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samedi 18 août 2012

Multnomah Village

"Multnomah Village : The village in the heart of Portland"
La pancarte n'est pas mensongère. Avec ses commerces de proximité, sa structure typique de "Main Street" à petit échelle, ses associations locales ou ses jardins communautaires, le Multnomah Village constitue bien un morceau à part dans agglomération.
Une fois par an, les 6000 et quelques habitants de ce quartier résidentiels du sud de l'agglomération sont même conviés à la parade. De joyeuses septuagénaires habillées en Pom Pom girls portent haut les couleurs de la communauté.
Puisque on vous dit que Portland est définitivement à part....






jeudi 16 août 2012

Portland Forest Park : l'espace oxymore

"Urban Forest Park", tout porte d'abord à croire qu'un terme en trop s'est glissé dans l'intitulé.

Des parcs urbains il en existe, et même des très grands.
Des parc forestiers cela se trouve. En France le terme évoquera les forêts domaniales et le souvenir des chasses royales. Aux Etats-Unis, le parc naturel est une institution et certains pensent même qu'il représente le seul patrimoine américain.
Enfin, des forêts urbaines ont souvent été proposées par des paysagistes valeureux, dans des projets urbains de toute sorte, depuis que ceux-ci s’intéressent à l'aménagement urbain. Celles-ci sont souvent restées lettres mortes.

Avec ses 2000 ha (5100 acres) de nature sauvage aux portes de l'hypercentre de Portland, Forest Park constitue cependant la preuve vivante de l'existence possible d'un tel espace.

Naturel et urbain, sauvage et aménagé, inconnu et si proche, cet espace oxymore constitue sans doute l'atout urbain majeur de la ville de Portland, la preuve du caractère exceptionnel et inclassable de l'agglomération.

Les collines bordant la Willamette River ont toujours semble-t-il suscité l'intérêt.

Distribuées aux pionniers qui investirent la ville à partir des années 1850, ces étendues boisées située à l'ouest du Downtow de Portland n'ont du leur salut qu'à la mauvaise stabilité de leur sol et à la gestion intensive des premiers arrivants. Les larges coupes claires qui détruisirent la forêt primaire engendrèrent ravinements et glissement de terrains qui découragèrent les premiers "settlers". Ceux-ci rendirent bien vite leur parcelles à la ville. 
Dès 1867, le révérend Thomas Lamb Eliot popularise l'idée d'une réserve naturelle boisée.
En 1899, le plan paysager des frères Olmsted inclut ses étendues boisées dans un réseau de parcs et d'espaces verts à l'échelle de l'agglomération. Ces deux fils du paysagiste qui aménagea Central Park concrétisèrent un certain nombre d'aspirations locales. Dans son Greater Portland Plan, E.H. Bennett (co-auteur  avec Burnham du Plan de Chicago en 1909) expliquait à leur suite en 1909 : "great woodland areas are the great life-giving elements of the city."
Ce n'est pourtant qu'en 1948 (après d'autres tentatives avortées de lotissement) que l'étendue fut officiellement protégée et que Forest Park devint un parc municipal.
Agrandit au fil des années par l'action conjointe de la municipalité et du gouvernement de l'Oregon, le parc est aujourd'hui le plus grand parc urbain forestier des Etats-Unis ("the largest forested natural area within city limits in the United States").

Les espaces les plus aménagés sont répartis au Sud. Un jardin japonais fait face à une rosière, quelques points de vues de très rares demeures patriciennes à la lisière de la forêt.
C'est dans la partie Nord que le Forest Park prend sa véritable dimension. Une forêt touffue qui commence à l'extrémité de rues en impasses. Une forêt presque vierge où l'on pénètre avec recueillement. Après quelques pas les frondaisons cachent complètement la ville dont on perçoit encore le ronronnement.
Les très hauts pins filtrent la lumière. Cela sent la mousse, les pieds se mouillent rapidement. des oiseaux vous frolent.

Seuls quelques sentiers permettent de véritablement parcourir la forêt (deux voies routières la traverse et une route de crête la longe). Le Wildwood Trail s'étend sur 70 miles (110 km) en une boucle à mi pente, le Cherry Trail est un peu plus court.
Quelques promeneurs, des coureurs, de plus rares cyclistes (et de rares itinéraires réservés aux chevaux) que l'on croise furtivement. Ils apparaissent et le bois les avale. Tout à côté de la ville, nous voilà enfin seul.






PS : l’atmosphère particulière (et magique) de ce parc urbain forestier nourrit bien des imaginaires. Hollywood y a même situé un récent thriller (par ailleurs très mauvais). Dans Gone, un sérail killer campe aux fond des bois. Plus classiquement, cette forêt de conte de fée n'abriterait que des coyotes.



mercredi 15 août 2012

Portland Aerial Tram

Quand en 2001, l’hôpital universitaire de Portland  (Oregon Health & Science University - OHSU) acquiert de nouveaux terrains dans la friche du South Waterfront, personne ne devine ce que va entraîner cette extension.
Pour permettre le fonctionnement intégré de ces nouvelles constructions, prévues très bas le long de la Willamette River, avec le cœur de l'hôpital installé sur la Marquam Hill, différentes solutions sont envisagées : service de bus, tunnels et ascenseurs, funiculaire, ...

L'université, accompagnée financièrement par la ville, arrête son choix sur un tram aérien (et une passerelle piétonne enjambant l'autoroute) qui permettra de franchir les différentes voies (dont celles de la I-5) et les 200 mètres de dénivelé.
En 2002, la Portland Aerial Transportation, Inc. (PATI)est constituée pour développer le projet.
En janvier 2003, une compétition internationale commence qui oppose des firmes de New York, Amsterdam, et Los Angeles/Zurich.
Le 26 mars 2003, le projet est confié au groupement  Angélil / Graham / Pfenninger / Scholl basé en Suisse et à Los Angeles.
 La construction débute en août 2005. En octobre 2006, les deux cabines "Made in Switzerland" sont livrées et le tram ouvre au public le 27 janvier 2007.
Le coût de 40 millions de dollars a été supporté à 85% par l'hôpital universitaire.

Cette infrastructure, très belle et extrêmement performante a été unanimement saluée tant pour ses qualités architecturales que pour son ingénierie.

Dans notre classement personnel des télécabines urbaines, nous plaçons le Portland Aerial Tram second, derrière le téléphérique de Chongqing en Chine mais devant  le tram de Roosevelt Island à New York.
Le "round trip" coûte 4$ et permet en effet de profiter de l'un des plus beaux panorama urbain de la côte ouest des Etats-Unis.







lundi 13 août 2012

Portland Kennedy School

La Kennedy School, construite en 1916, désaffecté en 1975, a connue en 1997 un transformation inattendue.

La bâtiment accueille aujourd'hui un hôtel, un restaurant, une micro-brasserie et un bar.
Le gymnase se loue pour des réceptions privées, le préau et la cour accueillent le restaurant.
Le slogan du complexe : "Fall asleep in a class"

Comme nous l'ont dit les amis qui nous ont donné l'adresse : "This is so Portland !".




Le site officiel pour vos éventuelles futures réservations.

samedi 11 août 2012

Les ponts de Portland

A Portland, le patrimoine est modeste. Les bâtiments officiels anciens se distinguent surtout par leur discrétion.
La création architecturale contemporaine est ici peu démonstrative. Les bâtiments récents sont nombreux mais se singularisent seulement par leur robustesse et leur praticité. De nombreuses opérations de mutations d'anciens bâtiments industriels tiennent lieu de référence. Une normalité plutôt haut de gamme utile avant d'être spectaculaire, souvent simplement élégante.

Les ponts de Portland constituent ainsi les seuls monuments de la ville.
Les très hauts ponts-mobiles permettaient le passage des gros bateaux dans cette ancienne cité industrielle. L'autoroute I-5, qui occupe toute la face Est de la Willamette possède de larges échangeurs connectés à de grande portées tendues.
Un nouvel ouvrage est d'ailleurs en travaux : il sera réservé aux tramways et aux cyclistes.




vendredi 10 août 2012

Portland, Oregon : an american Green city ?

Le slogan "Keep Portland Weird" ornait au printemps dernier les murs de notre cher métro parisien. La Gaité lyrique avait eu la bonne idée de lancer une semaine spéciale sur cette ville plutôt petite (1 million d'habitants dans l'agglo) et mal connue côté français : musique indépendante et écologie pour évoquer une autre amérique.

 Ici, cette information paraît incroyable. Une jeune vendeuse de Hawthorne boulevard qui nous demandait pourquoi nous passions une semaine à Portland plutôt qu'à LA ou San Francisco et à qui nous expliquions que depuis plusieurs décennies la ville apparaît de plus en plus souvent sur les cartes etats-uniennes comme la capitale verte américaine, nous répondit simplement : "Oh, for that."

Ici tout tient en effet à une façon d'être, nonchalante et vertueuse, consciente et locale, indépendante et responsable. Une somme d'attitudes naturelles, d'actions silencieuses qui redéfinissent peut-être la notion de cool.
Pourquoi et comment Portland est-elle possible, voici notre tentative d'explication.

Pourquoi Portland est-elle verte ?
Ici la question lance le débat. Du "it has always been like that you know", au "it's all about marketing", toute sorte de réponses nous sont fournie.
Nous nous en tiendrons à celle-ci.
Tom McCal a connu deux carrières : journaliste il s'est engagé très tôt autour de la protection de l'environnement. En 1962, il produit et présente un documentaire sur la pollution de la rivière Willamette : Pollution in Paradise. Candidat au poste de gouverneur de l'Etat il est élu en 1966 et réélu en 1970. En deux mandats, cet élu républicain tendance libérale (ce parti a définitivement bien changé), dote l'état de l'Oregon de lois très en avance sur leur temps : une "bottle bill" pour rendre obligatoire la consigne des bouteilles, le nettoyage de la très polluée Willamette River (on s'y baigne aujourd'hui) et une politique de limite de la croissance urbaine.
Cette urban growth boundary qui a permis à Portland de ne pas s'étaler sur la campagne environnante, de conserver un centre actif et de profiter d'espaces naturels très proches est le fondement du caractère vert de la ville. Une gouvernance unique de l'aggloméartion a empêché l'explosion urbaine des villes satellites.
Pour Tom McCal, la Californie toute proche tenait ducontre-exemple. S'adressant à ses voisins nombreux et envahissants il résumait sa position en ces termes :

"Come visit us again and again. This is a state of excitement. But for heaven's sake, don't come here to live."





Pourquoi Portland est-elle indépendante ?
A Portland, la logique de chaîne ne semble pas avoir d'effet. Les grands noms de la restauration rapide ou de la culture bas de gamme sont même absents du centre-ville.
La ville se résumerait selon certains par 4 B majuscule.
B for Bicycle : la ville serait la capitale américiane du vélo, les pistes cyclables sont innombrables et les cyclistes omniprésents. Le "fixie", vélo branché à pignon fixe, est ici le must-have.
B for Bakery : ici la nourriture est locale, saine et éthique. Le Farmer's Market est un must, le snack haut de gamme une contre-culture (matérialisé par les food carts dont nous reparlerons) et les boulangeries n'ont pas disparues.
B for Brewery : la bière se conjugue ici aussi au pluriel. Les micro-brasserie artisanales sont innombrables et servent de délicieuses Ale, Stout, Heffenweiss ou Bitter inédites. Un ami à qui nous demandions ce qu'il en était ici de la "Bud" nous répondit simplement qu'il ne connaissait personne qui en boive encore. Portland est un "Biervana".
B for Books : sans loi sur du livre et de façon encore inexplicable un réseau de librairies indépendantes a survécu à la normalisation marchande. Le Powell's Book Store occupe un bloc entier, des auteurs locaux sont mis en avant et une foule nombreuse et bigarrée prend d'assaut les étagères sept jours par semaine.





Pourquoi Portland est-elle cool ?
Il y a bien sûr la musique. La gaité Lyrique a ainsi produit un album concept pour faire connaître cette scène locale.
Mais il y a également les attitudes. Une fausse simplicité à recycler les mouvements hippies, punks, grundges ou indé dans une façon d'être très 2010. Le mouvement des hipsters a trouvé sa capitale.
Des avenues entières rassemblent cette population élancée, ses chemises à carreaux et ses jeans slims ,qui déplie volontiers son dernier mac sur la terrasse d'une micro-brasserie ou d'un café éthique.
En lettres géantes, un mur du quartier de Pearl District qui porte le slogan "Keep Portland Weird", semble exprimer la motivation commune.

Un créateur de T-shirts à qui nous demandions pourquoi ce mantra local ne se portait pas façon textile nous répondit simplement que la ville d'Austin au Texas (voir ici) détenait le copyright du slogan.
La marchandisation ne se dissout pas complètement dans la nonchalance.



PS : 
Un ami à qui nous exprimions notre sentiment confus de ne plus être sur la côte ouest des Etats-Unis mais dans une ville allemande de la forêt noire, à force de croiser des cyclistes piercés et tatoués à la terrasse de brasseries, nous fit cependant remarquer : "Portland is not only green you know, it's also white..."
Notre regard circulaire ne fit que confirmer. Pas ou peu de diversité à Portland ou dans l'Oregon. Les souches européennes se reproduisent entre-elles. Les habitants noirs de la ville sont repoussés plus loin par les effets de la gentrification. Mais une gentrification cool.