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mercredi 7 septembre 2011

USanatomy saison 1

16.100 km d’avion
6.297 km de voiture (dont 2250 miles en Ford Escape et 1664 miles en Toyota Corolla)
5.688 photos
53 jours
52 nuits
40 km de vélo
14 Etats
13 villes
7 systèmes de transports en commun empruntés
2 contraventions (dont un "warning ticket")

69 sujets

La saison 1 d’USanatomy est terminée. Elle a été un peu plus courte que prévue mais une saison 2 est à suivre.
D’ici-là il y aura une expo (que nous préparons) et une nouvelle période de préparation.
Merci à tous pour vos encouragements.

A suivre.

REW 2011.



dimanche 7 août 2011

Detroit : Ruin Porn ?

"Ruin Porn" le terme n’est pas joli mais il pose assez clairement les enjeux du débat.
Etant donné une ville abandonnée ou supposée comme telle, étant donné une fascination brute et mondiale pour son architecture comment qualifier le sous-genre photographique qui s’y est développé depuis plusieurs années et qui fait de ses ruines son sujet exclusif ?



En 1930, Detroit est la 4ème ville des Etats-Unis. En 1950, sa population approche les 2 millions. "Motor city" est alors l’une des villes les plus riche d’Amérique, moderne et attirante où s’invente la middle-class américaine.
A partir de 1950 la population de la ville évolue à grande vitesse. Les familles blanches quittent la ville pour les banlieues bientôt remplacées par des familles noires, souvent venues du sud, à la recherche d’emploi peu qualifiés dans la prospère industrie automobile. En 1967, les plus graves émeutes raciales de l’histoire américaine (près de 50 morts) accélèrent le mouvement : c’est le "white flight".
Cette recomposition sociale et raciale est contemporaine d’une recomposition industrielle : sous-traitance à l’échelle nationale avec délocalisation d’activités vers le sud, automatisation partielle de la production puis concurrence accrue avec les modèles étrangers. L’activité économique et le nombre d’emploi diminuent de façon importante. En 2010, la population de la ville n’est plus que de 800.000 habitants.
Ces départs massifs ont eu des conséquences colossales : des milliers de maisons, des centaines de commerces, des dizaines d’écoles, de lycées ou de bibliothèques, une gare magnifique, des usines et la moitié des immeubles du centre-ville ont été abandonnés. Murées et gardiennées, laissés ouvertes et squattées, détruites ou incendiées, les "Ruines de Détroit" font figure d’anomalie incompréhensible au cœur de la richesse du premier monde américain.
Des milliers de clichés, très beaux, très fascinants ont été diffusés, exposés et ont redéfinis l’image de Detroit. Ces images (visibles également sur ce blog) montrent la même ville pourrissante et désertée et des architectures d’une qualité incroyable subitement abandonnées par leurs occupants. Partis en un instant, ceux-ci ont même parfois abandonnées leurs effets personnels.
Accident nucléaire, épidémie virale ou quelconque malédiction, les sous-titres explicatifs donnent la réponse en petites lettres. Les fascinants clichés exposent froidement les ruines d’une ville qui fut mais qui n’est plus. Comme les ruines de Rome avaient leurs visiteurs et leurs artistes (que l’on se souvienne du prix de Rome), Detroit a désormais les siens. Si la contemplation des vestiges antiques a nourri l’imaginaire occidental pendant 5 siècles, que signifie cet intérêt nouveau pour le déclin industriel américain ?
Un témoignage clinique à l’image du très beau travail de Yves Marchand et Romain Meffre, des allégories hallucinées comme les clichés de Andrew Moore, un atout touristique décalé ou une exploitation cynique et pornographique, réductrice et insultante comme le pense John Patrick Leary dans son essai "Detroism" ?
Plutôt que de résoudre ce débat qui s’ouvre, et qui est d’ailleurs relativement passionnant, nous essaierons ici de décrypter et de comprendre ce spectacle. Si le travail photographique a réussi à élever au statut d’icône certains de ces bâtiments abandonnés (la gare de Detroit est une visite presque incontournable) leur contextualisation, par un effet de zoom arrière, apporte d’autres éclairages.
Car comme nous le confiait philosophiquement le gérant et fondateur de la boutique de T-shirt Gizmo à Royal Oak
« I don’t care what makes people come here, as long as they keep coming… »






lundi 18 juillet 2011

Ocean Drive, le boulevard de la frime sur l'île globale

Il y a Miami et il y a Miami Beach.
Miami Beach est une île avec une très longue plage de sable blanc. Une à deux rues intérieures la parcourent du Nord au Sud. Le même dispositif de principe se prolonge sur plusieurs dizaines de miles : océan Atlantique / plage / tours / route / ilots bas / tours / quais / Baie de Miami. La plage et les quais sont accessibles ou non, selon les cas et selon les programmes immobiliers. Des variations se produisent bien-sûr et se glissent parfois une voie publique et un parc entre la plage et le premier front. Plusieurs séquences du nord vers le sud : North Beach, Mid Beach et South Beach.
L’accès principal à l’île se fait par la MacArthur Causeway depuis le Downtown. Au point d’arrivée de ce boulevard est installée une de ces variations fameuses évoquées plus haut : la route du littoral de Ocean Drive.
Ocean Drive est un oasis, un Ibiza américain. La population de cette avenue est un spectacle en soit : éphèbes bodybuildés, fils de famille friqués et nonchalants, nymphes échappée d’un tournage de film pour adultes, rappeurs blings-blings, touristes à banane, jeunes de banlieue franciliens… Tout ce qui roule et épate se retrouve sur la chaussées et une musique sourde sort à plein tubes de larges décapotables rose bonbon qui avancent au ralentis. Sur les terrasses les daiquiris et mojitos sont servis dans des seaux.
"Tu verras à Miami ce qui est bien c’est le quartier Art-Déco" nous avait-on dit. Et c’est vrai que ce dernier est bien là. Souvent très beau et bien conservé il a parfois subis des outrages. Sur Lincoln road une façade historique des années 20 cache tant bien que mal la méga-structure d’un parking. Ailleurs il est abandonné, partout il a été copié et les bâtiments post ou néo-modernes pullulent.
Plus au nord l’avenue devient un parkway, les densités et les typologies deviennent chinoises, la plage n’est presque plus accessible. Miami Beach est une destination de vacances globale.











dimanche 17 juillet 2011

Calle Ocho : la Little Havana de Miami

Pour certains, Fidel Castro fait figure de bienfaiteur. La ville de Miami aurait même pu prendre le Leader Maximo comme parrain tant la révolution de janvier 59 et les années qui ont suivies ont eu des conséquences positives.
Avec la mise en place de l’embargo, le flux financier important (et parfois douteux) qui irriguait l’île et avait contribué à la transformer en lupanar américain s’est reporté à 90 miles au Nord, dans la région métropolitaine de Miami. Ensuite, en plusieurs vagues mais selon un rythme qui ne s’est jamais tari, une importante immigration cubaine s’est implantée à Miami. Chaque "réfugié" cubain foulant le sol des Etats-Unis étant inexpulsable, la tentation était suffisamment forte pour que quiconque possédait un bateau et était désireux de quitter le pays soit tenté par la (petite) traversée.
Le fonctionnement des villes américaines ainsi que la mise en place de nécessaires réseaux économiques de proximité encourage la création de ghetto dans les villes américaines. A partir des années 60, le regroupement des cubains se fit autour de la South West 8th Street (SW 8th st.) de Miami. Celle-ci reçu le sobriquet de Calle Ocho et le quartier fut désigné sous l’appellation de "Little Havana" (auparavant Shenandoah et Riverside neighborhoods).
La calle Ocho débute à l’ouest du Doxntown Miami et se poursuit rectiligne pendant une petite dizaine de miles. Là-bas elle se perd dans la frange urbaine, les premiers marais puis le parc national (et classé) des Everglades.
Le parc où de vieux messieurs jouent au domino est entourés de restaurants et de boutiques cubaines. Les bâtiments sont bas, les maisons qui débutent un bloc après la rue sont modestes mais souvent bien aménagées.
Plus à l’est les marchands de pneus succèdent aux réparateurs automobiles. De petits motels affichent fièrement leurs atouts : « air conditioning and adult movies ».
Après il y aura une autoroute, des quartiers périphériques agglomérant de façon ordonnées des espaces commerciaux et des alignements de maisons. Plus loin encore, tout contre les marais dont émergent des arbres morts, les surfaces de vente les plus grandes.
S’ouvre ensuite le royaume des alligators et des aéroglisseurs, des moustiques et des mangroves.

En 2011, Little Havana comptait une population hispanique à 98%. La part de la population d’origine cubaine a sensiblement décrue au profit d’autres immigrés d’Amérique du Sud et Centrale (principalement du Nicaragua) qui utilisent à leur tour ce ghetto comme une porte d’entrée.
Les intérêts cubains, parfois les fortunes, se sont déplacées dans des banlieues propres. « They own the city » nous répète-t-on souvent.











Ailleurs en ville, l’histoire latino américaine de Miami continue de s’écrire et l’identité de la ville de s’ancrer toujours d’avantage vers le sud. Quiconque réussi en Amérique latine rêve d’avoir un pied à terre à Miami, quiconque craint les volontés redistributrices de son gouvernement vient mettre à l’ombre sa fortune à Miami. Le marché de l’immobilier reste plus dynamique ici que dans le reste des Etats-Unis : les nouveaux acheteurs viennent du Brésil et du Venezuela.

lundi 11 juillet 2011

Holy Land Experience

Holy Land Experience
La Palestine du premier siècle reconstituée dans la Floride du XXIème, décors, expositions et spectacles vivants, studios de télévision de la chaîne Trinity Broadcasting et bientôt plateaux de tournage pour superproductions bibliques : voici ce que propose depuis 2001 Holyland Experience, parc fondamentaliste chrétien implanté au centre de l’archipel du fun de la ville D’orlando.
Fondé par Marvin Rosenthal, prêtre Baptiste d’origine juive et converti, accusé parla Ligue de Défense Juive de promouvoir la conversion au christianisme des juifs américains (malgré les protestations de son fondateur), ce parc se démarque par sa ambition idéologique.
Recréer le parcours de J* depuis sa marche dans le désert, son entrée dans Jérusalem jusqu'au Golgotha : la mise en scène commence dès le parking.
Crèche tropicale, animaux empaillés débarqués de l’arche de Noé, centurion romain texan au contrôle des billets, passez ces portes et retrouver J* et tous ses amis.
« He is Risen » disent les buissons taillés. Le show patriotique « God bless America” est à 11h, la crucifixion est à 13h nous informe Marie-Madeleine.
Comme prévu la foule est ravie, J* est beau torse nu sous le soleil, les soldats romains sont brutaux et le sang factice gicle sur le sol. Devant des groupes recueillis ou plus distants, de fervents bigots et des ricaneurs sans doute européens, J* est mis au tombeau avant de ressusciter en son et lumière. Partout des informations importantes : la terre a 6000 ans, les dinosaures étaient dans l’arche de Noé, le messie reviendra, J* aime vraiment tout le monde, et les Harley Davidson, l’Amérique est « the greater nation of all »...
Patriotisme et extase mystique, jeux d’enfants et scènes animées, films anti-avortement et sodas glacés. : le mélange parfait du mercantilisme, du patriotisme et de l’intégrisme. On a adoré.











PS : apparemment le parc n’est pas si rentable que ça ; Il était endetté en 2007 et a été racheté par un réseau de télévision chrétien. Depuis octobre 2007, entre 50 et 100 employés ont été remerciés. J* a été conservé et le parc pourrait malgré tout s’agrandir.
A suivre.

Le site officiel ici.

dimanche 10 juillet 2011

Orlando "Fun City"

Selon la légende c’est au meurtre d’une sentinelle américaine par un indien au cours de la seconde guerre de Floride (Second Seminole War) en 1835 que serait du le nom de la ville.
Alors qu’il saignait à mort allongé sur un sentier sableux, le soldat Orlando Reeves ne pouvait imaginer que son prénom serait un jour associé à une métropole de 2 millions d’habitants, 27ème par le nombre de ses résidents mais première(en 2009) par celui de ses visiteurs. Capitale incontestée du tourisme américain, cette « Fun city » est passée sans complexe de la culture du citron à celle des middle class en quelques années seulement.
En 1965, quand Walt Disney annonce vouloir bâtir son Walt Disney World et transformer l’essai de son premier parc californien ouvert 10 ans plus tôt il s'oriente logiquement vers la Floride. Climat tropical et hiver doux, cette région s’affirmait déjà comme une polarité touristique. Après avoir prospecté dans les régions de Miami et de Tampa, il choisit Orlando car la région éloignée de la côte était moins soumis que les autres à des risques d’ouragan.
Le parc lui-même ouvrit en 1971. Une série d’autres parcs thématiques Disney, prévus dès l’origine, le complétèrent bientôt et furent eux-mêmes suivis de prêts par d’autres entités (Universal, Sea World, Wet’n Wild …). Cette initiative à grande échelle constitua une locomotive pour le développement commercial de toute la région. Orlando compte maintenant plus de parc à thème et d’attractions que nulle part ailleurs dans le monde.
Le résultat ? 48 millions de visiteurs en 2004 (28 millions à Paris), le plus grand nombre d’hôtels des Etats-Unis (2ème en terme de chambre après Las Vegas) et une ville qui chaque année entre en compétition avec Chicago et Las Vegas pour savoir qui accueillera le plus grand nombre de congressistes.
En 1940, dans son adaptation de Pinocchio, le même Walt Disney figure un pays du vice et de la corruption des mœurs : « Pleasure island » ou Funland où le pauvre pantin est attiré par un mauvais garçon. Jiminy (criquet) découvre heureusement le secret de ce lieu est parvient à en extraire son ami à temps. Dans le Funland de 1940, les enfants s’amusent jusqu’à être transformés en ânes que le propriétaire du parc vend à des mines de sel ou à des cirques.
Orlando est la troisième ville la plus dangereuse des Etats-Unis et comptait 62 gangs actifs en 2005.








samedi 2 juillet 2011

Buffalo Bayou

La rivière Buffalo, qui prend sa source à l'ouest de Houston, traverse la ville en ceinturant le Downtown, et termine sa course dans le port, a longtemps été une rivière oubliée.
Plusieurs initiatives plus ou moins récentes ont contribué à sa redécouverte. Environnementale, ludique, dépollutive, immobilière, universitaire, ces actions ne semblent pas avoir été concertées et le résultat de cette somme de bonnes volontés, mêmes focalisées sur un même objet ne peuvent que porter à s'interroger.
Dans cette ville si dépendante de l'automobile et plus largement si indissociable de l'industrie pétrolière le "Greenwashing" est aussi à l'oeuvre.
Les sections aménagées de la rivière, les efforts pour diversifier les énergies renouvelables (ici déjà 33% de l'électricité serait éolienne), les parcs publics aménagés sur des parkings (Discovery Green financé par BP) et même une courte ligne de tramway toute neuve parviendront-ils à transformer en profondeur "Oil City" ?
A suivre.





Sources : Buffalo Bayou Partnership, association de valorisation de la rivière
"On the Banks of Bayou City", livre d'analyse par The Center for Land Use Interpretation

mardi 28 juin 2011

Downtown









Houston, quartier de Downtown.
Piscine ou parkings sur les toits. Rues corridors écrasées par la chaleur et hantées par de rares piétons à l'heure du déjeuner. La foule se réfugie sous terre dans un réseau de galeries climatisées qui serpente sous le plan à damier.

lundi 27 juin 2011

Some Houston Streets









Some shots and first urban glances of Houston's streets. Concrete and asphalt in Upper Kirby and around North Rosslyn Drive.