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mardi 26 juin 2012

Fort Worth Arts District

Que cela tienne de la rivalité ou de la complémentarité, la présence d'un deuxième quartier artistique à 40 miles du précédent n'est pas sans surprendre. Le goût Texan pour l'art ne se dément pas.
Fort Worth donc, ville moins importante que Dallas démographiquement et économiquement, a cependant elle aussi sa collection prestigieuse.
Celle-ci est même plus ancienne car Philip Johnson a installé ici dès 1961 le Amon Carter Museum of American Art.
En 1972 Louis Kahn a poursuivi avec le très célèbre Kimbell Art Museum et ses trop fameuses voûtes autoportantes de béton. (Est-ce à cette occasion que s'est forgée l'idée qui veut qu'un musée se conçoit en coupe et en fonction de la lumière ?). Ce musée est en chantier et pour ses 50 ans recevra une extension signée Renzo Piano.
En 2002, Tadao Ando a construit le très puissant Modern Art Museum of Fort Worth et en 2007 Legoretta et Legoretta le Fort Worth Museum of Science and History.






Le quartier est loin du Downtown et les bâtiments se répartissent sans grand ordre autour d'un palais des congrès et de grandes halles dédiées au commerce du bétail. Sous une chaleur étouffante.

Rem Koolhaas OMA / Le Wyly theater de Dallas

Nouvelle pièce du Arts District, une boîte métallique opaque dédiée aux spectacles vivants se tient à l'extrémité de la Flora Street.

Extrêmement dense et ramassée, complètement modulable, elle superpose des espaces de spectacle (capacité de 600 personnes) de répétition et d'accueil sur un total de douze niveaux. On y pénètre au sous-sol, la scène se trouve au Rez-de-chaussée et peut être totalement ouverte sur la rue. Au dessus, la technique et les espaces de répétition. Les tuyaux métalliques qui la recouvrent ne sont pas sans rappeler les "pipes" qui partout dans le Texas extraient le pétrole qui a fabriqué la richesse de l'Etat.

Le Wyly theater, c'est son nom, a permis l'installation au cœur du Arts Districts des fonctions auparavant installées plus loin, dans de larges hangars et de conserver une totale liberté dans l'utilisation du bâtiment.
Les photos de chantier livre le secret de l'édifice : une structure en équilibre précaire, assez comparable à celle de la CCTV à Pékin, qui libère complètement le rez-de-chaussée.
A l'occasion, les larges baies vitrées (recouvertes d'impressions pixels) s'ouvrent complètement et c'est la rue centrale du Arts District qui pénètre ainsi dans le bâtiment.
Nous n'avons pas vu ça. Il faudra donc revenir.



PS : le couple qui a donné son nom au théâtre, Dee et Charles Wyly, a contribué à sa construction à la hauteur de 20 millions de dollars; sur ses propres fonds.

The Dallas Arts District

Au contact direct du Downtown, le "Arts District" de Dallas se développe entre la Ross avenue et la voie rapide 366. La Flora Street articule les quelques blocs urbains surinvestis et veillés par la puissance économique. Il a été montré souvent que l'explosion du marché de l'art dans les années 80 s'était accompagnée d'une multiplication des espaces d'exposition. Des lois fiscales avantageuses ont rendu plus avantageuse la pratique du mécenat et il est presque naturel de retrouver ici cette proximité.

Dallas est très fière d'accueillir dans le même quartier 4 architectes titulaires du Pritzker Prize. La concentration est impressionante.

A l'origine, le Dallas Musueum of Art de Edward Larrabee Barnes (architecte américain) s'est installé sur le site en 1984.
- Le Morton H. Meyerson Symphony Center par I.M. Pei en 1989
- Le Nasher Sculpture Center par Renzo Piano en 2003
-Le  AT&T Performing Arts Center Margot and Bill Winspear Opera House par Foster + Partners en 2009
- Le Wyly Theatre par Rem Koolhaas en 2009
- La Booker T. Washington High School for the Visual and Performing Arts de Lang and Witchell en 1922 avec les additions de Allied Works’ Brad Cloepfil en 2008.

Les espaces extérieurs du Sammons Park sont de Michel Desvignes.

En tout 13 instituts culturels, parfois dotés de jardins de sculpture extérieurs sont présents sur le site. Les collections sont impressionantes et couvrent l'ensemble des périodes artistiques occidentales, des antiquités asiatiques, indiennes ...
Une museum tower très luxueuse sera même livrée dans l'été.

Pourtant, pas de remise en cause de la maille centrale ou de la fabrique américaine de la ville dans cet établissement. Les architectures se juxtaposent, composent parfois un jardin sur leur propre parcelle, mais la facture des rues demeure strictement identique à celles du reste de la ville. L'art est une fonction comme une autre et une belle collection se doit d'être rangée avec ordre.







lundi 25 juin 2012

Dallas Grapevine Mills Mall

Second plus grand centre commercial du Texas (après le plus urban et plus chic centre de la Galeria à Houston), le grapevine Mills mall se classe plus bas au niveau national et puisqu'on passait à côté....
Soit une mer de parking, une triple épaisseur commercial et une double galerie circulaire desservant les 150.000 m² de surface. Un cinéma de 30 écrans est accolé à l'ensemble et un espace ludique Legoland accueille petits et grands.
Bon enfant et classe moyenne, il se dégage un désenchantement aride, une nonchalance triste de cette architecture métallique, de ces allées aveugles et de cet horizon de stationnement.
Dans une allée une femme obèse, américaine, se fait masser par une frêle employée d'origine asiatique. Libre à chacun d'y voir ne métaphore.



Dallas Town Houses

Pour prouver définitivement que le Texas ne se résume pas à sa caricature voici plusieurs exemples de Town housse plutôt bien conçues aperçues dans le quartier chic de Uptown Dallas.



Dallas Downtown

Je me souviens des façades miroirs qui apparaissaient au générique de la série "Dallas", scintillantes à côté du sourire carnassier de JR.
La capitale économique du Texas des années 70-80 se couvrait de tours et s'inventait un CBD sur son ancien centre. 41 bâtiments dépassent aujourd'hui les 100 mètres et trois rues canyons descendent vers l'esplanade du Dealey Plaza où flotte encore le parfum d'un complot et la silhouette rose d'une jeune femme penchée à l'arrière d'une cadillac. Serrant dans sa main un morceau du crâne de son président de mari.

Le downtown de Dallas est bien là, habité et presque mixte, parcouru par des tramways à quelques blocs d'un Art District dont nous reparlerons bientôt.