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jeudi 28 juin 2012

Austin 6th street

Combien de rues américaine ont elles le même statut ou la même aura ?

La Bourbon Street de New Orléans est plus déjantée, le strip de Las Vegas est clairement à une autre échelle, la marketing Street de Celebration plus artificielle, l'on pourrait multiplier les exemples sans retrouver l'atmosphère particulièrement fraîche de la 6th Street.

Un bar musical sympathique après l'autre, un Beer Garden succédant à un bar obscur d'où s'échappe un blues épais et sirupeux.

Du warehouse district huppé au sud jusqu'à l'autoroute I35 et le centre local de l'Armée du salut au nord, la 6th street effectue une coupe sociologique dans le tissu plutôt vivant et habité du centre de Austin. La large collection de bâtiment victorien (développée à partir de 1880) qui constitue la rue n'y est pas pour rien ; on dit ici que cest dans l'ancienne Pecan Street que se trouve l'esprit d'Austin.






lundi 18 juillet 2011

Ocean Drive, le boulevard de la frime sur l'île globale

Il y a Miami et il y a Miami Beach.
Miami Beach est une île avec une très longue plage de sable blanc. Une à deux rues intérieures la parcourent du Nord au Sud. Le même dispositif de principe se prolonge sur plusieurs dizaines de miles : océan Atlantique / plage / tours / route / ilots bas / tours / quais / Baie de Miami. La plage et les quais sont accessibles ou non, selon les cas et selon les programmes immobiliers. Des variations se produisent bien-sûr et se glissent parfois une voie publique et un parc entre la plage et le premier front. Plusieurs séquences du nord vers le sud : North Beach, Mid Beach et South Beach.
L’accès principal à l’île se fait par la MacArthur Causeway depuis le Downtown. Au point d’arrivée de ce boulevard est installée une de ces variations fameuses évoquées plus haut : la route du littoral de Ocean Drive.
Ocean Drive est un oasis, un Ibiza américain. La population de cette avenue est un spectacle en soit : éphèbes bodybuildés, fils de famille friqués et nonchalants, nymphes échappée d’un tournage de film pour adultes, rappeurs blings-blings, touristes à banane, jeunes de banlieue franciliens… Tout ce qui roule et épate se retrouve sur la chaussées et une musique sourde sort à plein tubes de larges décapotables rose bonbon qui avancent au ralentis. Sur les terrasses les daiquiris et mojitos sont servis dans des seaux.
"Tu verras à Miami ce qui est bien c’est le quartier Art-Déco" nous avait-on dit. Et c’est vrai que ce dernier est bien là. Souvent très beau et bien conservé il a parfois subis des outrages. Sur Lincoln road une façade historique des années 20 cache tant bien que mal la méga-structure d’un parking. Ailleurs il est abandonné, partout il a été copié et les bâtiments post ou néo-modernes pullulent.
Plus au nord l’avenue devient un parkway, les densités et les typologies deviennent chinoises, la plage n’est presque plus accessible. Miami Beach est une destination de vacances globale.











dimanche 17 juillet 2011

Calle Ocho : la Little Havana de Miami

Pour certains, Fidel Castro fait figure de bienfaiteur. La ville de Miami aurait même pu prendre le Leader Maximo comme parrain tant la révolution de janvier 59 et les années qui ont suivies ont eu des conséquences positives.
Avec la mise en place de l’embargo, le flux financier important (et parfois douteux) qui irriguait l’île et avait contribué à la transformer en lupanar américain s’est reporté à 90 miles au Nord, dans la région métropolitaine de Miami. Ensuite, en plusieurs vagues mais selon un rythme qui ne s’est jamais tari, une importante immigration cubaine s’est implantée à Miami. Chaque "réfugié" cubain foulant le sol des Etats-Unis étant inexpulsable, la tentation était suffisamment forte pour que quiconque possédait un bateau et était désireux de quitter le pays soit tenté par la (petite) traversée.
Le fonctionnement des villes américaines ainsi que la mise en place de nécessaires réseaux économiques de proximité encourage la création de ghetto dans les villes américaines. A partir des années 60, le regroupement des cubains se fit autour de la South West 8th Street (SW 8th st.) de Miami. Celle-ci reçu le sobriquet de Calle Ocho et le quartier fut désigné sous l’appellation de "Little Havana" (auparavant Shenandoah et Riverside neighborhoods).
La calle Ocho débute à l’ouest du Doxntown Miami et se poursuit rectiligne pendant une petite dizaine de miles. Là-bas elle se perd dans la frange urbaine, les premiers marais puis le parc national (et classé) des Everglades.
Le parc où de vieux messieurs jouent au domino est entourés de restaurants et de boutiques cubaines. Les bâtiments sont bas, les maisons qui débutent un bloc après la rue sont modestes mais souvent bien aménagées.
Plus à l’est les marchands de pneus succèdent aux réparateurs automobiles. De petits motels affichent fièrement leurs atouts : « air conditioning and adult movies ».
Après il y aura une autoroute, des quartiers périphériques agglomérant de façon ordonnées des espaces commerciaux et des alignements de maisons. Plus loin encore, tout contre les marais dont émergent des arbres morts, les surfaces de vente les plus grandes.
S’ouvre ensuite le royaume des alligators et des aéroglisseurs, des moustiques et des mangroves.

En 2011, Little Havana comptait une population hispanique à 98%. La part de la population d’origine cubaine a sensiblement décrue au profit d’autres immigrés d’Amérique du Sud et Centrale (principalement du Nicaragua) qui utilisent à leur tour ce ghetto comme une porte d’entrée.
Les intérêts cubains, parfois les fortunes, se sont déplacées dans des banlieues propres. « They own the city » nous répète-t-on souvent.











Ailleurs en ville, l’histoire latino américaine de Miami continue de s’écrire et l’identité de la ville de s’ancrer toujours d’avantage vers le sud. Quiconque réussi en Amérique latine rêve d’avoir un pied à terre à Miami, quiconque craint les volontés redistributrices de son gouvernement vient mettre à l’ombre sa fortune à Miami. Le marché de l’immobilier reste plus dynamique ici que dans le reste des Etats-Unis : les nouveaux acheteurs viennent du Brésil et du Venezuela.

lundi 4 juillet 2011

Lower Ninth Ward

Le quartier du Lower Ninth Ward appartient logiquement au Neuvième Ward de la Nouvelle Orléans; la désignation "Lower" correspondant à sa plus grande proximité de l'embouchure du Mississipi (plus bas selon le fil de l'eau).
Par extension, ce terme de Lower peut se comprendre de différentes façons, et l'a d’ailleurs souvent été, des épisodes parfois dramatiques de son histoire.
Situé en dessous du niveau de la mer, le quartier n'existe que grâce au système des digues et a été inondé plusieurs fois au cours de son histoire; En 1965 avec l'ouragan Betsie qui ouvrit une brèche dans l'un des murs et plus dramatiquement le 29 août 2005 avec l'ouragan Katrina.
Installé à proximité du Port de la Nouvelle Orléans, le quartier accueillait traditionnellement des dockers et leurs familles. L'adoption des containers dès les années 70 sur le port eu pour conséquence une diminution des emplois induis et une forte augmentation du chômage dans le secteur. Le terme "Lower" pouvant dès lors connoter le niveau de vie plus bas de ce quartier résidentiel majoritairement noir.

Survint donc l'ouragan Katrina. Les vents eux-mêmes ne furent pas à l'origine des destructions. Les brèches qui s'ouvrirent dans les murs et les digues provoquèrent l'inondation de 80% de la ville par le fleuve et par le lac.
La panique qui s'en suivit (retard des ordres d'évacuation, désorganisation des services de police et de pompiers, manque de réaction du gouvernement fédéral) s'accompagna de crimes et délits divers. Les images des habitants les plus pauvres (et souvent noirs)de la ville prisonniers de leur maison en ruine ou entassés dans le Sperdome firent le tour du monde.
Par les débats qu'il a suscités, cet accident a mis en relief plusieurs enjeux.

Les manquements dans l'entretien des digues (conséquences des années de coupes budgétaires diverses conduites depuis les années 80 aux Etats-Unis) et l'absence coupable de réaction du pouvoir exécutif (différents graffitis lus sur les murs de la ville nous font comprendre que George Bush Jr. n'est pas populaire ici) ont illustré les conséquences possibles d'une certaine libéralisation des services publics et de la privatisation des risques. (La gestion de la station de Fukuchima par la société privée Tepco en fournit une autre démonstration.)
La catastrophe Katerina fournit également une référence en termes d'accident global et même d'accident climatique global puisque la violence de la tempête serait en lien avec le réchauffement de l'atmosphère. L'inondation majeure d'importants lieux de peuplement côtiers en étant une conséquence possible (la notion de "réfugié climatique" aurait été inventée ici).

Enfin, l'expérience en cours de la reconstruction de ce quartier est originale et fait figure de référence. A l'origine du projet quelques bonnes fées et une association. Les bonnes fées, rassemblées autour de la figure de l'acteur Brad Pitt, sont de généreux donateurs (évidemment privés) qui ont entrepris d'aider à la reconstruction de ce quartier. L'association fondée à cet effet "Make it Right" s'est ensuite fixé un double objectif : reconstruire à un prix abordable pour les anciens habitants et promouvoir par des conceptions écologiques innovantes l'habitat écologique aux Etats-Unis.
Cette initiative privée et associative venant palier à l'absence de politique globale sur ces sujets.

En ce matin du 4 juillet, la découverte du très calme Lower Ninth Ward suscite des sentiments étranges et mitigés.
La trame viaire de l'ancien quartier a été complètement dégagée et le GPS nous conduit bien sagement jusqu'à la Tennessee St depuis l'avenue Saint Claude et sa double rangée de magasins désaffectés. Le long des rues les installations sont variables, sporadiques et de nouvelles et pimpantes constructions écologiques bordent des habitations survivantes réhabilitées tant bien que mal, des lots vidés plantés de gazon ou des ruines en l'état cachée par la végétation.
Plus on s'éloigne de l'avenue et plus les installations se font rare. Dans les extrémités du quartier les grandes herbes bordent les chaussées défoncées par les racines. La reconstruction est encore partielle.
Dans les parties les plus neuves, le panorama urbain est plutôt riche et mis en valeur par des architectures originales et innovantes. Certaines maisons sont surélévées ou attendent sereinement la prochaine crue via des dispositifs ingénieux (les maisons-bateaux imaginées par Tom Mayne devraient tout simplement flotter autour d'une ossature centrale en béton).
Cet éco-quartier à l'américaine fait ici figure de village d'indien et les saluts amicaux de la population aux différents groupes de promeneurs photographes laissent poindre un début de fatigue.
Si les architectures sont innovantes, le mode d'installation des maisons semble avoir suivi la trame préexistante. Pas de recomposition foncière, pas d'invention d'espaces publics nouveaux (à l'exception d'une aire de jeu pour enfant financée par Kellog's), peu ou pas de jardins sur chacun des lots privés. La typologie du quartier a été reconduite.
Les plantations sont rares et si les grands arbres anciens qui ont résistés aux crues les rues reconstruites n'ont pas reçues de plantations nouvelles.
Pas ou peu d'ombre accueillante en cette chaude matinée.
Dans cette plaine entourée de digues et timidement colonisée par des case-study houses post-climatiques une question inonde l'espace : Fallait-il vraiment reconstruire ici ?







Lien : le beau travail de Cécile Leroux à la Nouvelle-Orléans dans le cadre de la Bourse EDF 2008.

lundi 27 juin 2011

Some Houston Streets









Some shots and first urban glances of Houston's streets. Concrete and asphalt in Upper Kirby and around North Rosslyn Drive.