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lundi 20 août 2012

Seattle's Public Library : le révélateur urbain

Comme les avions de Boeing elle balance entre lourdeur et délicatesse ; une carapace d'une incroyable masse mais qui se tord ou se suspend, selon la façon dont on la regarde, aux dessus des rues du Downtown.
Comme Microsoft elle propose un projet culturel englobant et gentiment tyrannique, une façon adaptable et puissante d'ordonner médias écrits ou audio-visuels dans une seule entité modulable, les bugs en moins.
A l'instar de l'histoire urbaine du quartier de Pioneer Square elle ment et fait perdre au visiteur toute notion de niveau. Suspendue au milieu de la construction, la "spirale" propose une vis de 6 niveaux, sans une seule marche, qui permet de parcourir en une promenade l'intégralité de la "non-fictional collection".
A l'image de Seattle, elle se réinvente en se pliant et fait de l’anfractuosité une occasion et une vertu.

Comme le Mc Cormick Tribune Campus Center révélait le génie infra-structurel de la ville de Chicago (sur le campus de l’Illinois Institue of Technology) l'OMA et Rem Koolhaas (avec LMN) ont livré ici en 2004 un fantastique révélateur urbain.

La Seattle Central Public Library est également une très agréable bibliothèque.














dimanche 19 août 2012

Seattle world's fair 1962 : 50 ans après

En 1862, la ville de Seattle comptait 182 habitants.
Son industrie forestière balbutiante ne tire encore que peu d'avantages de sa situation privilégiée sur le Puget sound (Détroit de Puget).
En 1893, James J. Hill, tycoon des chemin de fer, choisit Seattle comme terminus occidental de sa Northern Pacific Railway Company.
A partir de 1897, commence la grande ruée vers l'or du Klondike (Klondike Gold Rush. Des milliers de prospecteurs font de Seattle leur base arrière, des sociétés se créent, la ville entre dans une période de grande prospérité.
Selon l'adage bien connu, dans les ruées vers l'or, bien plus que les chercheurs d'ors eux-mêmes ce sont bien les vendeurs de pelles qui font fortune. Un afflux de richesse considérable innonde Seattle et la ville explose.

En 1962, l'agglomération de Seattle approche le million d'habitant. L'industrie locale a profité à plein de la seconde guerre mondiale produisant à tour de bras bateaux et avions. Boeing est le premier employeur régional. Le Downtown est cependant en déclin et la ville souhaite promouvoir un évènement à même de la re-dynamiser.

En ce début des années 60, l'Amérique jeune du président Kennedy est en phase de modernisation forcenée. Ce processus économique recoupe largement des enjeux géopolitiques : volonté de dépassement de l'Union Soviétique sur le front intérieur (via l'équipement des foyers et la mise en avant d'un "American way of life") et sur le front extérieur (via la course à la conquête spatiale).
La volonté municipale de dynamisation urbaine va alors rencontrer l'ambition de mise en scène de l'économie nationale.

Le 21 avril 1962 s'ouvre "The Century 21 Exposition"plus connue sous le nom de Seattle World's Fair dans la grande ville américaine la plus proche géographiquement de l'Union Soviétique.
L'exposition s'installe sur une surface de 29 hectares, à quelques kilomètres du Downtown dans le secteur en déshérence du Warren Avenue Slum.
Le retentissement de l'évènement international. Ultime consécration, Elvis Presley y tournera même un film : "It Happened at the World's Fair".

Comme l'écrit Maureen R. Elenga dans son "Seattle Architecture Guide" :
"Century 21 fully embraced post-war optimism with its focus on modernity, science, technology and a prosperous World of Tomorrow. "Futuristic" modern architecture and structural innovation characterized the buildings designed for the fair and gave Seattle a striking new symbol, the space needle. After the fair's run the grounds provided the city witth a 74-acre urban park and cultural center."

Avec sa maille urbaine déconnectée, son futurisme désuet et ses monuments surprenants le Seattle Center demeure une pièce urbaine à part dans le tissu de la ville.
Ce parc urbain, végète gentiment dans le souvenir de 1962.  Des monuments épars ont été complétés récemment par de nouvelles installations qui perpétuent l'évènement.
Avec ses 184 mètres, la Space Needle est encore aujourd'hui l'emblème de la ville. Cette soucoupe volante suspendue est peut-être le premier exemple mondial d'une tour d'observation surmontée d'un restaurant rotatif (la Fersehturm de Berlin date de 1965).
Le Seattle center Monorail, révolutionnaire pour l'époque, relie toujours le centre-ville (distant de 2km soit 1,2 miles) à la vitesse supersonique de... 80 km/h. L’infrastructure semble devoir beaucoup au monorail du Disneyland Californien (qui date lui de 1959).
Le site compte également un stade, une grande halle (plus si grande aujourd'hui), un musée des sciences (avec de belles structures futuristico-gothiques) et un cinéma Imax (Boeing IMAX).

Dans cet autre parc de la Villette (pardon pour la référence parisienne) s'est installé en 2000 une étrange structure. Le Experience Music Project, dessiné par Frank Gehry et financé personnellement par Paul Allen (co-fondateur de Microsoft) est une musée du Rock n' Roll et des cultures populaires. Dans la ville de Jimmy Hendrix et de Nirvana les expositions les plus amusantes et les plus surprenantes se succèdent (lors de notre passage les thèmes étaient les films d'horreur et le mouvement grunge). La structure irisée englobe le monorail.

Pour célébrer le cinquantenaire de l'exposition, la ville a lancé en 2012 un série d'évènements rassemblés dans la plate-forme "The next 50".
Commémorations et projets nouveaux, à Seattle, le futur aussi a une histoire.





mercredi 15 août 2012

Portland South Waterfront

Ancien site industriel longé par une rivière, à proximité d'infrastructures routières majeures, en cours de mutation sous la forme d'un quartier mixte fait d'îlots résidentiels poreux et d'espaces verts publics
le tout relié u centre ville par un tramway tout neuf : le South Waterfront propose un environnement contemporain et verdoyant qui n'est pas sans évoquer certains souvenirs au visiteur européen (et au hasard français) qui a l'occasion de le traverser.
En clignant les yeux, l'on pourrait se croire dans le quartier tout neuf qui a remplacé les usines Renault à Boulogne-Billancourt ; en arasant mentalement le quartier à trente mètres c'est à Lyon Confluence que l'on peut se projeter. Cet urbanisme dense, mixte et neuf ne constitue pas en effet un archétype américain.
Inspiré selon ses concepteurs des "best urban practices", il concrétise l'intuition selon laquelle les concepts urbains s'échangent désormais à un niveau global.

Pour les développeurs de l'opération, c'est la ville de Vancouver au Canada qui a inspiré les formes urbaines.
Ces temps-ci, la tour fine, imposée à Vancouver par les développeurs chinois pendant les années 90 (on vous en reparle bientôt), colonise doucement la côte ouest.

"South Waterfront is Portland, Oregon’s newest great neighborhood. It provides residents and visitors with sophisticated urban living in a relaxing and inspiring natural setting along the Willamette River. South Waterfront represents Portland’s evolution as one of the most livable cities in the nation.
Inspired by the best practices of the point towers in Vancouver B.C., this emerging neighborhood integrates alternative transportation, parks and trails, green building practices, mixed-use retail, and healthy living with art and design. Higher quality of life means more people, more stories, and a happier you."

Entamés en 2004, les travaux devraient s'échelonner jusqu'en 2015.
Quartier aussi agréable qu'anonyme, il possède cependant un atout majeur (objet de notre prochain blog) : le Portland Aerial Tram. A suivre.









samedi 11 août 2012

Les ponts de Portland

A Portland, le patrimoine est modeste. Les bâtiments officiels anciens se distinguent surtout par leur discrétion.
La création architecturale contemporaine est ici peu démonstrative. Les bâtiments récents sont nombreux mais se singularisent seulement par leur robustesse et leur praticité. De nombreuses opérations de mutations d'anciens bâtiments industriels tiennent lieu de référence. Une normalité plutôt haut de gamme utile avant d'être spectaculaire, souvent simplement élégante.

Les ponts de Portland constituent ainsi les seuls monuments de la ville.
Les très hauts ponts-mobiles permettaient le passage des gros bateaux dans cette ancienne cité industrielle. L'autoroute I-5, qui occupe toute la face Est de la Willamette possède de larges échangeurs connectés à de grande portées tendues.
Un nouvel ouvrage est d'ailleurs en travaux : il sera réservé aux tramways et aux cyclistes.




lundi 6 août 2012

Some SF buildings

Pour se prouver que la diversité en architecture ne possède que des avantages.





De Young Museum - Hertzog et de Meuron

Pan American Tower

Al Catraz - Cour de promenade

Exploratorium - Pavillon conservé de l'exposition de 1915

Ensemble de bureaux dans SOMA

San Francisco et les collines - histoires contemporaines

lundi 30 juillet 2012

Hearts Castle

Quelque- part le long de la Highway 1 entre Los Angeles et San Francisco, le rêve boursouflé d'un multimilliardaire plein d'imagination, construit entre les années 20 et 40.
Une montagne magique d'avant Walt Disney, un parc d'attraction personnel d'avant Elvis Presley ou Michael Jackson, un sarcophage de béton recouvert d'antiquités achetées à prix d'or en Europe, William Randolph Hearst, le magnat de la presse qui inspira Citizen Kane attendit la mort de sa mère pour dépenser la fortune familliale sur cette colline isolée situé à San Simeon, dans le comté de San Luis Obispo.
Le Hearst Castle se visite aujourd'hui tous les jours. Pour comprendre enfin que les nouveaux riches des pays émergents n'ont en fait rien inventer.




samedi 28 juillet 2012

Louis Kahn's Salk Institute

Pour le plaisir des yeux et le génie du lieu, détour par le Salk Institute construit en 1963 par Louis Kahn, dans les confins de San Diego.
Architecture intemporelle et un des plus bel espace classique ouvert sur l'Océan Pacifique.