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mardi 7 août 2012

Silicon Valley's Geek Tour

La Silicon Valley que nous visitons ce jour ne mérite pas forcément un grand texte. Nous en proposons donc plusieurs, mais des petits.

- Le silicone est un métaloïde (élément n°14), présent à l'état naturel dans les sables. Isolé il coûte très cher, se décline en lingots lourds et assez doux. Ses propriétés physiques extra-ordinaires l'ont rendu très intéressant, dès les années 40, pour la fabrication des pièces électroniques.



- Il ne faut pas confondre le Silicone, métal semi-conducteur avec le polymère Silicone, une résine de synthèse, qui protège mon voisin du dessous des inondations et permet bien des choses aux chirurgiens plastiques.



- La Silicon Valley est suburbaine. Vue du ciel elle ressemble d'ailleurs à un circuit imprimé.
Elle s'étend de Menlo Park (au Nord) à San José (Au Sud).




- Il n'existe aucun circuit touristique permettant de visiter la Silicon Valley. Le circuit existerait-il que nous l'aurions sans doute snobé mais les dizaines de personnes aperçues en train, comme nous, de se prendre en photo devant les signes Facebook ou Google pourraient être intéressées.
A la personne qui nous reçoit à la chambre de commerce de San José, et à qui nous demandons si une carte des entreprises numériques et technologiques existe nous répond d'ailleurs par la négative mais remarque surprise que : "it's a damn good idea !".

- Dans les années 40 et 50, Frederick Terman, titulaire de la chaire d'ingénierie de Stanford encourage ses étudiants à fonder des entreprises. Hewlett et Packard, deux jeunes diplômés, s'installent à un jet de pierre du campus en 1947 pour y fabriquer des oscilloscopes.



- Le Computer History Museum de Mountain View est fermé le mardi. C'est dommage, nous sommes mardi.



- En 1968, Gordon Moore et Robert Noyce fondent à Moutain View la société Intel. Le premier jour ils sont deux, un an plus tard ils sont une centaine. Aujourd'hui la société emploie plus de 100.000 personnes. A Mountain View, la société accueille avec beaucoup de soin ses visiteurs dans son tout neuf "Intel Museum".



- En 1971, Steve Wozniak 21 ans rencontre Steve Jobs 16 ans à Los Altos Californie. Après avoir tous les deux quitter l'université sans diplôme, ils fondent le 1er avril 1976 la société Apple à Cupertino.
Après bien des péripéties et selon la légende, Steve Jobs sauve tout seul la société en 1995 en lançant l'iMac. Dans les semaines qui précèdent son lancement, il aurait été aperçu hurlant dans son téléphone sur le parking du supermarché bio Whole Foods de Palo Alto : "Blue, I said I want ir blue ! Damn !".
L'iMac sera bleu et un énorme succès commercial.
Le siège de la société accueille un Apple Store pas très reluisant. Des bâtiments anonymes occupent par grappes plusieurs blocs. Au centre de l'ensemble, la voie privée circulaire de "l'Infinite Loop" ceinture le siège. Les immeubles sont blancs et beaucoup moins carrossés que les mac. La rue en face, Norman Foster (architecte) et Steve Jobs avaient imaginés un nouveau bâtiment unique : un donut nacré ceinturé de verdure.
Rien ne semble avoir commencé.
Le port de tête altier des cadres en chemisettes qui vont ici et là et le ton sec, poli mais ferme de la personne de l'accueil qui vous éconduit ne laissent pas de place au doute : les employés d'Apple sont les aristocrates de la Silicon Valley.




- Fondée en 1995, la société ebay est une des rares survivante et le succès le plus notable de la bulle internet de la fin du XXème siècle. Pierre Omidyar aurait créé le site pour mettre aux enchères certains de ses effets personels. Après avoir vendu à sa grande surprise un pointeur laser cassé pour la somme de $14.83, il contacte l'acheteur. Celui-ci lui explique : "Je suis un collectionneur de pointeur lasers cassés".
En 1997, un responsable du marketing d'ebay invente une nouvelle histoire pour la presse : celle où Pierre aurait aidé sa fiancée à compléter sa collection de distributeur de bonbons PEZ.
Dans le hall d'accueil d'ebay, à  San José, un mur de PEZ perpétue la légende.
Comme tout bon employeur de la Silicon Valley, ebay propose à ses salariés des espaces extérieurs. Le jour de notre passage, l'on buchait dur en terrasse mais personne ne jouait au basket.




- Un dress-code relativement strict semble s'appliquer aux travailleurs de la Silicon Valley. Celui-ci est d'autant plus respecté que ce conformisme semble être intériorisé. Chemisette sans cravate, pantalon type Chino (rarement un jean repassé), chaussures confortables (chaussures de ville casuals, exceptionnellement des baskets propres), badges de la société porté en évidence et avec fierté (en breloque autour du coup ou à la ceinture).

- Sur le Google Campus, on peut utiliser librement des vélos qui porte, comme c'est bien fichu, les couleurs de la marque. Le lieu est occupé par de très grands et très beaux arbres que l'explosion de la bulle internet n'a pas du beaucoup impressionner. Fondée en 1998, la société ne s'est installée ici qu'en 2003, dans des locaux conçus pour la société Silicon Graphics (qui fit faillite en 2009).





- En février 2004, Mark Zukerberg lance le site "TheFacebook" sur le campus d'Harvard.
Dès juin 2004, il s'installe à Palo Alto. En 2005 le site s'ouvre par phase aux universités, à certaines compagnies et aux lycées américains. Le 26 septembre 2006, Facebook s'ouvre à toute personne de plus de 13 ans titulaire d'une adresse internet valide.
 En 2011, Facebook a installé son nouveau siège à Menlo Park, dans les anciens locaux de Sun Microsystems (compagnie rachetée par Oracle). Les locaux sont sans particularités, ceinturés de parking. Après analyse, le signe à l'entrée du site, orné d'un énorme pouce levé reprenant le "I Like" de Facebook a été dessiné sur l'ancien panneau de Sun Microsystems que l'on a pour cela retourné.
 En 2013 Facebook devrait logiquement franchir la barre du milliard d'utilisateurs. Bien que nous ayons partagé tout cela sur Facebook àlors même que nous quittions le site nous devons avouer avoir été bien déçus par ce lieu.




jeudi 2 août 2012

Berkeley, le campus sérieux

A l'autre bout de la baie, par delà le très haut Bay Bridge, l'université de Berkeley, fondée en 1873, n'a rien a envier à Stanford. Les T-shirt "Beat Stanford" que l'on peut acquérir à l'obligatoire boutique de merchandising de l'université sont bien là pour le dire.

Avec ses 70 prix Nobels, ses 15 Turing Awards, ses 11 Pulitzers et sa centaine de médaille olympiques, la University of California, Berkeley gagne et perd d'une année sur l'autre sa deuxième place au classement de Shanghai des universités (Harvard et toujours en tête, le MIT toujours 4ème et Berkeley et Stanford s'échangent les numéros 2 et 3). Quand le gouvernement américain a souhaité, en 1941, se doter de la bombe atomique, c'est à Berkeley que la tâche a été confiée et c'est ici qu'Openheimer a mené le projet Manhattan.

Sur les 36 ha (100 fois moins) de son campus, Berkeley accueille 35.000 étudiants (le double) et propose une athmosphère très différente.
Le site est à flanc de colline, cerclé de toute part par des quartiers très constitués. Cet enclavement relatif, comprime et réduit les espaces libres mais assure à Berkeley un contact direct avec son environnement urbain.

Dans les années 70, le candidat au poste de gouverneur de Californie Ronald Reagan promettait de "Clean the mess at Berkeley". Il semblerait que sur ce point sa politique est été suivie d'effets.
Le bastion contestataire des années 60 n'est plus. Les frais de scolarité de cette université publique sont sensiblement identiques à ceux de Stanford, les sciences "dures" supplantent ici les sciences humaines, le campus se tourne et s'ouvre vers l'Asie, toute proche de l'autre côté du Pacifique.
Une journaliste française qui pendant la guerre du golfe était venue chercher ici les ferments d'un esprit alternatif était rentrée bredouille.

Sur la grande place, un officier de sécurité dresse un procès verbal à un cycliste. Des places de parkings dument signalées sont réservées aux titulaires du prix Nobel. A Berkeley, on est sérieux.










mercredi 1 août 2012

Stanford, le noyau de la Silicon Valley

L'université de Stanford est née d'un drame.
En 1884, Lelan Stanford Jr, 16 ans, meurt d'une fièvre typhoïde.
Son père, Lelan Stanford ancien gouverneur de Californie et magnat richissime des chemins de fer, et sa mère, Jane Stanford, décident de concert que suite à la perte de leur fils unique : "The children of California shall be our children"  et qu'une université serait dédiée à cet être perdu.
Visitant la même année le campus de Harvard (sur la côte Est), il demande à son doyen se que couterait la duplication de l'université sur la côte ouest. Le doyen risque une réponse : 15 millions de dollars (en valeur de 1884) devraient suffirent.
C'est exactement ce que Lelan Stanford investira, sur son ranch de Palo Alto, à une trentaine de miles de San Francisco, sur la route de San José, au milieu des champs et des vergers.

Selon un plan masse dessiné par  Frederick Law Olmsted (le concepteur de Central park à new York), les premiers bâtiments sortent de terre à partir de 1897.
En 1891, 559 neufs étudiants sont présents pour la première rentrée de cette université privée. Un futur président des Etats-Unis en fait partie (Herbert Hoover, 31ème président).

Aujourd'hui, les 3.000 ha du ranch d'origine (plus grand campus américain par la taille) accueillent environ 15.000 étudiants à l'année. Les frais de scolarité avoisinent les 40.000 $ annuels (de nombreuses bourses et programmes de financement sont apparemment possibles) ce qui n'empêchent par la faculté de décliner 93% des demandes d'admission qui lui sont adressées.
Ouverte sur le monde (10% d'étrangers) et à la diversité (30% de blancs, 22% d'asiatiques et 10% de noirs); l'université multiplie les records.

Les résultats académiques de Stanford lors de ses 111 ans d'existence sont phénoménaux : plus de 50 prix Nobel, une dizaine de prix Pulitzer, une liste d'anciens élèves où les célébrités ne se comptent plus et quelques-unes des plus grandes réussites industrielles des dernières années.

Alors que nous nous glissons dans la foule des parents et des jeunes candidats, le très brillant étudiant qui nous accompagne dans le tour du campus nous indique quelques clés de l'état d'esprit très particulier qui a sans doute permis cette réussite.
A Stanford, la créativité de l'étudiant est mis en avant. Pendant les premières années, celui peut au choix s'intéresser aux sciences humaines ou techniques tout en pratiquant un nombre presque infini d'activités sportives, innovantes ou ludiques. Quelques matières figurent dans le corpus général.
Ce n'est qu'après cette période de 3 ans qu'une certaine spécialisation se fait mais en permettant encore des cursus presque à la carte. Un futur ingénieur pourra ainsi compléter sa formation avec un enseignement en business ou en marketing.
Tout au long de la scolarité, la rencontre et la fabrication d'un réseau est est complément obligé du cursus. Stanford vient par exemple de proposer aux étudiants souhaitant fonder une société de se regrouper dans un seul dortoir. Il y a quelques années de cela, les futurs ingénieurs Hewlett et Packard ne se sont-ils pas rencontrés parce qu'il partageait par hasard la même chambre ?

A quelques miles du campus, la société HP est présente depuis sa création dans l'une des première zone industrielle de la région. Les champs et les les vergers ont aujourd’hui disparus et le campus assume son statut "suburbain".
Les anciens de Stanford sont paryout autour eux qui ont fondés Google, Yahoo, ebay ou Netflix. On appelle ça la Silicon Valley et Satnford en est le noyau.