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dimanche 15 juillet 2012

Los Angeles Ecologie 1 : de "Surfurbia" à Venice Beach

Extraits de "Los Angeles: The Architecture of Four Ecologies" par Reyner Banham :

"Plus que tout autre aspect de la ville, ce que les autres métropoles auraient le plus de raisons d’envier à Los Angeles, ce sont les plages. De Malibu à Balboa, c'est une même plage de sable blanc qui s'étend presque continûment sur pas moins de 115 km. Elle est presque entièrement ouverte au public. [...] Los Angeles demeure la plus grande ville côtière du monde. [...]
Pourtant, [elle] n'est pas une ville côtière classique, c'est-à-dire découverte et conquise depuis la mer : elle a été fondée depuis l'intérieur et a mis très longtemps à devenir un port de quelque importance. A l'époque du chemin de fer, la ville se mit à avancer par bonds vers la mer, établissant tout au long du rivage les agglomérations secondaires qui sont à l'origine de son mode très particulier de croissance polycentrique.  [...]
A Los Angeles, la plage est le seul endroit où les gens se retrouvent sur un pied d'égalité - une franc-maçonnerie des plages qui semble représenter une réelle alternative à la tendance générale au compartimentage. [...]
[La planche de surf] est le premier artefact fonctionnel et symbolique de ces plages, celles où commence l'histoire du surf californien. Comme presque tout le reste, d'ailleurs, c'est encore grâce à la Pacific Electric Railroad que ce sport parvint jusque-là : c'est elle qui dans le but de stimuler les déplacements pendant les week-ends, fit venir en 1907 le pionnier Hiberno-Hawaïen du surf, George Freeth, pour faire des démonstrations à Redondo Beach. [...]
Les planches concrétisent et résument la capacité de Los Angeles à inventer une imagerie stylsitique et à mobiliser pour la produire toute la panoplie des techniques modernes, à la fois visuelles et matérielles."

Venice Beach se trouve presque naturellement au centre du grand linéaire de sable fin décrit par Banham.
A première vue, seule la toponymie distingue les entités qui se succèdent le long du littoral. Ensuite, l'on comprend qu'ici comme ailleurs c'est l'ère d'influence et le mouvement de la population qui contribuent à la fabrique des lieux. La singularité de la "marque" Venice tient donc autant à son site qu'aux quelques tribus qui la pratiquent.

Sur le front de mer piéton, un habitué des lieux explique aux visiteurs d'un jour qui l'accompagnent :
"Here's the beach and all the craziness is over here."

Au bord de l'eau, quelques surfeurs et d’authentiques baigneurs se partagent une large bande de sable. Cet espace ne constitue pas la singularité de Venice. Tout se passe en effet après.

Une piste cyclable longe le sable. Hyper-saturée, un flot coloré de cycles en tout genre la parcourt continuellement.
Le long de la plage, une variété presque infinie d'activités sportives est répartie en autant d'alvéoles thématiques. Depuis le Pier jusqu'à la jetée de Santa Monica, les activités extérieures californiennes s'exposent dans toute leur variété : skate-board, beach-volley, tennis, jeu de paume, body-building, rollers. Autant de pratiques pour autant de profils, de l'adolescent longiligne et agile dans son skate-park jusqu'à l'athlète tatoué sous le panier de basket.
Des constructions diverses constituent le front de mer. Boutiques , villas haut-de-gamme, hôtels, condos neufs, bungalows anciens.


De récentes lois de l'état de Californie ayant légalisé l'usage de la marijuana "médicinale", un business joyeux (et accessoirement mafieux) s'est développé parmi les échoppes qui constituent une partie du fornt de mer.
Dans des boutiques thématiques, des médecins délivrent à qui le demande des prescriptions et fournissent les malades en herbe californienne. (Le récent, et plutôt bon film d'Oliver Stone, "Savages", la décrit d'ailleurs comme la meilleure du monde).

Comme souvent à Los Angeles, les sans-abris sont bien représentés et des silhouettes fantomatiques hantent aussi la bande littorale.

Après la Pacific Ave, un quartier résidentiel cossu s'organise autour de quelques canaux artificiels. Cet ensemble bien connu, qui a donné son nom à la plage, correspond à un projet immobilier ambitieux de 1905.
Cet emplacement exclusif regroupe quelque centaine de maison, bungalows californiens, maison de type néo-coloniale espagnole ou création architecturale contemporaine. Le caractère vénicien s'arrête à la gondole décorative installée sur un rond-point voisin et à l'odeur forte qui s'échappe l'été des canaux peu-profonds.

Le week-end, le quartier accueille un important trafic automobile. Parking et voirie saturée, horde de curieux qui observe depuis leur fenêtres.
Apparemment beaucoup de monde (et même nous) se verraient bien habiter ici.











vendredi 22 juin 2012

Sea shore at Galveston

Sur l'île de Galveston, on voit la mer.
On voit même plus précisément les eaux sombres du golfe du Mexique et à l'horizon, les super-tankers qui croisent entre les plate-formes pétrolières.
Une voie très large parcours le front de mer; ce n'est pas vraiment une voie rapide mais sa largeur, sa linéarité et les multiples retraits ménagés par le bâti concourent à faire accélérer les voitures.
Côté mer, une mince bande de sable gris, envahie par les algues, est surplombée par une promenade ; pas d'arbres, de rares bancs et une interminable file de véhicules qui stationnent sous le le soleil brûlant.
Côté terre, des bâtiments commerciaux bas, de larges hôtels et quelques complexes balnéaires, dont quelques-uns sont abandonnés, constiuent un front discontinu.
Plus loin, la voie s'éloigne de la côte et des villas sur piloti sont déjà prêtes pour le prochain ouragan.


Galveston, Dead City ?

Extrait d'un article en ligne "America’s Ten Dead Cities: From Detroit To New Orleans" 
publié en Août 2010 par le site 24/7 Wall street Wire.

La ville insulaire de Galveston est classée en dernière position sur la liste des 10 villes les plus moribondes des Etats-unis.
A 60 miles de Houston, la ville est le débouché naturel de la ville sur le Golfe du Mexique. Ancien port majeur, ancienne "Sin City" locale, la ville a vu son destin lui échapper ouragan après ouragan.

"A city does not die when its last resident moves away.  Death happens when municipalities lose the industries and vital populations that made them important cities.
The economy has evolved so much since the middle of the 20th Century that many cities that were among the largest and most vibrant in America have  collapsed. Some have lost more than half of their residents. Others have lost the businesses that made them important centers of finance, manufacturing, and commerce.
[...]
Galveston #10
This Texas city was one of the largest ports in the US a hundred years ago. It was also the location of one of the greatest natural disasters in American history. In 1900, a hurricane killed between 6,000 and 8,000 people. In the decades after the hurricane, Galveston became a major tourist center due to its location on the Gulf and proximity to several larger Texas cities. Galveston was also a major military recruitment center during WWII. The cause of Galveston’s demise is unique. It had become something of the Sodom and Gomorrah of the southern US. There was a large gambling industry there, some of it illegal, which was controlled by criminals. In the late 1950s,Texas state authorities successfully attacked local organized crime. The regulated tourist trade could not replace the illegal business. Galveston’s port and hospitality industries had begun to improve, but where trampled by the effects of Hurricane Ike in 2008. The event destroyed a large part of the city’s tax base, and set back the tourism industry once again."

Aujourd'hui, le port s'est spécialisé dans la maintenance des équipements pétroliers. Les plateformes sont visibles depuis la côte, la richesse locale est loin en mer.
L'ancien centre multiplie les bâtiments abandonnés, parfois transformés en lofts (plutôt luxueux d'ailleurs) et quelques bars et boîtes de nuit permettent au secteur de survivre.
Une grande bande de sable gris (assez rare le long de cette côte marécageuse) attire une population joyeuse (On reparlera de la côte un peu plus tard).

Alors, une "Dead City" cette Galveston ?
La proximité de Houston et le monopole du sable blanc la maintient encore sous perfusion.
Touristique elle survit encore et présente ces beaux restes décatis aux foules balnéaires. L'ambiance demeure singulièrement destroy et terriblement décalée : Detroit-les-bains !