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dimanche 19 août 2012

Starbuck's City

Les hivers pluvieux et froid de la région Seattle inclinent presque naturellement à la consommation du café chaud. Conséquence surprenante, les eaux de la côte Nord-Est du Pacifique seraient polluées...  à la caféine (voir article ici).


Fondé au 1912 Pike Market, la société Starbucks a connu un certain succès : près de 20.000 points de vente à l'échelle mondiale (contre 30.000 environs pour McDonald's et 35.000 pour Subway).
Avant d'être un produit, Starbucks correspond également à une marque. La foule des touristes qui se pressent dans le magasin historique du Pike Market et qui repart avec sa boisson et son mug siglé (même nous) ne démentira sans doute pas le vice-président cité par Naomi Klein dans son indispensable livre No Logo (1999) :

"Scott Bedbury, Stabucks' vice president of marketing, came from a previous branding success at Nike where he oversaw the launch of the "Just Do It!" slogan. Here he explains the common techniques used to infuse the two very different brands with meaning:
Nike, for example, is leveraging the deep emotional connection that people have with sports and fitness. With Starbucks, we see how coffee has woven itself into the fabric of people's live, and that's our opportunity for emotional leverage....A great brand raises the bar--it adds a greater sense of purpose to the experience, whether it's the challenge to do your best in sports and fitness or the affirmation that the cup of coffee you're drinking really matters."





PS : Nous avons pour notre part découvert le café des sirènes à Shanghai en 2009.La franchise était presque absente de Paris à l'époque.

Seattle's Pike Market

Ouvert le 17 août 1907, le Pike Place Market est le plus vieux marché alimentaire des Etats-Unis.

Ayant poursuivie son activité de façon ininterrompue jusqu'à aujourd'hui, et de manière presque surprenante malgré bien des projets de "modernisation" ou de remplacement dans les années 60, le marché est aujourd'hui l'une des attraction majeure de la ville. Cet espace marchand orienté vers l'alimentation haut de gamme correspond s'inscrit d'ailleurs parfaitement dans une certaine révolution alimentaire en cours aux Etats-Unis.

Installé en bordure d'une colline abrupte, dominant le waterfront, le marché s'organise sur plusieurs niveaux dans une infrastructure de béton suspendue à la pente. Le succès de l'espace d'origine a conduit à la colonisation de plusieurs blocs environnants. Aujourd'hui plus de 500 commerçants permanents se répartissent dans 8 bâtiments distincts et proposent fruits et légumes, poissons et viandes mais aussi souvenirs divers (T-shirts, pipes à eaux, comic books, ...).
Le marché est ouvert tous les jours et une foule dense y consomme frénétiquement.

La destruction prochaine du viaduc de la Alaska Way (autoroute surélevée qui coupe Seattle du littoral) va engendrer des transformations importantes dans le quartier : tunnel souterrain, déplacement des nuisances et opérations immobilières.
Un loft sur le Pike market : le "must have" de Seattle 2020.

Anecdote du Pike Market :
En 1970 ouvre dans le quartier de Pike Place Market un commerce d'un type nouveau. Le "Seattle's Best Coffee" entend renouveler la tradition du café aux Etats-Unis. Grains d'origine noble, expressos et café lattes : le succès est rapide.
L'année suivante un concurrent s'installe au 1912 Pike Place. Basé sur le même concept le petit nouveau connaît lui aussi un certain succès sous le nom de Starbucks Coffee...
On en reparle.









Site officiel du marché : http://www.pikeplacemarket.org/.

mardi 14 août 2012

Portland Food Carts

Food court ou food cart ?

Le Food court, dans le jargon des centre commerciaux et des aéroports, correspond au lieu de rassemblement de quelques débits alimentaires qui partagent ponctuellement tables et chaises. Soit un espace souvent clôt, bruyant et odorant où des vendeurs de fast-food franchisés proposent toute leur richesse culinaire.

A Portland, et à Portland uniquement, le "food cart" correspond à un autre type d'institution.
Croisement local de la caravane et de la baraque à frites, les "carts" de Portland n'en constituent pas moins la quintessence de l'expérimentation culinaire urbaine.
L'existence des "food carts" se base sur deux éléments structurants.
Dans cette ville décalée, versée dans les contre-cultures en tous genres, l'initiative individuelle est toujours regardée de façon positive. Vivant au cœur une ceinture verte permettant tous les échanges possibles entre les espaces agricoles et urbain, les habitants de Portland semble avoir pris en main leur alimentation pour la placer sous le commandement du goût et de la variété.


Installées au coin de deux rues, regroupées par grappes à l'extrémité d'un parking, ces échoppes colorées et thématiques ont envahies toute la ville.

Cuisiniers d'élites réfugié conjoncturellement dans un camion, jeune couple branché ayant trouvé ainsi une façon de prendre pied économiquement dans Portland, minorité faisant profiter de son savoir faire spécifique, figure locale institutionnelle, association économique trouvant un débouché à ses produit : à chaque cart son goût et son histoire particulière.


Procédure d'installations simplifiées accordées par la municipalité, attention rigoureuse mais bienveillante de la part des services de l'hygiène et mise en réseau local, il s'agit bien ici d'une institution.

Si Portland ne comptait que 150 "food carts" en 2001, il existerait aujourd'hui plus de 450 façon de manger sur le pouce. Un site internet répertorie et classe cet univers gastronomique en perpétuelle évolution : http://www.foodcartsportland.com
Très bon, très frais, drôle et décalé : "This is so Portland !"






samedi 11 août 2012

Portland Farmer's Market


Pour certains, les marché alimentaires américains (les "farmer's market") seraient issus d'une tradition ancienne et ininterrompue.
Pour d'autres, cette pratique nouvelle, si elle fait localement le lien avec des réalités locales déjà présentes, n'a véritablement pris son essor qu'au cours des 20 dernières années (1.755 marchés en 1994 contre près de 8.000 aujourd'hui aux USA - soit autant qu'en France pour une population 6 fois supérieure).
Très habituels en Europe, ces installations sont aussi bien anecdotiques par la faible part de marché qu'elles représentent qu'extrêmement visibles par leur promotion et le marketing qui les accompagnent.

Pédagogie autour de nouvelles pratiques alimentaires, rôle communautaire au niveau de l'agglomération, promotion de micro-entrepreneurs locaux, nouveau rapport des citadins avec les espaces agricoles périphériques, les "farmer's market" américains sont donc à la fois des espaces relativement neufs et le support de nouvelles pratiques.

A Portland, le farmer's market a été créé en 1992. Si à l'époque il fut difficile de trouver des exposants, il existe aujourd'hui une liste d'attente.
Installé au départ sur le parking désaffecté d'une zone industrielle, le marché a lieu aujourd'hui une fois par semaine dans les allées d'un square du Downtown.
Outre cette installation centrale, 24 autres marchés existent aujourd'hui dans l'agglomération.

Dans un article publié en ligne, Martha Works et Thomas Harvey, décrypte le phénomène et analyse son impact à l'échelle de l'agglomération ("Can the Way We Eat Change Metropolitan Agriculture?: The Portland Example").
Si l’Oregon a connu une baisse significative de son nombre de fermes entre 1974 et 2002 (-6%) cette diminution a été moins forte (-8% au niveau national). Dans le même temps, le nombre des petites exploitations (moins de 20 ha) a connu ici une augmentation plus forte (+131% en Oregon contre +37% au niveau national). Dans l'Etat, le revenu moyen des agriculteurs augmentait légèrement alors qu'il diminuait au niveau national.

Le rôle crucial des politiques de planification urbaine est à l'origine de cette exception. La ceinture verte mise en place an 1973 autour de Portland a permis de diminuer l'étalement urbain et de maintenir une relation sociale et économique entre les espaces ruraux et les espaces urbains. Un tissu économique local a ainsi pu se développer. Martha Works et Thomas Harvey expliquent : "This agricultural bounty began attracting chefs, cooks, gardeners, and sophisticated eaters in the early 1990s, when a number of new restaurants began touting ‘regional Northwest cuisine’ that drew on locally produced and regionally distinctive food stuff such as salmon, wild mushrooms, game, pears, and berries. This attention to local and regional foods captivated the general public, which in turn began demanding more readily available fresh and local food, driving an increase in direct marketing of agricultural products through many different channels".

Le farmer's market de Downtown Portland, avec ses 200 exposants et ses 12.000 acheteurs hebdomadaires, serait l'un des 5 meilleurs du pays selon le Eating Well Magazine et le 7ème selon Greenlight Magazine.
Plutôt très bon (la fraicheur et la qualité des produits est incroyable), diversifié et festif (un concert est organisé conjointement au marché), le marché est le cœur culinaire de l'agglomération.

Fondé par trois personnes en 1992, le marché est aujourd'hui géré par une association. Promotion, mis en place du système de paiement (via des jetons pour les exposants n'acceptant pas la carte de crédit), recyclage et orientation des acheteurs, les T-shirts rouges siglés Farmer's Market s'agitent dans les allées. Les vendeurs sont plutôt jeunes et chaque producteur développe aussi bien un concept qu'un produit. Logos, sigles, identités graphiques et gustatives particulière : le bio-marketing fait ici figure de concept central.









http://www.portlandfarmersmarket.org/

mercredi 27 juin 2012

"Keep Austin weird"

Le slogan est partout et se décline à l'envie.

"Keep Austin beered" (dans une brasserie artisanale), "Keep Austin beared" (pour les barbus) ou même en un présomptueux "I keep Austin weird".

Ville étudiante et alternative, la cité texane s'est auto-proclamée capitale mondiale de la musique Live. Concentration d'étudiants, de jeunes professionnels décalés et de non alignés multi-tatoués, les foule transpirent ici une atmosphère bien différente de celles de Dallas la sérieuse ou de Houston friquée.

Ici les piscines sont à l'eau thermale et installées dans le lits des rivières, les légumes sont locaux, les burgers sont éthiques, la musique et vivante et les 1113°F (45°C) ne découragent pas les cyclistes. Partout des terrasses ou des patios brumisés ouvert sur les rues. Les grandes chaînes de fast-food sont repoussées en banlieue et sur la Colorado  river les kayaks se croisent calmement. Un des ponts de la ville est célébre mondialement pour la colonie de chauve-souris qu'il accueille dans ses arches (la plus grande concentration d'Amérique du Nord). En appelant la hotline de la société protectrice locale on peut savoir si et quand elles sortiront en un nuage dense et spectaculaire. 
Le million et demi d'habitant de l'agglomération et le statut de capitale de l'Etat n'empêchent pas Austin de conserver un statut particulier.
L'apres midi de notre passage, une manifestation rassemblait des supporters d'Obama qui réclamaient à grands cris l'instauration d'une sécurité sociale à l'américaine.
A-t-on besoin de vous dire qu'on aime bien Austin.









vendredi 12 août 2011

Capuchin Soup Kitchen and Earthworks urban farm

Au début il n’y avait rien.

Puis il y eu un monastère.
En 1929, dans ce qui était alors la ceinture maraîchère de la ville de Detroit, les frères Solanius Casey et Hermann Buss réunirent autour d’eux des moines inspirés par la doctrine de Saint François d’Assise (vœux de pauvreté, aide aux nécessiteux, travail et prière). La crise vint et la petite communauté fonda alors une soupe populaire, la Capuchin Soup Kitchen, qui existe encore aujourd’hui.

En 1997, le frère Rick Samyn installa un petit potager à l’angle des rues St. Paul et Meldrum. "L’appel" qu’il reçu, selon le site officiel du monastère, lui commandait alors de s’attaquer aux sources mêmes de la pauvreté (que son ordre s’est chargé de soulager) : la dissolution des relations humaines et les outrages faits à la terre ("broken relationships and wounded earth"). "Earthworks was born.”
Une devise fût vite adoptée :
“Feeding bodies, nourishing spirits, strengthening communities.”

En 1999, le jardin s’étendit à plusieurs lots. Avec l’aide d’une association locale et de nombreux volontaires, les terres furent nettoyées, des ruines furent déplacées, des fondations en béton défoncées et après une année entière de restauration du sol, les plantations débutèrent enfin en 2001. La, production du jardin fut d’abord orientée vers les familles à faibles revenus et avec enfants du quartier. Un programme de coupons permettant d’obtenir gratuitement des produits frais et locaux avait été mis en place par l’Etat du Michigan mais l’absence de transports en commun empêchait les habitants de se les procurer. L’implantation de Earthworks permit à des dizaines de familles d’êtres approvisionnées directement. Dans le même temps, la structure commença à vendre sa production sur les marchés locaux pour promouvoir son activité et attirer les bonnes volontés. Des programmes éducatifs à destination des enfants furent développés. L’objectif étant de lutter le plus tôt possible contre l’obésité, cette maladie sociale qui frappe les pauvres.

En 2004, une serre fut implantée en lieu et place d’un petit supermarché abandonné, la dalle de béton de celui-ci ayant apparemment protégé le sol des effluents.

Ce n’est qu’en 2008, avec l’adjonction de nouveaux lots, que la soupe populaire commença à servir les légumes produits localement.

Notre premier Dimanche à Detroit nous trouvèrent porte close. La serre nous avait attirés et nous avions rencontrés George le jardinier de la rue Melrose.
Le lendemain, nous revirent et nous expliquâmes notre intérêt pour le projet au colosse qui nous ouvrit la porte. "Shawn, there’s some French folks that want to know about what’s happening here!»
Shawn Bernardo vint à notre rencontre et nous présenta les lieux.

Après avoir détaillé leur action et présenté le monastère, il eut cette explication :
“Vegetable are cute but they are not the issue here. It’s not about growing food, it’s more about building a community.
We are facing much bigger problems: unemployment, racism, violence, drug, obesity…"
“L’association emploie plusieurs personnes à temps plein et fait appel aux bonnes volontés. L’accès à l’eau est problématique et la pollution des sols aussi."
“La soupe populaire n’est pas autosuffisante et nous dépendons toujours des chaînes de supermarché" expliquait-t-il. Avant de nous inviter à participer à une matinée de travail bénévole il conclut son propos sur ces mêmes chaînes de façon énigmatique : "posez-vous la question de savoir qui possède ces supermarchés et qui vient s’y nourrir."

Le rendez-vous était pris et nous revînmes donc un matin.
Une petite trentaine de personnes nous attendait. Shawn, le colosse sympathique, plusieurs bénévoles récurrents et une dizaine d’enfants extraits d’un summer camp voisin et conduits ici pour leur édification.
Nous formèrent un cercle et après nous être tous présentés, des équipes furent formées. Avant le départ des troupes une question fut posée : comment économiser l’eau. "Vous y penserez au champ et on en parle après".
Le passage dans la serre nous permit de constater que le supermarché avait bien disparu et que même biologique et cultivée avec soins, les énormes tomates américaines était toujours dure comme du bois et désespérément dépourvue de goût.
Dans le champ, les enfants triaient les haricots en riant, un cadre sarclait, les employés passaient le compost au tamis. Une fois les haricots ramassés la petite bande revint au centre et le cercle se reforma.
« Mangez moins de viande pour économiser l’eau. » le groupe applaudit.
« Gardez l’eau de rinçage de vos légumes pour arrosez les plantes ». Le groupe réfélchit.
« Moi je prends ma douche avec mes légumes » dit Shawn. Le groupe rit.

Nous nous attardons avec une bénévole avec laquelle nous avons sympathisé aux champs. Nous lui racontons nos péripéties chinoises. Là-bas les jardins familiaux sont si nombreux qu’il y en a même sous les échangeurs autoroutiers.
« Where are you form ? Ah France. Some French guy came to see us two years ago. He even spend some time at home. »
“You should know him. He runs a Tv show…
“I just can’t remember his name…” Elle réfléchit.
Oh yeah, I got it. Is name is Cyril Lignac !”

La télévision française n’a pas finit de nous surprendre.









http://www.cskdetroit.org/