dans la voiture qui nous emporte à Los Angeles, nous jetons un dernier regard en arrière.

Las Vegas est assez petite et nous sommes déjà en plein désert du Mojave quand nous parvenons au bilan suivant :

- Il faut dix minutes montre en main, en marchant très vite, pour traverser le hall du MGM Grand.
- Distribuer des cartes publicitaires de prostituées russes, en plein soleil et dans un T-shirt trop grand, sur le strip de Las Vegas est peut-être le pire métier du monde.
- Les appartements résidence service très haut de gamme qui sont en vente sur le strip ont beau avoir été dessiné par Foster et être installés sur un centre commercial signé par Libeskind, ils sont quand même au milieu du désert.
- Les rappers parfois agressifs (Eh U, why don’t U wanna hear my shit man ?) qui vendent à la sauvette leur CD sur les trottoirs de Las Vegas me donnent envie d’écouter Frank Sinatra.
- Les halls de Casino les plus crapoteux, en partant du plus pitoyable sont ceux des hôtels : Excalibur, Le Luxor, Le Golden nugget, New York New York, Le MGM.
- La comédie musicale « Surf » est vraiment très bonne.
- Il faut vingt minutes montre en main pour parcourir deux blocs sur le strip, foule et passerelles chaotiques obligent.
- En ayant perdus que trois dollars aux jeux nous ne en sortons pas si mal.
- En ayant joué trois dollars en tout et pour tout, notre chance est toute relative.
- La répartition des tâches se fait à Las Vegas selon des critères très stricts : les jeunes filles court vêtues dansent sur les tables, les MILF court-vêtues servent des consommations, les employés chinois sont croupiers, les gros messieurs qui font peur surveillent les croupiers, les employés latinos sont en charge du ménage et du jardinage.

- Dans le musée de la mafia, Sam Giacana mafieux mythique résume en quelques mots son ambition pour las Vegas : "Give the people what they wnat !"
- THEhotel est un hôtel à recommander, l’Hôtel Paris pas sûr.
- Les casinos ne font plus de bruit, les machines à sous ne fonctionnent plus avec des pièces mais avec des cartes que l'on charge à un distributeur, comme avec un pass navigo.
- L’écriture d’un "New Learning from Las Vegas" s’impose : les signes ont presque disparus, les bâtiments "canards" sont à l’échelle d’univers fermés, le jeu devient accessoire et la voiture n’est plus qu’un mode parmi d’autres.





East Las Vegas

A l’Est de Las Vegas, la ville a atteint les collines. Depuis la bordure de la ville, la topographie de vallée désertique se révèle.
Ici l’immobilier a été durement touché mais pas de trace des quartiers fantômes que l’on nous avaient décris. Comme ailleurs aux Etats-Unis, les chantiers reprennent, l’étalement recommence. Ici, des terrains sont à vendre.





jeudi 12 juillet 2012

Las Vegas, grandeur et misère du strip

Il ya quelques années, lors du projet Shangwhy, nous étions parti à la recherche des modèles urbains dont avaient pu s’inspirer les développeurs chinois et internationaux lors de la transformation de Shanghai. De façon consciente ou de façon subliminale, Las Vegas nous semblait avoir inspiré le Bund, Nanjing Road ou le quartier de Luziajiu. Sur les passerelles piétonnes du strip, l’intuition est similaire, mais dans l’autre sens.

Ces systèmes incohérents, discontinus, qui permettent aux piétons de se déplacer malaisément d’un bloc à l’autre ou d’une rive à l’autre, nous apparaissent maintenant comme de maladroites imitations des réussites de l’urbanisme asiatique. Sur le strip, la circulation automobile, entre émerveillement, frime et simple desserte, se fait plus ou moins mal selon l’heure de la journée. Les entrées dans les hôtels se font par l’avant occupant des surfaces considérables.

Les allées et venues des piétons sont également mal-aisées. La foule joyeuse et lubrique, plus ou moins alcoolisée, piétine ferme. Trottoirs trop petits qui disparaissent parfois complètement, le flux étant directement avalé par un Casino développé jusqu’au droit de la chaussée. Développées sans logique les passerelles n’ont pas l’ordre sérieux de celles que l’on peut retrouver dans les centres des villes chinoises.

Il y a 50 ans, Robert Venturi et Denise Scott-Brown décrivaient un système cohérent développé pour l’automobiliste avec des architectures frustres et des signes élaborés. Un monde ouvert ou régnaient les enseignes.

Aujourd’hui, les décors complexes ont remplacés les enseignes. Parkings et flux automobiles sont cantonnés de fait dans les arrières. Presque aucune activité ne s’ouvre directement sur la rue. Le piéton est encore la cible mais on le préfère à l’intérieur.

En 2012, les visiteurs sont globaux et nombreux sont ceux qui viennent ici en avion. Un âge se tourne.











mercredi 11 juillet 2012

Las Vegas, atmosphères contrôlées


Après le traumatisme de l’arrivée, le moment suivant tient de l’enveloppement.

Le modèle de l’hôtel parc à thèmes, a succédé il y a 20 ans au simple casino. Croisement monstrueux du parc à thèmes, du centre commercial fermé et du casino il propose sur un niveau gigantesque (parfois accompagné d’une mezzanine) des attractions familiales, des boutiques, un food court, des restaurants et un espace de jeu. Comme dans un parc d’attraction, l’idée est ici de perdre ses repères et de plonger dans un univers factice, d’une attraction à l’autre sans que l’envers du décor ne soit jamais révélée.

Comme dans un centre commercial, on retrouve des parcours obligés, un vocabulaire pseudo-urbain créant de "l’extérieur" à l’intérieur, des commerces "locomotive" et des boutiques d’accompagnement. Comme dans le Casino d’antan, la lumière naturelle est proscrite et les sorties sont dissimulées pour mieux faire perdre leur repères aux joueurs. Rue parisienne, canal vénitien, colonnade romaine, le décor change, le principe reste le même.

PS : ce modèle pourrait déjà avoir vécu. Les hôtels des années 90 (Luxor, Exalibur, MGM) sont en très mauvais état. Les ensembles de années 00 (Paris, Venice) vieillissent vite. Les casinos "historiques" (César Palace, Bellagio, Flamingo) sont plus ou moins au niveau de leur réputation.
Les nouveaux ensembles "haut de gamme" (Wynn,Encore, THEhotel) étoffent leurs univers. Luxe, boîtes de nuit VIP, clientèle internationale. Ici les machines à sous sont presque accessoires.

Las Vegas se réinvente à nouveau






mardi 10 juillet 2012

Las Vegas, infrastructures hôtelières

Sur le strip, les hôtels étonnent autant par leur extravagance que par leur taille. Le MGM compte 6.800 chambres, le Bellagio 4.500, le Paris Las Vegas 3.000.
L’accueil et le triage de ce public, leur distribution dans la structure, le stockage de leur voiture appelle des solutions radicales et massives.
L’arrivée à Las Vegas donne un sens littéral au terme "d’infrastructure" hôtelière. L’image d’un aéroport gigantesque en plein désert, où il serait accessoirement possible de dormir et se divertir, est assez fidèle à l’impression de départ.
La cohérence de ces systèmes de déplacement et de stockage interroge. Un monorail relie certains hôtels, à l’Est du Strip, mais peu utilisé ce système ne relie pas l’aéroport tout proche. Chaque hôtel propose son propre parking parfois complétés par des structures autonomes réservées aux employés. Des systèmes de "travelators" internes ou des tramways secondaires complètent l’ensemble. Chaque entité (qui peut ainsi parfois concerner plusieurs hôtels possédés par le même groupe) semble avoir développé son propre système dans un chaos généralisé et coloré.
Et si le faste et la fantaisie qui vont ensuite être développés avaient comme premier objectifs de faire oublier au visiteur cette expérience traumatique








lundi 9 juillet 2012

Old Las Vegas : Fremont Street Experience

Et si Las Vegas était une ville historique ?
En 90 ans, pour conserver son statut de capitale mondiale du divertissement pour adultes, la ville n’a cessé de se réinventer. Le promesse reste la même, jeux, alcools et prostitution, mais les formes ne cessent d’évoluer. Tous les 15 à 20 ans, un nouveau modèle commercial voit le jour, qui surpasse les précédents et implique parfois le remplacement des anciennes structures.
Motels ranchs avec salles de poker et machines à sous, casinos flamboyants, hôtels thématiques, "resorts" familiaux, hôtellerie haut de gamme, dans le temps ces structures se sont indifféremment juxtaposées ou remplacées.

L’histoire est longue et la cartographie exhaustive de ce Monopoly du jeu serait longue à établir. Ici et là, au gré de déplacement dans Las Vegas, loin du "strip", il est cependant possible de mettre à jour certains vestiges de ces époques révolues. Les motels ranchs, témoignent du passé « western » de Las Vegas. Leur définition architecturale s’étire entre l’Art Déco et la cabane de bois, leur signalétique de la peinture colorée au néon stylisé.



Le premier casino de l’histoire de Las Vegas a été ouvert en 1931, Fremont Street dans le centre historique. Couverte en 1995 par une voûte métallique (qui s’éclaire la nuit), rebaptisée "Frémont Street Experience", cette version patrimoniale et bas de gamme tente de se réinventer et d’élargir l’offre de la ville.





Maintenant isolé dans une zone commerciale ; le "Huntridge" attend une hypothétique transformation. Classé, apparemment contre l’avis de son propriétaire, ce cinéma abandonné témoigne seul et loin de tout d’une époque moderniste et épurée, d’un Las Vegas aujourd’hui disparu.

Auparavant stockés dans un terrain vague visitable, les néons démontés attendent aujourd’hui l’ouverture d’un prochain espace dédié. Le tout nouveau "Mob Museum" (musée de la mafia), installé dans l’ancien tribunal, évoque librement le passé mafieux. Las Vegas sa une histoire et en a pris conscience.