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vendredi 12 août 2011

Amish County : l'antiurbanisme militant

Choisir d'étudier la ville américaine c'est affronter un paradoxe. Intrinsèquement l'amérique est anti-urbaine. Des Suburbs proliférantes jusqu'au prairie-style, du rôle spécifique de la voiture à la haine républicaine actuelle de la ville et du centralisme cet état d'esprit atteint parfois une dimension idéologique.

Le phénomène Amish, ici dans le conté de Goshen Indiana, en fournit l'expression la plus militante, la plus démonstrative et la plus menteuse.
Les Amish rejettent la société de consommation mais on les croise dans les allées du Wall-mart, ils voyagent en voiture à chevaux mais passent la tondeuse et le rotofil, ils se réfugient dans le ruralisme mais habitent des maisons presque standards et communient à la même vénération de la pelouse parfaitement entretenue.

Les Amish font du commerce et vendent des produits réputés sains à des américains standards qui viennent de très loin. Les Amish n'acceptent pas la carte de crédit. Ici l'on paie cash.




Detroit Eastern Market

Installé sur 6 blocks entre les rues Wilkins, Russell, Winder et Riopelle, le Detroit Eastern Market accueille visiteurs et exposants depuis 1891.
Dédié à l’alimentation, on y trouve légumes frais, fruits, volailles, confitures, miel, fleurs… 40.000 visiteurs s’y pressent chaque samedi matin (et un peu moins le mardi matin) autour de 250 producteurs. L’agriculture locale y est bien représentée : les associations ou les fermes urbaines de Detroit et les agriculteurs du Michigan.
Historiquement géré par la ville de Detroit, il a été confié en 2006 à une association, la Eastern Market Corporation ("a non-profit organisation" dans le texte). Depuis cette date, il a contribué à fédérer les énergies, localement autour du marché et plus globalement dans toute l’agglomération.
La question "Have you been to the market ?" est ainsi le gimmick des acteurs agricoles de Detroit.

Installé sous des halles métalliques classées, le marché est agréable. Les vendeurs sont divers et souriants et les acheteurs semblent très familiers à des habitants de Ménilmontant. : tel jeune père à vélo, lunettes de soleil et barbe de trois jours, ne dépareilleraient pas au marché de la Place d’Aligre avec ses deux enfants blonds juchés sur son vélo et ses paniers débordants de verdure.
La Detroit Youth Food Brigade propose à de jeunes habitants de monter leur propre projet économique. Ce jour là, trois adolescents nous vendent des salades de fruits frais. En amérique, l’aconomie globale et l’entreprise ne sont jamais loin.

Le marché échange les "Food stamps" (bon de nourriture distribué au titre de l’aide sociale par le gouvernement américain) contre des jetons que les vendeurs peuvent encaisser.
Avec la succession des crises économiques, 46 millions d’américains (15% de la population) dépendraient de ces bons. Que les industriels de l’agro-alimentaire ne s’inquiète pas trop, l’Eastern Market n’y suffira pas.





http://www.detroiteasternmarket.com/

jeudi 28 juillet 2011

Brooklyn Boogie / Queens Flushing / Yankees Bronx

Parce que New-York est bien trop grand pour un petit blog urbain (même situé au niveau des USA en entier) voici en quelques aperçus d’autres beaux organes de l’anatomie new-yorkaise

Brooklyn Boogie : où notre borough préféré qui n’est pas sans nous rappeler parfois notre Ménilmontant d’adoption


Queens : parce que le quartier de Flushing acceuille en plus de l’open de Tennis, le deuxième quartier chinois de new-York, que ce dernier va sans doute dépasser le premier dans les années qui viennent et que les meilleurs Dim-sun se dégustent ici.


Le Bronx : qui n’est plus partout le B. et qui a la bonne idée d’accueillir le Yankee Stadium depuis 1923.

dimanche 24 juillet 2011

New-York Island 1 : Rickers Island

Au départ, l’île était la propriété d’une famille d’origine hollandaise. Jusqu’en 1884, la famille Rycken est demeurée propriétaire de ces 1,6 km² de terre plate cis au milieu de l’East river, à mi-chemin des quartiers du Queens et du Bronx.
Vendu à la ville de new-York pour 180.000 dollars l’île a été aménagée en complexe pénitenciaire.
L’île de Ricker’s est depuis cette date la plus grande prison de l’Etat. 8.500 employés (dont 1.500 civils et 7.000 policiers) pour 14.000 détenus et un enfer sur terre pour certaines des personnes qui l’ont fréquentés (un système de bizutage pour les nouveaux détenus étaient apparemment en vigueur, encouragé par certains gardiens, jusqu’en 2007 et était connu sous le nom prometteur de "The program"). Elle a récemment accueilli une personnalité française pour une affaire de moeurs dont vous avez peut-être entendu parler.
Le seul point d’accès se fait par le Queens (au fin fond du Queens) où un pont de 1,3 km permet de rejoindre l’île. A l’entrée des gardiens patibulaire (mais presque) et un signe de 4m de hauteur menaçant de poursuite les visiteurs imprudents qui auraient viendraient en ces lieux avec un appareil photo. C’est douloureux mais on le dit vite, nous nous sommes dégonflés.
Voici les clichés pris depuis les rives du Queens et de l’île de Randall.





samedi 23 juillet 2011

Central Railroad of New Jersey Terminal

Construite en 1889, fermée en 1967 voici la gare centrale (et terminale) des "Railroads of New Jersey".
Connectée par bateau à Ellis Island, elle permit à des millions d’immigrants, à peine débarqué et dument contrôlé de rejoindre leur destination finale. Les lignes de trains étaient installées dans la continuité des débarcadères : une seule grande salle des pas perdus séparaient les docks des quais. Cette gare était une machine à immigrer.
Aujourd’hui abandonnée elle ne transporte plus que des touristes vers Liberty Island. Des arbres poussent sur les quais et c’est très joli.
Dans le métro de New-York, une publicité : un portrait de femme et ce slogan « Born in the Philippines, Proud american. » La machine est cassée mais pas le modèle.



dimanche 17 juillet 2011

Calle Ocho : la Little Havana de Miami

Pour certains, Fidel Castro fait figure de bienfaiteur. La ville de Miami aurait même pu prendre le Leader Maximo comme parrain tant la révolution de janvier 59 et les années qui ont suivies ont eu des conséquences positives.
Avec la mise en place de l’embargo, le flux financier important (et parfois douteux) qui irriguait l’île et avait contribué à la transformer en lupanar américain s’est reporté à 90 miles au Nord, dans la région métropolitaine de Miami. Ensuite, en plusieurs vagues mais selon un rythme qui ne s’est jamais tari, une importante immigration cubaine s’est implantée à Miami. Chaque "réfugié" cubain foulant le sol des Etats-Unis étant inexpulsable, la tentation était suffisamment forte pour que quiconque possédait un bateau et était désireux de quitter le pays soit tenté par la (petite) traversée.
Le fonctionnement des villes américaines ainsi que la mise en place de nécessaires réseaux économiques de proximité encourage la création de ghetto dans les villes américaines. A partir des années 60, le regroupement des cubains se fit autour de la South West 8th Street (SW 8th st.) de Miami. Celle-ci reçu le sobriquet de Calle Ocho et le quartier fut désigné sous l’appellation de "Little Havana" (auparavant Shenandoah et Riverside neighborhoods).
La calle Ocho débute à l’ouest du Doxntown Miami et se poursuit rectiligne pendant une petite dizaine de miles. Là-bas elle se perd dans la frange urbaine, les premiers marais puis le parc national (et classé) des Everglades.
Le parc où de vieux messieurs jouent au domino est entourés de restaurants et de boutiques cubaines. Les bâtiments sont bas, les maisons qui débutent un bloc après la rue sont modestes mais souvent bien aménagées.
Plus à l’est les marchands de pneus succèdent aux réparateurs automobiles. De petits motels affichent fièrement leurs atouts : « air conditioning and adult movies ».
Après il y aura une autoroute, des quartiers périphériques agglomérant de façon ordonnées des espaces commerciaux et des alignements de maisons. Plus loin encore, tout contre les marais dont émergent des arbres morts, les surfaces de vente les plus grandes.
S’ouvre ensuite le royaume des alligators et des aéroglisseurs, des moustiques et des mangroves.

En 2011, Little Havana comptait une population hispanique à 98%. La part de la population d’origine cubaine a sensiblement décrue au profit d’autres immigrés d’Amérique du Sud et Centrale (principalement du Nicaragua) qui utilisent à leur tour ce ghetto comme une porte d’entrée.
Les intérêts cubains, parfois les fortunes, se sont déplacées dans des banlieues propres. « They own the city » nous répète-t-on souvent.











Ailleurs en ville, l’histoire latino américaine de Miami continue de s’écrire et l’identité de la ville de s’ancrer toujours d’avantage vers le sud. Quiconque réussi en Amérique latine rêve d’avoir un pied à terre à Miami, quiconque craint les volontés redistributrices de son gouvernement vient mettre à l’ombre sa fortune à Miami. Le marché de l’immobilier reste plus dynamique ici que dans le reste des Etats-Unis : les nouveaux acheteurs viennent du Brésil et du Venezuela.