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dimanche 12 août 2012

Portland Hipster City : from Hawthorne Blvd to Division St, from Clinton to Alberta St

Weird, non alignée et indépendante, la ville de Portland concentre presque naturellement une importante communauté de "hipsters".
Jeans étroits et chemises à carreaux, grosses lunettes vintages et tatouages discrets, moustache ou barbe pour les garçons, vélo à pignon simple ("fixie") et labtop de chez Apple, le look streetware sage des hipsters de Portland semble tout droit sorti du dernier catalogue d'American Apparel.

Sur la rive Est de la Willamette River, plusieurs rues font figure de lieu de rassemblement.
Dans le très branché "South-East Portland" on retrouve Hawthorne Boulevard, Division Street et  Clinton Street.
Plus au Nord, Alberta Street et Mississippi avenue sont d'autres lieux de rassemblement.



Ces espaces ont de nombreux points communs. Boulevards commerciaux, ils organisent un alignement de commerces et de restaurants branchés sur lesquels s'adossent des quartiers de maisons individuelles. Plutôt pauvres à l'origine, ces quartiers se gentrifient à grande vitesse : nouvelles pratiques pour de nouvelles populations


Sur Alberta Street, un panneau rappelle la cruelle réalité historique qui a contribué au moindre-développement de ces secteurs dans les années 60 et 70 : la pratique de du "red lining" autour des ghettos noirs : "Portland's historic Redline District. In Portland's past, "redlining" practices created exclusionary zones for "Negroes and Orientals," by real estate, banking and insurance companies. Agents could lose their licenses for crossing this color barrier. Now urban gentrification displaces low-income families, as the remaining affordable housing stock in this area disappears."

Ces quartiers, très attrayants, attirent une population importante : de nombreux chantiers de petits immeubles collectifs sont en cours. Ici la gentrification "cool" s'accompagne donc d'une densification.
Café Latte et micro-brasseries sur les terrasses des boulevards, maisons délabrées et fraichement rénovées sur les espaces arrières : la photo instantanée révèlera des quartier mixtes.

Fermez les yeux un instant (ou revenez dans quelques temps) et tout aura changé.








PS : Ces lieux sont définitivement très drôles et très intéressants.
Infos glanés au passage.
Des riverains du Hawthorne Boulevard se sont mobilisés avec succès il y a quelques  années contre la construction d'un restaurant Macdonald's. (José si tu nous lis....)
Le groupe de musique du MarchFourth Marching Band a écrit une chanson,  "Fat Alberta",  sur la gentrification de la Alberta Street.
Les rues de Clinton et de Division possèdent leur propre syndicat d'initiative : la Clinton/Division Business association.


dimanche 15 juillet 2012

Los Angeles Ecologie 1 : de "Surfurbia" à Venice Beach

Extraits de "Los Angeles: The Architecture of Four Ecologies" par Reyner Banham :

"Plus que tout autre aspect de la ville, ce que les autres métropoles auraient le plus de raisons d’envier à Los Angeles, ce sont les plages. De Malibu à Balboa, c'est une même plage de sable blanc qui s'étend presque continûment sur pas moins de 115 km. Elle est presque entièrement ouverte au public. [...] Los Angeles demeure la plus grande ville côtière du monde. [...]
Pourtant, [elle] n'est pas une ville côtière classique, c'est-à-dire découverte et conquise depuis la mer : elle a été fondée depuis l'intérieur et a mis très longtemps à devenir un port de quelque importance. A l'époque du chemin de fer, la ville se mit à avancer par bonds vers la mer, établissant tout au long du rivage les agglomérations secondaires qui sont à l'origine de son mode très particulier de croissance polycentrique.  [...]
A Los Angeles, la plage est le seul endroit où les gens se retrouvent sur un pied d'égalité - une franc-maçonnerie des plages qui semble représenter une réelle alternative à la tendance générale au compartimentage. [...]
[La planche de surf] est le premier artefact fonctionnel et symbolique de ces plages, celles où commence l'histoire du surf californien. Comme presque tout le reste, d'ailleurs, c'est encore grâce à la Pacific Electric Railroad que ce sport parvint jusque-là : c'est elle qui dans le but de stimuler les déplacements pendant les week-ends, fit venir en 1907 le pionnier Hiberno-Hawaïen du surf, George Freeth, pour faire des démonstrations à Redondo Beach. [...]
Les planches concrétisent et résument la capacité de Los Angeles à inventer une imagerie stylsitique et à mobiliser pour la produire toute la panoplie des techniques modernes, à la fois visuelles et matérielles."

Venice Beach se trouve presque naturellement au centre du grand linéaire de sable fin décrit par Banham.
A première vue, seule la toponymie distingue les entités qui se succèdent le long du littoral. Ensuite, l'on comprend qu'ici comme ailleurs c'est l'ère d'influence et le mouvement de la population qui contribuent à la fabrique des lieux. La singularité de la "marque" Venice tient donc autant à son site qu'aux quelques tribus qui la pratiquent.

Sur le front de mer piéton, un habitué des lieux explique aux visiteurs d'un jour qui l'accompagnent :
"Here's the beach and all the craziness is over here."

Au bord de l'eau, quelques surfeurs et d’authentiques baigneurs se partagent une large bande de sable. Cet espace ne constitue pas la singularité de Venice. Tout se passe en effet après.

Une piste cyclable longe le sable. Hyper-saturée, un flot coloré de cycles en tout genre la parcourt continuellement.
Le long de la plage, une variété presque infinie d'activités sportives est répartie en autant d'alvéoles thématiques. Depuis le Pier jusqu'à la jetée de Santa Monica, les activités extérieures californiennes s'exposent dans toute leur variété : skate-board, beach-volley, tennis, jeu de paume, body-building, rollers. Autant de pratiques pour autant de profils, de l'adolescent longiligne et agile dans son skate-park jusqu'à l'athlète tatoué sous le panier de basket.
Des constructions diverses constituent le front de mer. Boutiques , villas haut-de-gamme, hôtels, condos neufs, bungalows anciens.


De récentes lois de l'état de Californie ayant légalisé l'usage de la marijuana "médicinale", un business joyeux (et accessoirement mafieux) s'est développé parmi les échoppes qui constituent une partie du fornt de mer.
Dans des boutiques thématiques, des médecins délivrent à qui le demande des prescriptions et fournissent les malades en herbe californienne. (Le récent, et plutôt bon film d'Oliver Stone, "Savages", la décrit d'ailleurs comme la meilleure du monde).

Comme souvent à Los Angeles, les sans-abris sont bien représentés et des silhouettes fantomatiques hantent aussi la bande littorale.

Après la Pacific Ave, un quartier résidentiel cossu s'organise autour de quelques canaux artificiels. Cet ensemble bien connu, qui a donné son nom à la plage, correspond à un projet immobilier ambitieux de 1905.
Cet emplacement exclusif regroupe quelque centaine de maison, bungalows californiens, maison de type néo-coloniale espagnole ou création architecturale contemporaine. Le caractère vénicien s'arrête à la gondole décorative installée sur un rond-point voisin et à l'odeur forte qui s'échappe l'été des canaux peu-profonds.

Le week-end, le quartier accueille un important trafic automobile. Parking et voirie saturée, horde de curieux qui observe depuis leur fenêtres.
Apparemment beaucoup de monde (et même nous) se verraient bien habiter ici.











samedi 23 juin 2012

"The Heights" Houston

Monter et descendre en voiture le long du Heights Boulevard ; histoire de ne pas quitter Houston sur une mauvaise impression.

Le quartier a été planifié par un entrepreneur privé comme un ensemble résidentiel et paysager dès 1891. Comme le Coral Gables de Miami ou le quartier de Royal Oaks à Houston, le temps et un double principe de sédimentation urbaine et végétale a fait son oeuvre.
Quartier pauvre dans les années 1970, le quartier est aujourd'hui en cours de gentrification. Les maisons sont plus demandées et les prix montent.
Sous les frondaisons, dans le silence de ce quartier arboré, Houston cesse soudain d'être une caricature d'elle-même.



Extrait de la notice wikipédia
"Houston Heights (often referred to simply as "The Heights") is a community located in northwest-central Houston, Texas (USA). "The Heights" is often referred to colloquially to describe a larger collection of neighborhoods adjacent to and including the actual Houston Heights. However, Houston Heights has its own history, distinct from Norhill and Woodland Heights.
[...]
By 1891 millionaire Oscar Martin Carter and a group of investors established the Omaha and South Texas Land Company. The company purchased 1,756 acres (7.11 km2) of land and established infrastructure, including alleys, parks, schools, streets and utilities. When Houston Heights was founded, it was a streetcar suburb of Houston which attracted people who did not wish to live in the dense city. It had its own municipality until the City of Houston annexed the Heights in 1919.
After World War II industrial interests moved into the Houston Heights. Marilyn Bardsley of Crime Library stated that the Houston Heights became "decrepit" and "tired" after World War II.In the 1970s the Houston Heights was considered to be a low income area of the city.
 [...]
Since the 1990s, and similar to other parts of Houston inside the 610 Loop, the Heights has experienced gentrification, a process ongoing to this day, as young highly-paid professionals (many of whom work in Downtown Houston) have flocked to the area, purchasing and renovating some of the historic homes (and demolishing some of them to build newer, upscale housing, much to the dismay of neighborhood preservationists)."

jeudi 21 juillet 2011

Manhattan 2 : La High Line

"Have you been to the High Line Yet ?"
L’aménagement paysager de la High Line, dont la section Sud a été inaugurée le 8 juin 2009 et la section nord le 7 juin 2011, est l’espace phare de l’été caniculaire New-yorkais.
Arpentée à toute heure et photographié par tout ce que New-York compte de Robert Capa amateur, la nouvelle attraction est une réussite. Aménagement très qualitatif réalisé par les agences de James Corner (paysagistes) et Diller Scofidio + Renfro (architectes) la High Line a tout d’une réussite.
Les districts de Chelsea et de Meatpacking en sont tout transformés. Franck Gehry et Jean Nouvel ont planté des tours de verres à proximité et même si ceux-ci ont été mieux inspirés ailleurs, le panorama change à grande vitesse.
L’histoire est bien connue. La High Line d’origine était une infrastructure ferroviaire connectée à la gare de Penn Station qui innervait ce quartier industriel. Le terme "High" vient du fait que celle-ci a été construite en hauteur en 1934 pour remplacer une ligne au sol (datant de 1847) qui avait valu à la dixième avenue le surnom de "Death Avenue" tant la fréquence des accidents était grande. Abandonnée depuis les années 1980 et très fréquentée par les explorateurs urbains des années 90, la ligne a été sauvée in-extremis par des militants au tournant des années 2000.
Dans un article livré en mars 2010 à l’excellente revue Criticat (N°5), Douglas Kremer "montre le rôle que joue cette élégante reconversion dans la mutation dramatique de l’ouest de la ville." Ici aussi, mais que la gentrification est belle.









PS : En août 2012, un avis polémique est paru dans les pages opinion du  New York Times :
"Disney World on the Hudson" par Jeremiah Moss.
Apparemment la high line est victime de son succès et la masse épaisse des touristes estivants l'a prise d'assaut. L'équilibre du quartier en serait bouleversé et les riverains complètement exclus.

Extraits :
"As the High Line’s hype grew, the tourists came clamoring. Originally meant for running freight trains, the High Line now runs people, except where those people jam together like spawning salmon crammed in a bottleneck. The park is narrow, and there are few escape routes. I’ve gotten close to a panic attack, stuck in a pool of stagnant tourists at the park’s most congested points.

Not yet four years old, the High Line has already become another stop on the must-see list for out-of-towners, another chapter in the story of New York City’s transformation into Disney World. According to the park’s Web site, 3.7 million people visited the High Line in 2011, only half of them New Yorkers. It’s this overcrowding — not just of the High Line, but of the streets around it — that’s beginning to turn the tide of sentiment.       
[...]
The New York City Economic Development Corporation published a study last year stating that before the High Line was redeveloped, “surrounding residential properties were valued 8 percent below the overall median for Manhattan.” Between 2003 and 2011, property values near the park increased 103 percent.       
[...]
Within a few years, the ecosystem disrupted by the High Line will find a new equilibrium. The aquarium-like high rises will be for the elite, along with a few exclusive locales like the Standard Hotel. But the new locals will rarely be found at street level, where chain stores and tourist-friendly restaurants will cater to the crowds of passers-by and passers-through. Gone entirely will be regular New Yorkers, the people who used to call the neighborhood home. But then the High Line was never really about them. "