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vendredi 17 août 2012

Nike Campus VS Adidas Campus

Au début des années 60, Bill Bowerman a un sérieux problème.
Ce coach d'athlétisme de l'Université de Eugene (Oregon), qui a découvert la pratique du jogging en 1962 lors d'un voyage en Nouvelle-Zélande, ne parvient pas à trouver des chaussures performantes pour les athlètes universitaires qu'il entraîne.
L'un de ses protégé , Philip Hampson, entreprend d'abord d'importer des modèles bon marché depuis le Japon. Avec son coach, il fonde la marque Blue Ribbon Sports qui distribue d'abord uniquement des chaussures Onitsuka Tiger. Durant l'année 1964, alors que Philip Hamson parcourt l'Etat en vendant ses premiers lots à l'arrière de son mini van, Bill Bowerman les décortique. Son but, créer des modèles plus légers et moins chers. Il met au point ses  premiers prototypes en moulant des matières plastiques sur la surface alvéolaire d'un gaufrier. En 1971, la marque se dote d'un logo et commercialise ses premières chaussures.

Le succès est fulgurant. Très vite la production est sous-traitée au Japon. En 1978, ils rebaptisent sa société. Philip Hampson, qui change de nom à la même occasion, devient Phil Knight et Blue Ribbon devient Nike.
Aujourd'hui, la marque pèserait pour 32% du marché mondial de la chaussure de sport.

Fidèle à l'Oregon, la marque lance en 1987 une compétition internationale pour la création de son siège mondial, à Beaverton, dans la banlieue suburbaine de Portland. C'est l'agence d'architecture TVA qui emporte le marché. Basée elle aussi à Portland, la compagnie a par la suite accompagnée la croissance de la marque, dessinant au cours des années plus de 25 bâtiments pour un total de 76.000 m² (825,000 sq ft).
C'est ici qu'est centralisée la recherche et le marketing de Nike (la compagnie ne produit pas de chaussures aux Etats-Unis). Le site compte 7000 employés.
Ceinturé de parkings (plus de 1500 places), le site s'organise autour d'un lac artificiel, traversé par un ruisseau. Le campus Nike regroupe des bâtiments de bureaux, des espaces de conférence et une impressionnantes collections d'installations sportives : plusieurs terrains de football, de basket, des cours de tennis, de volley, de handball, une piscine, un mur d'escalade. Plusieurs cafétaria, des restaurants, un pub, des boutiques sont également réservées aux employés.
Des encouragements discrets à porter le swoosh, des conseils diététiques personnalisés réservés aux employés : on entre chez Nike comme on entre en religion et c'est un mode de vie à part entière que propose la compagnie.
Elle décrit d'ailleurs son siège en ces termes "It’s more than just a place to work, it’s a comfortable and stimulating environment filled with full-service facilities designed to help you perform better. From leading-edge sports research labs and footwear and apparel design facilities to highly-touted childcare and pre-school centers, Nike campus life reflects the company’s value and interest in its employee’s career growth and balance of work and family."


Global et suburbain, vert et proliférant, le campus Nike incarne la rencontre hallucinée d'un rêve de métal de Richard Meier et d'un parc industriel asiatique.











Plus proche du centre, le Adidas campus semble beaucoup plus modeste.
En 1987, Rob Strasser quitte son poste de Vice-président de Nike pour fonder sa propre marque, Sports Inc., à Beaverton. En 1993, sa compagnie est racheté par Adidas America.
Il meurt d'une crise cardiaque la même année.
En 2002, Adidas America quitte Beaverton pour s'installer dans de nouveaux locaux, dans le quartier d'Overlook, au Nord du centre-ville de Portland.
Construit sur le site d'un ancien hôpital, le siège est constitué de nouveaux bâtiments ainsi que de structures réhabilitées. Les 850 employés présents sur le site partagent quelques terrains de sport avec les enfants des écoles environnantes.

Ouvert et dense, urbain et intégré, le campus Adidas s'articule autour d'un boulevard urbain.

A Portland, où la concentration des équipementiers sportifs incline parfois à choisir son camp, les deux modèles ont leurs supporters.


jeudi 2 août 2012

Berkeley, le campus sérieux

A l'autre bout de la baie, par delà le très haut Bay Bridge, l'université de Berkeley, fondée en 1873, n'a rien a envier à Stanford. Les T-shirt "Beat Stanford" que l'on peut acquérir à l'obligatoire boutique de merchandising de l'université sont bien là pour le dire.

Avec ses 70 prix Nobels, ses 15 Turing Awards, ses 11 Pulitzers et sa centaine de médaille olympiques, la University of California, Berkeley gagne et perd d'une année sur l'autre sa deuxième place au classement de Shanghai des universités (Harvard et toujours en tête, le MIT toujours 4ème et Berkeley et Stanford s'échangent les numéros 2 et 3). Quand le gouvernement américain a souhaité, en 1941, se doter de la bombe atomique, c'est à Berkeley que la tâche a été confiée et c'est ici qu'Openheimer a mené le projet Manhattan.

Sur les 36 ha (100 fois moins) de son campus, Berkeley accueille 35.000 étudiants (le double) et propose une athmosphère très différente.
Le site est à flanc de colline, cerclé de toute part par des quartiers très constitués. Cet enclavement relatif, comprime et réduit les espaces libres mais assure à Berkeley un contact direct avec son environnement urbain.

Dans les années 70, le candidat au poste de gouverneur de Californie Ronald Reagan promettait de "Clean the mess at Berkeley". Il semblerait que sur ce point sa politique est été suivie d'effets.
Le bastion contestataire des années 60 n'est plus. Les frais de scolarité de cette université publique sont sensiblement identiques à ceux de Stanford, les sciences "dures" supplantent ici les sciences humaines, le campus se tourne et s'ouvre vers l'Asie, toute proche de l'autre côté du Pacifique.
Une journaliste française qui pendant la guerre du golfe était venue chercher ici les ferments d'un esprit alternatif était rentrée bredouille.

Sur la grande place, un officier de sécurité dresse un procès verbal à un cycliste. Des places de parkings dument signalées sont réservées aux titulaires du prix Nobel. A Berkeley, on est sérieux.










mercredi 1 août 2012

Stanford, le noyau de la Silicon Valley

L'université de Stanford est née d'un drame.
En 1884, Lelan Stanford Jr, 16 ans, meurt d'une fièvre typhoïde.
Son père, Lelan Stanford ancien gouverneur de Californie et magnat richissime des chemins de fer, et sa mère, Jane Stanford, décident de concert que suite à la perte de leur fils unique : "The children of California shall be our children"  et qu'une université serait dédiée à cet être perdu.
Visitant la même année le campus de Harvard (sur la côte Est), il demande à son doyen se que couterait la duplication de l'université sur la côte ouest. Le doyen risque une réponse : 15 millions de dollars (en valeur de 1884) devraient suffirent.
C'est exactement ce que Lelan Stanford investira, sur son ranch de Palo Alto, à une trentaine de miles de San Francisco, sur la route de San José, au milieu des champs et des vergers.

Selon un plan masse dessiné par  Frederick Law Olmsted (le concepteur de Central park à new York), les premiers bâtiments sortent de terre à partir de 1897.
En 1891, 559 neufs étudiants sont présents pour la première rentrée de cette université privée. Un futur président des Etats-Unis en fait partie (Herbert Hoover, 31ème président).

Aujourd'hui, les 3.000 ha du ranch d'origine (plus grand campus américain par la taille) accueillent environ 15.000 étudiants à l'année. Les frais de scolarité avoisinent les 40.000 $ annuels (de nombreuses bourses et programmes de financement sont apparemment possibles) ce qui n'empêchent par la faculté de décliner 93% des demandes d'admission qui lui sont adressées.
Ouverte sur le monde (10% d'étrangers) et à la diversité (30% de blancs, 22% d'asiatiques et 10% de noirs); l'université multiplie les records.

Les résultats académiques de Stanford lors de ses 111 ans d'existence sont phénoménaux : plus de 50 prix Nobel, une dizaine de prix Pulitzer, une liste d'anciens élèves où les célébrités ne se comptent plus et quelques-unes des plus grandes réussites industrielles des dernières années.

Alors que nous nous glissons dans la foule des parents et des jeunes candidats, le très brillant étudiant qui nous accompagne dans le tour du campus nous indique quelques clés de l'état d'esprit très particulier qui a sans doute permis cette réussite.
A Stanford, la créativité de l'étudiant est mis en avant. Pendant les premières années, celui peut au choix s'intéresser aux sciences humaines ou techniques tout en pratiquant un nombre presque infini d'activités sportives, innovantes ou ludiques. Quelques matières figurent dans le corpus général.
Ce n'est qu'après cette période de 3 ans qu'une certaine spécialisation se fait mais en permettant encore des cursus presque à la carte. Un futur ingénieur pourra ainsi compléter sa formation avec un enseignement en business ou en marketing.
Tout au long de la scolarité, la rencontre et la fabrication d'un réseau est est complément obligé du cursus. Stanford vient par exemple de proposer aux étudiants souhaitant fonder une société de se regrouper dans un seul dortoir. Il y a quelques années de cela, les futurs ingénieurs Hewlett et Packard ne se sont-ils pas rencontrés parce qu'il partageait par hasard la même chambre ?

A quelques miles du campus, la société HP est présente depuis sa création dans l'une des première zone industrielle de la région. Les champs et les les vergers ont aujourd’hui disparus et le campus assume son statut "suburbain".
Les anciens de Stanford sont paryout autour eux qui ont fondés Google, Yahoo, ebay ou Netflix. On appelle ça la Silicon Valley et Satnford en est le noyau.