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dimanche 19 août 2012

Starbuck's City

Les hivers pluvieux et froid de la région Seattle inclinent presque naturellement à la consommation du café chaud. Conséquence surprenante, les eaux de la côte Nord-Est du Pacifique seraient polluées...  à la caféine (voir article ici).


Fondé au 1912 Pike Market, la société Starbucks a connu un certain succès : près de 20.000 points de vente à l'échelle mondiale (contre 30.000 environs pour McDonald's et 35.000 pour Subway).
Avant d'être un produit, Starbucks correspond également à une marque. La foule des touristes qui se pressent dans le magasin historique du Pike Market et qui repart avec sa boisson et son mug siglé (même nous) ne démentira sans doute pas le vice-président cité par Naomi Klein dans son indispensable livre No Logo (1999) :

"Scott Bedbury, Stabucks' vice president of marketing, came from a previous branding success at Nike where he oversaw the launch of the "Just Do It!" slogan. Here he explains the common techniques used to infuse the two very different brands with meaning:
Nike, for example, is leveraging the deep emotional connection that people have with sports and fitness. With Starbucks, we see how coffee has woven itself into the fabric of people's live, and that's our opportunity for emotional leverage....A great brand raises the bar--it adds a greater sense of purpose to the experience, whether it's the challenge to do your best in sports and fitness or the affirmation that the cup of coffee you're drinking really matters."





PS : Nous avons pour notre part découvert le café des sirènes à Shanghai en 2009.La franchise était presque absente de Paris à l'époque.

vendredi 17 août 2012

Nike Campus VS Adidas Campus

Au début des années 60, Bill Bowerman a un sérieux problème.
Ce coach d'athlétisme de l'Université de Eugene (Oregon), qui a découvert la pratique du jogging en 1962 lors d'un voyage en Nouvelle-Zélande, ne parvient pas à trouver des chaussures performantes pour les athlètes universitaires qu'il entraîne.
L'un de ses protégé , Philip Hampson, entreprend d'abord d'importer des modèles bon marché depuis le Japon. Avec son coach, il fonde la marque Blue Ribbon Sports qui distribue d'abord uniquement des chaussures Onitsuka Tiger. Durant l'année 1964, alors que Philip Hamson parcourt l'Etat en vendant ses premiers lots à l'arrière de son mini van, Bill Bowerman les décortique. Son but, créer des modèles plus légers et moins chers. Il met au point ses  premiers prototypes en moulant des matières plastiques sur la surface alvéolaire d'un gaufrier. En 1971, la marque se dote d'un logo et commercialise ses premières chaussures.

Le succès est fulgurant. Très vite la production est sous-traitée au Japon. En 1978, ils rebaptisent sa société. Philip Hampson, qui change de nom à la même occasion, devient Phil Knight et Blue Ribbon devient Nike.
Aujourd'hui, la marque pèserait pour 32% du marché mondial de la chaussure de sport.

Fidèle à l'Oregon, la marque lance en 1987 une compétition internationale pour la création de son siège mondial, à Beaverton, dans la banlieue suburbaine de Portland. C'est l'agence d'architecture TVA qui emporte le marché. Basée elle aussi à Portland, la compagnie a par la suite accompagnée la croissance de la marque, dessinant au cours des années plus de 25 bâtiments pour un total de 76.000 m² (825,000 sq ft).
C'est ici qu'est centralisée la recherche et le marketing de Nike (la compagnie ne produit pas de chaussures aux Etats-Unis). Le site compte 7000 employés.
Ceinturé de parkings (plus de 1500 places), le site s'organise autour d'un lac artificiel, traversé par un ruisseau. Le campus Nike regroupe des bâtiments de bureaux, des espaces de conférence et une impressionnantes collections d'installations sportives : plusieurs terrains de football, de basket, des cours de tennis, de volley, de handball, une piscine, un mur d'escalade. Plusieurs cafétaria, des restaurants, un pub, des boutiques sont également réservées aux employés.
Des encouragements discrets à porter le swoosh, des conseils diététiques personnalisés réservés aux employés : on entre chez Nike comme on entre en religion et c'est un mode de vie à part entière que propose la compagnie.
Elle décrit d'ailleurs son siège en ces termes "It’s more than just a place to work, it’s a comfortable and stimulating environment filled with full-service facilities designed to help you perform better. From leading-edge sports research labs and footwear and apparel design facilities to highly-touted childcare and pre-school centers, Nike campus life reflects the company’s value and interest in its employee’s career growth and balance of work and family."


Global et suburbain, vert et proliférant, le campus Nike incarne la rencontre hallucinée d'un rêve de métal de Richard Meier et d'un parc industriel asiatique.











Plus proche du centre, le Adidas campus semble beaucoup plus modeste.
En 1987, Rob Strasser quitte son poste de Vice-président de Nike pour fonder sa propre marque, Sports Inc., à Beaverton. En 1993, sa compagnie est racheté par Adidas America.
Il meurt d'une crise cardiaque la même année.
En 2002, Adidas America quitte Beaverton pour s'installer dans de nouveaux locaux, dans le quartier d'Overlook, au Nord du centre-ville de Portland.
Construit sur le site d'un ancien hôpital, le siège est constitué de nouveaux bâtiments ainsi que de structures réhabilitées. Les 850 employés présents sur le site partagent quelques terrains de sport avec les enfants des écoles environnantes.

Ouvert et dense, urbain et intégré, le campus Adidas s'articule autour d'un boulevard urbain.

A Portland, où la concentration des équipementiers sportifs incline parfois à choisir son camp, les deux modèles ont leurs supporters.


lundi 25 juin 2012

Dallas Downtown

Je me souviens des façades miroirs qui apparaissaient au générique de la série "Dallas", scintillantes à côté du sourire carnassier de JR.
La capitale économique du Texas des années 70-80 se couvrait de tours et s'inventait un CBD sur son ancien centre. 41 bâtiments dépassent aujourd'hui les 100 mètres et trois rues canyons descendent vers l'esplanade du Dealey Plaza où flotte encore le parfum d'un complot et la silhouette rose d'une jeune femme penchée à l'arrière d'une cadillac. Serrant dans sa main un morceau du crâne de son président de mari.

Le downtown de Dallas est bien là, habité et presque mixte, parcouru par des tramways à quelques blocs d'un Art District dont nous reparlerons bientôt.




vendredi 22 juillet 2011

Jersey City, la ville générique aux portes de Manhattan

Jersey City, la ville générique aux portes de Manhattan
L’épicier du Deli à qui nous demandons une carte à la sortie du métro nous prévient : « It’s not safe here. The riverbanks are Ok but don’t go too far that way ».
Notre carte achetée en main, nous nous dirigeons tout de même vers ces rues hostiles. Des géants bodybuildés aux bras musculeux consciencieusement tatoués jouent avec des chiens d’attaques et… de jeunes enfants sur les aires de jeux. Les maisons alignées des rues du vieux Jersey City ressemblent aux mêmes maisons alignées de Brooklyn ou de Queens. Nous ne sommes pourtant plus à New-York et la ville centre refuse toujours de partager son réseau de métro avec cette banlieue périphérique. Avec une pointe de mépris mal dissimulée, les îliens désignent les habitants de Jersey sous la dénomination de "bridge and tunnel people". Nous laissons ce centre pas si terrible pour nous diriger vers les quais de l’Hudson et le centre d’affaire de Jersey.
Lancé dans les années 80, le "Waterfront" de Jersey s’est installé sur d’anciens espaces ferroviaires et industriels. Il a enclenché la "renaissance" de Jersey City. La construction de nombreuses tours s’est accompagnée du développement d’une polarité financière connue sous le titre de "Wall West Street". Un tramway innerve la zone qui avec ses 18 millions de pieds carrés (1,6 millions de m²) est le douzième quartier d’affaires du pays.
A l’heure du déjeuner, les rues se remplissent d’employés de bureaux. Ceux-ci sont majoritairement d’origine indienne. Dans ce secteur réservé aux "back offices" et aux services électroniques des grandes banques et institutions, l’ingénieur indien est sans doute l’employé parfait. Des files se forment devant des roulettes vendant de copieux snacks aromatisés au curry.
Jersey city : la ville générique et globale aux portes de Manhattan.






jeudi 21 juillet 2011

Manhattan 2 : WTC rebirth ?

4 avril 1973 : inauguration du World Trade Center de New-York par l'architecte Minoru Yamasaki développé par le Port Authority of New York and New Jersey
7 août 1974 : le funambule Philippe Petit utilise un fil tendu pour traverser le vide situé entre les deux sommets des deux tours
13 février 1975 : incendie contenu au 11ème étage de la tour Nord
26 février 1993 : attentat à la bombe endommageant les sous-sols de la tour Nord (6 morts et 1.042 blessés)
Août 2001 :le financier Larry Silverstein acquière, pour une durée de 99 ans et pour 120 millions de dollars par an, la location-bail des Twin Towers
11 septembre 2001 : destruction intégrale du complexe suite à un double détournement d’avion (2.762 morts dont 343 pompiers et 37 policiers ; seuls 293 corps seront retrouvés)
2002 : concours public, la ville de New York dévoile six projets susceptibles d’être sélectionnés
Février 2003 : le projet de Daniel Libeskind est déclaré lauréat "car c’est celui qui portait le plus de considérations symboliques et patriotiques, voulues par l’administration républicaine de G.W Bush" selon les détracteurs du projet*. Le projet est modifié plusieurs fois.
2004 : violentes polémiques entre Larry Silverstein et Daniel Libeskind
2005 : Libeskind est écarté et l’architecture de la Freedom Tower est confiée à l'architecte David Childs
Mai 2005 : le projet du milliardaire Donald Trump de reconstruction à l’identique des deux tours (mais en plus solide) est écarté
Août 2006 : démarrage du chantier après 1 an de blocage suite à un désaccord entre Larry Silverstein et la port Autority
2012 : achèvement prévu du chantier pour un coût estimé de 11 milliards de dollars

En juillet 2011, le chantier est donc en cours et les tours sont déjà très hautes. Dans le jardin mémorial, on s’active pour que tout soit prêt pour la cérémonie des 10 ans.
Le résultat est pour l’instant monotone et générique. Les volumes sont plats et les architectures visibles quelconques. Le vide central à l’emplacement des tours a pour conséquence un écrasement démesuré des rues latérales.
Selon les observateurs autorisés, la finance déserterait le sud de Manhattan pour le quartier de Midtown. N’en jetez plus.






*: Appelé "Fondations de la mémoire", le plan de Daniel Libeskind est un ensemble composé de cinq tours de taille croissante qui s'élancent dans le ciel et dont l’alignement a été calculé pour permettre aux rayons du soleil d'illuminer, chaque 11 septembre, les fondations des anciennes Tours Jumelles, laissées apparentes.
Symbole central du projet, la Freedom Tower (tour de la liberté), sera une des plus hautes tours au monde et fera exactement 1776 pieds de haut (référence à 1776, date de la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis).

mercredi 20 juillet 2011

New-York, New-York

New York sera toujours New York.
Comme Paris qui sera toujours Paris. Sauf que Paris restera toujours comme Paris et que New York se transforme constamment pour atteindre, mais sans jamais y parvenir, le niveau de New York. Bref on ne ris pas à Paris tandis que York est un peu New tous les jours.

A peine arrivé en ville et l’énergie vous transporte déjà. L’ami Bardamu était bien d’accord.

"Pour une surprise, c'en fut une. À travers la brume, c'était tellement étonnant ce qu'on découvrait soudain que nous nous refusâmes d'abord à y croire et puis tout de même quand nous fûmes en plein devant les choses, tout galérien qu'on était on s'est mis à bien rigoler, en voyant ça, droit devant nous...
Figurez-vous qu'elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes. Mais chez nous, n'est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s'allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l'Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur."
*

La ville debout est toujours là même si le port s’est déplacé et que le rythme des chantiers n’est plus celui d’avant la crise.
Dans cette ville doublement insulaire, l’histoire urbaine se poursuit : les îles réelles des boroughs périphériques se repositionnent économiquement et géographiquement tandis que l’île de Manhattan, territoire global en terre américaine, cherche à maintenir sa position mondiale et symbolique.

Les quelques zooms proposés par USanatomy essaieront d’approcher les différents mouvements en cours :
- l’invention d’une ville globale et post-industrielle : du port de la première industrie mondiale à la plateforme financière d’un pays surendetté
- le retour à l’eau et à la géographie
- la métropolisation croissante de la ville avec la montée immobilière et économique des districts périphériques.

Bienvenue à NY !



* Louis-Ferdinand Céline, Voyage au bout de la nuit, (1932)

mardi 19 juillet 2011

Indian Creek : l'île des riches

Visite in-vivo et en deux fois de l'île des riches déjà évoquée ici-même le 19 mai.

Voici donc l'île la plus exclusive de tous Miami. Cette municipalité miniature est donc bien interdite. un tour de bateau nous confirma qu'aucun débarquement n'était possible (nous apprîmes seulement que la maison de Julio Eglesias avait apparemment été détruite et serait sans doute bientôt remplacée par un modèle plus imposant), le tour en voiture enfonça le clou et l'accès nous fut refusé ("Sorry sir, you've not been properly invited.")

La voirie serait pourtant publique d'après nos contacts locaux...







dimanche 10 juillet 2011

Orlando "Fun City"

Selon la légende c’est au meurtre d’une sentinelle américaine par un indien au cours de la seconde guerre de Floride (Second Seminole War) en 1835 que serait du le nom de la ville.
Alors qu’il saignait à mort allongé sur un sentier sableux, le soldat Orlando Reeves ne pouvait imaginer que son prénom serait un jour associé à une métropole de 2 millions d’habitants, 27ème par le nombre de ses résidents mais première(en 2009) par celui de ses visiteurs. Capitale incontestée du tourisme américain, cette « Fun city » est passée sans complexe de la culture du citron à celle des middle class en quelques années seulement.
En 1965, quand Walt Disney annonce vouloir bâtir son Walt Disney World et transformer l’essai de son premier parc californien ouvert 10 ans plus tôt il s'oriente logiquement vers la Floride. Climat tropical et hiver doux, cette région s’affirmait déjà comme une polarité touristique. Après avoir prospecté dans les régions de Miami et de Tampa, il choisit Orlando car la région éloignée de la côte était moins soumis que les autres à des risques d’ouragan.
Le parc lui-même ouvrit en 1971. Une série d’autres parcs thématiques Disney, prévus dès l’origine, le complétèrent bientôt et furent eux-mêmes suivis de prêts par d’autres entités (Universal, Sea World, Wet’n Wild …). Cette initiative à grande échelle constitua une locomotive pour le développement commercial de toute la région. Orlando compte maintenant plus de parc à thème et d’attractions que nulle part ailleurs dans le monde.
Le résultat ? 48 millions de visiteurs en 2004 (28 millions à Paris), le plus grand nombre d’hôtels des Etats-Unis (2ème en terme de chambre après Las Vegas) et une ville qui chaque année entre en compétition avec Chicago et Las Vegas pour savoir qui accueillera le plus grand nombre de congressistes.
En 1940, dans son adaptation de Pinocchio, le même Walt Disney figure un pays du vice et de la corruption des mœurs : « Pleasure island » ou Funland où le pauvre pantin est attiré par un mauvais garçon. Jiminy (criquet) découvre heureusement le secret de ce lieu est parvient à en extraire son ami à temps. Dans le Funland de 1940, les enfants s’amusent jusqu’à être transformés en ânes que le propriétaire du parc vend à des mines de sel ou à des cirques.
Orlando est la troisième ville la plus dangereuse des Etats-Unis et comptait 62 gangs actifs en 2005.