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lundi 30 juillet 2012

Hearts Castle

Quelque- part le long de la Highway 1 entre Los Angeles et San Francisco, le rêve boursouflé d'un multimilliardaire plein d'imagination, construit entre les années 20 et 40.
Une montagne magique d'avant Walt Disney, un parc d'attraction personnel d'avant Elvis Presley ou Michael Jackson, un sarcophage de béton recouvert d'antiquités achetées à prix d'or en Europe, William Randolph Hearst, le magnat de la presse qui inspira Citizen Kane attendit la mort de sa mère pour dépenser la fortune familliale sur cette colline isolée situé à San Simeon, dans le comté de San Luis Obispo.
Le Hearst Castle se visite aujourd'hui tous les jours. Pour comprendre enfin que les nouveaux riches des pays émergents n'ont en fait rien inventer.




vendredi 27 juillet 2012

Walt Disney, urbaniste de la ville qui vient ?

Pour les "new-urbanistes" américains, Walt Disney a réinventé la rue américaine.
Au centre de son "Disneyland" d'Anaheim, inauguré en 1955, l'attraction de "Main Street" cosntitue en effet une tentative inédite de création et d'animation d'un secteur piétonnier nouveau à une époque où il disparaissait partout.

En 1960, à propos d'un hypothétique projet de transport en commun à Los Angeles, Ray Radbury (cité par Banham) expliquait : "Il est inutile de le construire si l'on est pas capable de le rendre suffisament attractif pour que les gens aient envie de l'utiliser. C'est pourquoi je suis pour que nous fassions de Walt Disney notre nouveau maire... Lui seul, dans cette ville, est capable d'entreprendre sans autre forme de procès un système de transport public rapide, et de le rendre suffisament attractif pour que les gens aient envie de l'emprunter."
En 1959, le Disneyland Monorail, un train ludique à l'allure futuriste, entrait en service.
En 1961, le train traversa pour la dernière fois le train qui traversait Watts jusqu'à Long Beach.
En 1966, Walt Disney mourrait.
En 1990, la Blue Line, la première ligne du métro de LA rentrait en service.

En 1987, Liliane Disney, veuve de Walt, fournit les fonds pour l'édification d'un nouvel espace musical dans le Downtown moribond (à l'époque) de Los Angeles. L'architecte Frank Gehry est désigné en 1988. Les travaux de soubassement débutent en 1992, s'étalent jusqu'en 1996 faute de fonds. La construction de la salle reprend en 1999. Le Walt Disney Concert Hall est inauguré en 2003.
Il annonce avec quelques années d'avance une renaissance du downtown à l'oeuvre actuellement.

Walt Disney est donc d'un certain point de vue un urbaniste visionnaire. Pour François Bellanger, de l'excellent Transit-City, il serait peut-être "le le plus grand urbaniste du XXIe siècle".
Dans la capitale mondiale du cinéma et de l'illusion, il constitue visiblement une figure de référence.





mercredi 11 juillet 2012

Las Vegas, atmosphères contrôlées


Après le traumatisme de l’arrivée, le moment suivant tient de l’enveloppement.

Le modèle de l’hôtel parc à thèmes, a succédé il y a 20 ans au simple casino. Croisement monstrueux du parc à thèmes, du centre commercial fermé et du casino il propose sur un niveau gigantesque (parfois accompagné d’une mezzanine) des attractions familiales, des boutiques, un food court, des restaurants et un espace de jeu. Comme dans un parc d’attraction, l’idée est ici de perdre ses repères et de plonger dans un univers factice, d’une attraction à l’autre sans que l’envers du décor ne soit jamais révélée.

Comme dans un centre commercial, on retrouve des parcours obligés, un vocabulaire pseudo-urbain créant de "l’extérieur" à l’intérieur, des commerces "locomotive" et des boutiques d’accompagnement. Comme dans le Casino d’antan, la lumière naturelle est proscrite et les sorties sont dissimulées pour mieux faire perdre leur repères aux joueurs. Rue parisienne, canal vénitien, colonnade romaine, le décor change, le principe reste le même.

PS : ce modèle pourrait déjà avoir vécu. Les hôtels des années 90 (Luxor, Exalibur, MGM) sont en très mauvais état. Les ensembles de années 00 (Paris, Venice) vieillissent vite. Les casinos "historiques" (César Palace, Bellagio, Flamingo) sont plus ou moins au niveau de leur réputation.
Les nouveaux ensembles "haut de gamme" (Wynn,Encore, THEhotel) étoffent leurs univers. Luxe, boîtes de nuit VIP, clientèle internationale. Ici les machines à sous sont presque accessoires.

Las Vegas se réinvente à nouveau






mardi 10 juillet 2012

Las Vegas, infrastructures hôtelières

Sur le strip, les hôtels étonnent autant par leur extravagance que par leur taille. Le MGM compte 6.800 chambres, le Bellagio 4.500, le Paris Las Vegas 3.000.
L’accueil et le triage de ce public, leur distribution dans la structure, le stockage de leur voiture appelle des solutions radicales et massives.
L’arrivée à Las Vegas donne un sens littéral au terme "d’infrastructure" hôtelière. L’image d’un aéroport gigantesque en plein désert, où il serait accessoirement possible de dormir et se divertir, est assez fidèle à l’impression de départ.
La cohérence de ces systèmes de déplacement et de stockage interroge. Un monorail relie certains hôtels, à l’Est du Strip, mais peu utilisé ce système ne relie pas l’aéroport tout proche. Chaque hôtel propose son propre parking parfois complétés par des structures autonomes réservées aux employés. Des systèmes de "travelators" internes ou des tramways secondaires complètent l’ensemble. Chaque entité (qui peut ainsi parfois concerner plusieurs hôtels possédés par le même groupe) semble avoir développé son propre système dans un chaos généralisé et coloré.
Et si le faste et la fantaisie qui vont ensuite être développés avaient comme premier objectifs de faire oublier au visiteur cette expérience traumatique








dimanche 1 juillet 2012

Tombstone Global Cowboy

Chaque culture génère son folklore, chaque folklore génère ses clichés.
Dans le marché du tourisme global, le cliché du cow-boy attire le public.

Voici, Tombstone Arizona, le souvenir d'une fusillade (OK Corral), d'un shérif courageux (Wyatt Hearp), d'un passé glorieux (des mines d'argent prolifique) et une structure urbaine plus ou moins conservée.
Quelques maisons d'adobe, des cabanes de planches (souvent reconstituées au XXe siècle à la suite d'incendies), et autant d'habitants que d'acteurs (souvent très convaincu de leur rôle) contribuent à perpétuer et à vendre le mythe.
Plus loin des parkings et des hôtels franchisés, tous les jours à 14h30, la reconstitution de la fusillade.







jeudi 3 mai 2012

Chicago, The Devil in the White City

"The Devil in the White City: Murder, Magic, and Madness at the Fair That Changed America"

1893: toute une ville (et presque un pays entier) se mobilise pour organiser le plus grand rassemblement de tous les temps. 4 ans après l'exposition universelle de Paris, le nouveau monde et la ville de Chicago vont s'exposer aux yeux du monde et s'affirmer comme des puissances majeures du XXeme siècle qui s'annonce.

Dans ce roman extrêmement documenté, Erik Larson ressuscite les contemporains de cette époque charnière : Daniel H. Burnham, George Washington Gale Ferris, Louis Sullivan, Frederick Law Olmsted, Walt Disney, Frank Lloyd Wright ou le terrible Docteur H. H. Holmes.
D'invention technique en dispositif urbain, de création architecturale en concept commercial, d'attraction à thème au tout premier tueur en série, c'est un morceau de la modernité qui s'invente ici.


"THE FAIR HAD A POWERFUL and lasting impact on the nation’s psyche, in ways both large and small. Walt Disney’s father, Elias, helped build the White City; Walt’s Magic Kingdom may well be a descendant. Certainly the fair made a powerful impression on the Disney family. It proved such financial boon that when the family’s third son was born that year, Elias in gratitude wanted to name him Columbus. His wife, Flora, intervened; the baby became Roy. Walt came next, on December 5, 1901. The writer L. Frank Baum and his artist-partner William Wallace Denslow visited the fair; its grandeur informed their creation of Oz. The Japanese temple on the Wooded Island charmed Frank Lloyd Wright, and may have influenced the evolution of his “Prairie” residential designs. The fair prompted President Harrison to designate October 12 a national holiday, Columbus Day, which today serves to anchor a few thousand parades and a three-day weekend. Every carnival since 1893 has included a Midway and a Ferris Wheel, and every grocery store contains products born at the exposition. Shredded Wheat did survive. Every house has scores of incandescent bulbs powered by alternating current, both of which first proved themselves worthy of large-scale use at the fair; and nearly every town of any size has its little bit of ancient Rome, some beloved and be-columned bank, library or post office. Covered with graffiti, perhaps, or even an ill-conceived coat of paint, but underneath it all the glow of the White City persists. Even the Lincoln Memorial in Washington can trace its heritage to the fair. The fair’s greatest impact lay in how it changed the way Americans perceived their cities and their architects. It primed the whole of America—not just a few rich architectural patrons—to think of cities in a way they never had before.

If Christ Came to Chicago, a book often credited with launching the City Beautiful movement, which sought to elevate American cities to the level of the great cities of Europe. Like Stead, civic authorities throughout the world saw the fair as a model of what to strive for. They asked Burnham to apply the same citywide thinking that had gone into the White City to their own cities. He became a pioneer in modern urban planning. He created citywide plans for Cleveland, San Francisco, and Manila and led the turn-of-the-century effort to resuscitate and expand L’Enfant’s vision of Washington, D.C. In each case he worked without a fee. While helping design the new Washington plan, Burnham persuaded the head of the Pennsylvania Railroad, Alexander Cassatt, to remove his freight tracks and depot from the center of the federal mall, thus creating the unobstructed green that extends today from the Capitol to the Lincoln Memorial. Other cities came to Daniel Burnham for city wide plans, among them Fort Worth, Atlantic City, and St. Louis, but he turned them down to concentrate on his last plan, for the city of Chicago. Over the years many aspects of his Chicago plan were adopted, among them the creation of the city’s lovely ribbon of lakefront parks and Michigan Avenue’s “Miracle Mile.” One portion of the lakefront, named Burnham Park in his honor, contains Soldier Field and the Field Museum, which he designed. The park runs south in a narrow green border along the lakeshore all the way to Jackson Park, where the fair’s Palace of Fine Arts, transformed into a permanent structure, now houses the Museum of Science and Industry. It looks out over the lagoons and the Wooded Island, now a wild and tangled place that perhaps would make Olmsted smile—though no doubt he would find features to criticize. "

mercredi 27 juillet 2011

New-York Island 4 : The fun is back at Coney Island

Les lecteurs du Delirious New-York de Rem Koolhaas connaissent le rôle que celui-ci prête à la péninsule de Coney-Island à la toute extrémité du quartier de Brooklyn à New-York : l’antichambre hallucinée et le laboratoire d’essai du Manhattanisme.
Les amateurs du cinéma de James Gray savent que celui-ci a situé plusieurs de ses films (trois excellents polars et une incroyable histoire d’amour) dans le quartier Russe de New-York, à Brighton Beach à deux stations de métro de Coney Island.
Les gastronomes bien informés savent que le hot-dog a été inventé à Coney Island et que le restaurant Nathan’s en détient la recette sinon officielle du moins la meilleure.
Les utilisateurs du métro de New-York n’ont pas pu manquer la publicité clamant en grosses lettres que "The fun is back at Coney Island" à coté de la photo du cyclone, le rollercoaster historique (1927) et classé de Coney Island.

Voilà 4 excellentes raisons pour aller vous amuser comme des gosses à la plus belle foire à neuneu du monde si vous êtes de passage à new-York : faites votre choix.








mardi 12 juillet 2011

Magic Kingdom

Nous voilà donc dans l'antre de la bête, ce cœur du réacteur d'Orlando qui comme celui de Fukushima risque à chaque instant la fusion finale.

La citation de Michael Sorkin pourrait suffire à décrire cet endroit.

"Television and Disneyland operate similarly, by means of extraction, reduction, and recombination, to create an entirely new, antigeographical space. On TV, the endlessly bizarre juxtapositions of the daily broadcast schedule continuously erode traditional strategies of coherence. The quintessential experience of television, that continuous program-hopping zap from the remote control, creates path after unique path through the infinity of televised space. Likewise, Disneyland, with its channel-turning mingle of history and fantasy, reality and simulation, invents a way of encountering the physical world that increasingly characterizes daily life."

Michael Sorkin (b. 1948), U.S. architect, author. "See You in Disneyland," Variations on a Theme Park: The New American City and the End of Public Space, ed. Michael Sorkin, Noonday (1992)

Nous noterons tout de même au passage :
- qu'effectivement le savoir faire Disney tient dans la capacité de ses décors à ne jamais avoir d'envers
- que ce parc ne comporte aucun écran et qu'aucun film n'est en vente ici et que pour une société d'image c'est quand même étrange
- qu'ici aussi le patriotisme le plus enthousiaste a sa place avec les 44 présidents marionnettes et les bottes d'investitures de George Bush Jr.
- que la partie futuriste du parc est pas mal datée et ressemble franchement (pour les avoir pas mal pratiquées) à une galerie commerçante d'une ville moyenne chinoise
- que cet univers clôt et trop parfait possède le point commun avec la Suisse de faire passer le visiteur sain d’esprit par plusieurs phases, toujours les mêmes et toujours dans le même ordre : la surprise, le ravissement, la fatigue oculaire et le "mais laissez moi sortir d’ici je veux aller dans une vraie ville sale où les gens crachent par terre, où le sexe existe encore et où tout le monde n’est pas en permanence entrain de vous surveiller… »
- et que malgré tout ça ces salauds d'enfants semblent apprécier…
Elle est belle la jeunesse tiens !



lundi 11 juillet 2011

Holy Land Experience

Holy Land Experience
La Palestine du premier siècle reconstituée dans la Floride du XXIème, décors, expositions et spectacles vivants, studios de télévision de la chaîne Trinity Broadcasting et bientôt plateaux de tournage pour superproductions bibliques : voici ce que propose depuis 2001 Holyland Experience, parc fondamentaliste chrétien implanté au centre de l’archipel du fun de la ville D’orlando.
Fondé par Marvin Rosenthal, prêtre Baptiste d’origine juive et converti, accusé parla Ligue de Défense Juive de promouvoir la conversion au christianisme des juifs américains (malgré les protestations de son fondateur), ce parc se démarque par sa ambition idéologique.
Recréer le parcours de J* depuis sa marche dans le désert, son entrée dans Jérusalem jusqu'au Golgotha : la mise en scène commence dès le parking.
Crèche tropicale, animaux empaillés débarqués de l’arche de Noé, centurion romain texan au contrôle des billets, passez ces portes et retrouver J* et tous ses amis.
« He is Risen » disent les buissons taillés. Le show patriotique « God bless America” est à 11h, la crucifixion est à 13h nous informe Marie-Madeleine.
Comme prévu la foule est ravie, J* est beau torse nu sous le soleil, les soldats romains sont brutaux et le sang factice gicle sur le sol. Devant des groupes recueillis ou plus distants, de fervents bigots et des ricaneurs sans doute européens, J* est mis au tombeau avant de ressusciter en son et lumière. Partout des informations importantes : la terre a 6000 ans, les dinosaures étaient dans l’arche de Noé, le messie reviendra, J* aime vraiment tout le monde, et les Harley Davidson, l’Amérique est « the greater nation of all »...
Patriotisme et extase mystique, jeux d’enfants et scènes animées, films anti-avortement et sodas glacés. : le mélange parfait du mercantilisme, du patriotisme et de l’intégrisme. On a adoré.











PS : apparemment le parc n’est pas si rentable que ça ; Il était endetté en 2007 et a été racheté par un réseau de télévision chrétien. Depuis octobre 2007, entre 50 et 100 employés ont été remerciés. J* a été conservé et le parc pourrait malgré tout s’agrandir.
A suivre.

Le site officiel ici.