Affichage des articles dont le libellé est Landscape. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Landscape. Afficher tous les articles

mercredi 18 juillet 2012

Palos Verdes, quintessence du rêve suburbain ?

Entre Long Beach au Sud et Redondo au Nord, la péninsule rocheuse de Palos Verdes est un autre monde en soit. Cet univers montagneux, qui se termine par des falaises rocheuses tombant à pic sur le Pacifique, offre certaines des plus belles-vues de l'agglomération. Luxuriant, peu traversant, Palos Verdes a expérimenté très tôt les opérations urbaines fermées.

Banham décrivait le lieu en ces termes :
"Au Sud, l'enclave la plus importante est la montagne de Paolos Verdes, dont les paysages si désirables - végétation somptueuse, prairies soigneusement tondues avec vues sur la mer - accueillent les extraordinaires lotissements qui ont pour nom Palos Verdes, Palos Verdes Estate, Rolling Hills et Rolling Hills Estate."
C'est un véritable "art de l'enclave" qui est à l'oeuvre ici.
Ces ensembles déjà anciens ont réintégrés le tissu normal de la ville. L’ensemble immobilier nouveau d' "Ocean Front", non fermé possède toutefois un règlement apparemment strict et son propre personnel de sécurité. Maisons basses, alignées sans esprit sur un site terrassé tout exprès. Contrepoint d'autres expaces montagneux, cet en semble ne correspond-il vraiment à la description de Banham :

"Enfoui toujours plus profondément dans les lacets des routes tortueuses et l'intimité des lauriers, [l'habitat originel des collines], continuera de représenter, pour l'immense majorité de la classe moyenne, la quintessence du rêve suburbain."







Sur la route de corniche, dans un exubérant bouquet d'eucalyptus, la Wayfarer (comme les lunettes) Chapel ressemble à l'église de la chanson California Dreamin'; Cette œuvre tardive de Frank Lloyd Wright n'enlève rien au tableau.

mardi 17 juillet 2012

Los Angeles Ecologie 2 : Beachwood Canyon

Extraits de "Los Angeles: The Architecture of Four Ecologies" par Reyner Banham :

"Je ne partage ni l'optimisme de ceux qui font de [Los Angeles] le prototype de la cité du futur, ni la mélancolie de ceux qui y voient le présage funeste d'une universelle décadence urbaine.
[...]
Quoi que l'homme ait ensuite pu faire subir au climat et à l'environnement de la Californie du Sud, celle-ci demeure l'une des merveilles écologique du monde habitable. Il suffit de verser de l'eau sur son sol léger et quasi-désertique à l'état naturel, pour produire un fac-similé très acceptable du jardin d'Eden. [...] Cette promesse d'un miracle écologique constitue le premier produit commercialisable de de pays - la "terre du printemps éternel.
Mais pour produire un paradis terrestre instantané, il faut ajouter de l'eau, et puis ne cesser d'en rajouter. Sitôt que les ressources locales eurent été exploitées, taries ou polluées, la politique hydrologique devint donc un problème crucial, voire un facteur décisif dans la définition des limites politiques de Los Angeles.
[...]
Bien que le pueblo originel de Los Angeles se soit installé sur les basses terres de la vallée, [...] le mode habituel d'expansion territoriale états-unienne, une maille carrée suceptible de se développer dans toutes les directions, devait fatalement aboutir à la confrontation entre ladite grille et les collines voisines.
[...]
Les flancs de collines à pic exigent une technique de construction peu conforme à ce qui, de plus en plus, est la norme à Los Angeles. qu'il s'agisse du dingbat le plus grossier ou d'une construction très élaborée, la maison des années soixante à Los Angeles est moins souvent le refuge d'un montagnard que le foyer d'un homme des plaines."

En parcourant en fin de soirée le Beachwood Canyon, tout à coté du Hollywood Sign, le monde décrit par Banham semble toujours intact : les collines constituent une ville en soit.
Il est notoire qu'à LA, au niveau de l'habitat, le niveau de revenu se confonde avec la topographie ; l'air frais, l'entre-soit et les jolies vues se payent.
Sans échapper à cette logique, le Beachwood Canyon présente cependant un profil plus varié qu'attendu. Comme dans beaucoup de quartiers favorisés de la ville, une simple cabane peut constituer un bien exceptionnel. L'emplacement et le jardin constituent les seules vraies valeurs immobilières californiennes.







PS :
Au coeur des collines, serpente le mythique Mulholland Boulevard. William Mulholland (1855-1935), à la tête du of Los Angeles Department of Water and Power, a amené l'eau à Los Angeles en créant un réseau d'aqueducs, de rivières arctificielles et de lacs de retenues.
Kazys Varnelis, dans le livre "The Infrastructural City Networked ; Ecologies In Los Angeles" remarquait justement :
"After all, what other city would name its most romantic road after a water-services engineer ?"

vendredi 13 juillet 2012

East Las Vegas

A l’Est de Las Vegas, la ville a atteint les collines. Depuis la bordure de la ville, la topographie de vallée désertique se révèle.
Ici l’immobilier a été durement touché mais pas de trace des quartiers fantômes que l’on nous avaient décris. Comme ailleurs aux Etats-Unis, les chantiers reprennent, l’étalement recommence. Ici, des terrains sont à vendre.





samedi 7 juillet 2012

Grand Canyon Skywalk


"Vous ne pouvez pas paser à côté sans faire un détour !"
Malgré l'immense esprit de sérieux et l'abnégation forcenée qui préside à l'aventure d'Usanatomy depuis bientôt deux ans, nous n'avons su nous dérober à cette injonction.
Détour il y eut donc. Grand Canyon, nous voici.

Si l'on comprend facilement, compte tenu de la proximité de Las Vegas, que la partie Ouest du grand canyon ait été privatisée et que la pratique d'un site naturelle soit désormais marchande, il est difficile d'anticiper l'expérience paysago-technico-ethnico-foraine qu'est la découverte du Grand Canyon West.

Soit donc un site accessible par une piste caillouteuse et poussiéreuse de 20 miles (un "raccourci" mal inspiré nous en fit parcourir 40), soit au milieu du désert une tente gonflable et climatisée, son parking et son aérodrome, soit un personnel "Native american" (le canyon se trouve en territoire Hualapai) et soit un réseau de bus qui transporte les visiteurs autour du canyon.

Au point de rencontre de cette formation géologique incroyable, de cette industrie touristique globale et de cette identité locale folklorisée : le Skywalk construit entre 2004 et 2007 !

Soit une double poutre en porte-à-faux au dessus d'une anfractuosité du canyon (les puriste disent que le surplomb proposé ne correspond pas au 1200 mètres moyens), un plancher et un garde corps de verre (conçus par Saint-Gobain), un site interdit aux appareils photos (mais une photo souvenir peut être achetée), un village indien reconstitué tout à côté et voici sur le site d'Eagle Point, la plus étrange et décalée expérience touristique qui soit.

Le prix : 29.95$




Paolo Soleri's Arcosanti

Suite du blog précédent : "Paolo Soleri's Cosanti".

A 110 km au nord de Phoenix, Paolo Soleri et son groupe ont développé à partir de 1970 un projet d'arcologie à grande échelle : Arcosanti.


Ce laboratoire urbain, entre la superstructure habitée et l'"écovillage" regroupe une communauté intentionnelle, accrochée dans un ravin dans la minuscule ville de Mayer.


Le site officiel d'Arcosanti décrit comment les principes de l'Arcologie sont appliqués ici : "Les bâtiments et le vivant interagissent ici comme des organes le feraient chez un être vivant hautement évolué. De nombreux systèmes fonctionnent de concert avec la circulation efficace des personnes et des ressources, les bâtiments multi-usage et l'orientation solaire qui fournit l'éclairage, le chauffage et le refroidissement des habitations."

Lieu extra-ordinaire s'il en est, ce faisceau au futurisme daté semble s'être encastré un jour dans les roches noires de l'Arizona. En fait sa construction s'est étalée jusqu'à aujourd'hui au gré des chantiers participatifs et des workshops.

L'objectif de départ correspondait à une communauté autonome de 3000 à 5000 habitants.
En réalité, la population varie entre 70 et 120 personnes (le nombre d'étudiants, de chercheurs ou de salariés varie avec le temps) et la productivité agricole ne permet pas l'auto-subsistance (des serres irriguées pas les puits existants sont prévues dans le valon orienté sud mais n'ont pas encore été réalisées).
La communauté est ouverte et accueillante. L'ambiance sur place est vivante et chaleureuse.
Des jeunes discutent dans la cafétéria fraîche et non climatisée. Les tableaux énumèrent les objectifs de la collectivités. Des annonces pour des groupes de discussion libres côtoient des proverbes philosophiques ou les répartitions des tâches.

Ici et là on refait le monde dans le désert. Paolo Soleri ne vit plus à l'année à Arcosanti depuis le départ de ses enfants. Il écrit toujours à Phoenix. Ici les gens sont émus quand ils évoquent ce fondateur de 92 ans.

Nous serions bien resté quelques semaines dans ce vaisseau de béton, à penser l'économie du sol et la densité à 100 km d'une des métropole les moins dense des Etats-Unis. Dans la voiture qui nous amène à Las Vegas, cette histoire d'architectes du désert nous donne à penser.
De Wright à Soleri, et de Soleri à Bruder, la terre de l'Arizona est plus féconde que ce que nous l'imaginions au départ.

Dans le rétroviseur, la carcasse d'Arcosanti nous convainc de l'importance absolue des utopies concrètes et nous confirme leur irrémédiable innocuité.







Extrait wikipédia :
Parmi les bâtiments notables qui existent actuellement à Arcosanti, on trouve un centre d'accueil des visiteurs (qui fait également office de café et de boutique de souvenirs), une abside (un demi dôme) en bronze moulé soigneusement située de manière à capter le maximum de lumière en hiver et le minimum en été, deux voûtes en berceau, une série d'appartements résidentiels disposés autour d'un amphithéâtre extérieur, une piscine publique et la résidence de Paolo Soleri. Le point culminant du complexe est occupé par la "Sky Suite" qui comprend deux chambres disponibles pour les invités désireux de passer la nuit sur place.

mardi 3 juillet 2012

Phoenix : Desert Landscaping

"How do you like the desert so far ?"
La question est récurrente est exprime bien à la mentalité locale.

Phoenix n'est pas une oasis, une interruption humide dans un territoire sec. Bien au contraire la ville  appartient au désert et la présence de celui-ci est aussi bien physique que symbolique.
Des montagnes ("Camel back mountains") interrompent ponctuellement l’étalement et la végétation sub-tropicale aride se retrouve aussi bien autour que dans la ville elle-même.

Pierres volcaniques, cactus, arbuste bas, le concept paysager porte un nom : " le desert landscaping".
Ce goût du sec et de l'aride souffre pourtant une exception notable : la ville compterait plus de golf que n'importe qu'elle autre cité américaine...






lundi 2 juillet 2012

Tucson, Taking measures across the american Landscape

"Taking Measures Across the American Landscape", le livre de Alexander Mc Lean et James Corner a connu dès sa sortie un succès important.
Popularisé auprès des architectes, par Koolhaas dans S,M,L,XL et Mutations le travail du photographe a fourni des images définitives et puissantes aux concepts d'étalement urbain, de territorialisation et d'artificialisation spécifiques à une certaine forme de développement urbain.
Appliqué à l'amérique, il met en question les choix de société, le rapport à la technique, à la nature.
Présentes dans ses livres, les images aériennes des centaines d'avions bombardiers réformés par l'armée américaine ont beaucoup marqué.
Ces avions obsolètes, démilitarisés ou pas attendent d'ultime recyclage à Tucson, dans le désert de l'Arizona.
Autour de la Davis Monthan Air Force Base, nous observons cet après-midi l'étrange cimetière.

Depuis le sol, la concentration est moins lisible mais une sensation physique, presque inexplicable, se dégage de cet horizon de carcasses menaçantes ; un désastre technique, une fin du monde en cours, une apocalypse possible.

Un jour peut-être, ne restera-t-il plus, au cœur du désert sec et chaud du Nevada, que cette flotte colossale de B52, scellés et condamnés ; à tout jamais sans pilotes.







jeudi 28 juin 2012

Austin Barton Springs Pool

Puits artésien connu par les indiens, redécouvert par les espagnols au 17ème siècle, la source naturelle de Barton Springs a toujours attiré les occupants du site de Austin. Protégée et aménagée en lieu de baignade dès les années 40, la source propose été comme hiver une eau cristalline, thermale et à température presque constante (entre 20 et 22°C).
A quelques miles du Downtown, au cœur d'un parc de la "Green Belt" de Austin (le Zilker Park), ce bassin naturel est aussi le refuge d'une faune aquatique protégée.
Le soir, le lieu et presque silencieux et l'expérience de cet espace à la fois naturel et urbain procure un plaisir physique immédiat, un voyage sensoriel rare dans une métropole contemporaine.




vendredi 22 juin 2012

Sea shore at Galveston

Sur l'île de Galveston, on voit la mer.
On voit même plus précisément les eaux sombres du golfe du Mexique et à l'horizon, les super-tankers qui croisent entre les plate-formes pétrolières.
Une voie très large parcours le front de mer; ce n'est pas vraiment une voie rapide mais sa largeur, sa linéarité et les multiples retraits ménagés par le bâti concourent à faire accélérer les voitures.
Côté mer, une mince bande de sable gris, envahie par les algues, est surplombée par une promenade ; pas d'arbres, de rares bancs et une interminable file de véhicules qui stationnent sous le le soleil brûlant.
Côté terre, des bâtiments commerciaux bas, de larges hôtels et quelques complexes balnéaires, dont quelques-uns sont abandonnés, constiuent un front discontinu.
Plus loin, la voie s'éloigne de la côte et des villas sur piloti sont déjà prêtes pour le prochain ouragan.