Affichage des articles dont le libellé est Industry. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Industry. Afficher tous les articles

mardi 21 août 2012

Boeing Everett Factory

C'est depuis la Boeing Freeway qu'on l'aperçoit d'abord. Haut et long, le bâtiment est imposant.
La voiture roule et le bâtiment défile. Encore et encore la voiture roule et la structure semble ne pas avoir de fin.
Des portes colossales s'ouvrent sur ce hangar gigantesque. Des Dreamliner tout neufs pointent leur nez sous leur emballage vert. Le ventre d'acier n'a pas encore accouché de ces 787.
Ils n'ont jamais volé mais impressionnent déjà.

L'usine Boeing de Everett (la Boeing Everett Factory) multiplie les superlatifs.
Ce plus grand volume couvert au monde occupe la superficie de 75 terrains de football. 900 mètres de long, 450 mètres de large ce bâtiment posséderait son propre micro-climat. Dans le colossal  volume (jusqu'à l'amélioration du système de ventilation) des nuages se formaient et des averses naturelles se déclenchaient parfois. Cette usine représente l'équivalent de 4 fois l'usine d'assemblage d'Airbus à Toulouse.

38.000 ouvriers se relaient 365 jours par an et 24 heures par jour le long des 4 chaînes de montage.
Un système de tunnels permet de circuler sous la structure.
La majeure partie des assemblages sont réalisés à la main sur des plateformes de montage qui avancent au cours des étapes de la fabrication. Des étagères sur roulette supportent trois niveaux de bureaux superposés : une colonie de technicien, et autant d'écrans translatent sans interruption pour contrôler toutes les étapes de la fabrication.
Au plafond, sous les éclairages qui jamais ne s'éteignent, des grues assurent cahcune des opérations de levage.

Le nouveau Dreamliner sort ces jours-ci des chaînes de montage. Avion en carbone, léger et économe il oppose sa souplesse et sa polyvalence au gigantisme assumé de l'A380.

Avec une quantité de pièce approchant les 400.000, il serait l'objet manufacturé le plus complexe au monde.

Le premier client All Nippon Airways a reçu le premier appareil le 25 septembre 2011.

Un musée de l'aviation permet de connaître un peu de l'histoire de la marque. Une grande terrasse permet d'observer les vols d'essais sur l'aéroport public tout proche. L'usine se visite en groupe et il est interdit d'y prendre la moindre photo (secret industriel oblige).
A la fin de la visite le guide nous conseille. "Next time on a flight, ask about the plane and say : If it's not Boeing, I'm not going."
Corporate.







vendredi 27 juillet 2012

Made in Los Angeles : le Fashion District

"Made with pride in Downtown LA"
l'étiquette de votre sweat-shirt préféré détonne en ces temps d'externalisation de la production dans les secteurs à bas coûts de production.

Crée en 1998 par Dov Chaney (canadien, né en 1969), implantée dès son origine dans le Fashion District de Los Angeles, la société American Apparel constitue un succès commercial radicalement à contre-temps. Considérée comme éthique (refusant le recours aux "sweatshops" - atelier de misère, offrant une protection sociale élargie à ces salariés, utilisation bientôt généralisée de coton bio, minimisation des ressources en énergie au niveau de la production), la marque s'est développée en moins de 20 ans pour entrer à la 308ème place dans la liste des 500 entreprises américaines à forte croissance.
Des habits multicolores et séduisants (résistant il est vrai assez mal au lavage), une usine colossale au coeur du Fashion district de Los Angeles et un "Flea Market" lancé pour l'été avec des promesses de soldes à -90%, il n'en fallait pas plus pour que nous fassions (avec beaucoup d'abnégation) le détour.

Le quartier de Fashion District regroupe des entrepôts sur une surface d'environ 90 blocks au Sud du Downtown. Ce centre de l'industrie textile pour la côte ouest américaine regroupe des ateliers, des centres d'import-export vers l'amérique du sud, des vendeurs de mode de détail et de gros et selon certains une industrie importante de la contrefaçon.
Une importante communauté latino anime le quartier pendant le jour. Le soir le secteur se vide. Vers 20h, les derniers employés attendent le bus qui les ramènera vers leur lointaine banlieue et les sans-abris cosntitient les seules présences visibles.

L'usine d'American Apparel, installée dans trois magnifiques entrepôts des années 40, demeure éclairée. Le fronton ambitieux parle d'une "industrial révolution" en cours.
La délégation américiane aux JO a défilé lors de la cérémonie d'ouverture dans de magnifiques costumes Ralph Lauren cousus en Chine (ce qui a provoqué une polémique aux Etats-Unis).
Rien n'est donc très sûr.








lundi 16 juillet 2012

Los Angeles Harbor

Composante obligatoire de toute ville globale, le port de Los Angeles est le premier port américain en volume (16ème mondial) : 3000 ha, 69 km de quai et 16.000 travailleurs pour 8 millions de containers gérés annuellement.
La ville de plaine décrite par Banham, presque accidentellement entrée en collision avec les collines et le Pacific est tout de même dotée d'une infrastructure maritime globale.
Installé à cheval sur les districts de San Pedro et de Long Beach, le port est à 32 km du Downtown (20 mi). Les voies nord-sud principales, un réseau de fret important et une ligne de métro le rejoignent.
Cet axe à grande échelle correspond à un tracé historique et technique, cardinal dans la construction de Los Angeles.

Sans surprise, l'amoureux des ports qu'est Jean Rolin a décrit l'atmosphère improbable de ce lieu dans son livre "L'enlèvement de Britney Spears", entre solitude humaine et hyper-activité machiniste.

Extrait d'un article du Monde Magazine du 30 juillet 2011 :
" Au sud d’Imperial/Wilmington, dans la direction de Long Beach, la ligne bleue du métro, tantôt surélevée et tantôt au niveau du sol,traverse des quartiers dont la composition sociale ou ethnique est assez voisine de celle d’Athens. Dans la rame, il arrive que les Afro-Américains l’emportent par le nombre sur les Hispaniques, mais ces derniers reprennent rapidement le dessus. Et c’est également de leur communauté, sauf exception, que proviennent les vendeurs (ou les vendeuses) ambulants de barres chocolatées et d’autres douceurs. A partir d’Artesia, alors que la voie longe un canal que les cartes désignent comme la Compton Creek, et plus encore à partir de Del Amo, alors qu’elle se dispose à franchir la rivière de Los Angeles, toute proche désormais de son embouchure, les signes d’une importante activité portuaire se multiplient, sous la forme principalement de parcs où les conteneurs sont empilés par centaines, et de trains ou de camions destinés au transport de ces derniers. Puis la ligne bleue pénètre dans Long Beach et le paysage s’embourgeoise,se banalise,jusqu’à cette sorte d’apothéose que constitue, à l’approche du terminus de Transit Mall, l’apparition furtive, entre deux blocs d’immeubles, de deux des trois cheminées du paquebot Queen Mary, ou de son fantôme muséifié, amarré sur la rive opposée de Queensway Bay.
Et c’est ici que les choses sérieuses commencent. Car la ligne de bus, on ne peut plus locale, que nous allons emprunter maintenant – la CE 142 – présente la particularité de survoler sur toute leur étendue les installations portuaires contiguës de Long Beach et de Los Angeles – à elles deux, le premier port des Etats-Unis. Le CE 142 se prend sur First, au pied de l’immeuble « Primes », à raison d’un départ toutes les demi-heures à destination de San Pedro/Ports O’Call. Peu avant l’appareillage du bus de 11 heures, une dame formidablement obèse emprunte dans un fauteuil roulant la rampe d’accès à bord. Autrement, la clientèle est au départ clairsemée, pluriethnique et sensiblement plus âgée que dans la plupart des moyens de transport public que nous avons fréquentés jusqu’à présent. Quant au spectacle ménagé par le trajet du 142, il commence presque aussitôt, dès que, après avoir traversé la rivière de Los Angeles, Ocean Boulevard – qui deviendra Seaside Avenue à mi parcours – s’élève pour franchir, sur le Gerald Desmond Bridge, le chenal réunissant deux bassins du port de Long Beach. Et de nouveau nous voici confronté à quelque chose qui décourage toute description : le minéralier assisté par des remorqueurs en train de pivoter sur lui-même dans le bassin d’évitage, le navire de guerre à la silhouette indécise se profilant à l’entrée du Long Beach Main Channel, les porte-conteneurs en opération alignés le long des quais de Terminal Island. Tout cela vu à travers les vitres sales d’un autobus chargé principalement de vieillards, certains obèses, et tressautant, vibrant, au rythme frénétique – c’est une tendance générale à Los Angeles, pourvu que la route soit libre – que lui imprime une conductrice noire au demeurant très calme et d’humeur bénigne. Le comble de la beauté, et la visibilité maximale sont atteints dans le fort dénivelé qu’accuse Seaside Avenue dans l’attaque du Vincent Thomas Bridge, ce pont si élevé qu’il semble avoir été conçu à l’échelle de navires d’une taille inédite, tels qu’il en existera peut-être dans dix ans si l’économie mondiale, et celle en particulier de la Chine, ne s’est pas effondrée entre-temps.
11 h 30. Le 142, après avoir traîné un moment dans San Pedro pour laisser aux passagers le temps de se remettre de leurs émotions, termine sa course sur le parking désert de Ports O’Call.
L’un des grands côtés de ce parking donne sur un bassin le long duquel sont amarrés des bateaux apparemment gréés pour la pêche au thon, dont la saison n’ouvre que dans deux mois.
Normalement, commente un vieux Mexicain, ou présumé tel, occupé à repeindre le plat-bord du Santa Maria, les bateaux devraient sortir ces jours-ci pour le calmar, mais les températures élevées qui règnent depuis quelque temps ne seraient guère propices à ce dernier. Un rapide tour d’horizon permet de constater que la plupart des bateaux présents dans ce bassin, au milieu duquel se prélassent trois otaries, portent des noms hispaniques, même si l’on remarque aussi un Sea Venture ou un Midnight Hour. En retrait du bassin se dresse un bâtiment isolé abritant un bistrot, Utro’s at the Wharf, dont l’entrée est surmontée d’une banderole le désignant comme le « Home of the Proudest People on the Coast » (« maison des gens les plus fiers de la côte »). Pour s’autocélébrer de cette façon, il n’y a guère que les dockers, ou à la rigueur les pêcheurs. La décoration d’Utro’s, à l’intérieur,ne fait que confirmer cette impression :à côté d’énormes poissons empaillés, on remarque quantité d’objets et de photographies évoquant les grandes heures du travail sur les quais, puis le déclin de celui-ci. Dans l’ensemble, il règne chez Utro’s une atmosphère, à la fois prolétarienne et patriotique, assez sympathique, un peu nostalgique, et que seul un esprit étroit pourrait flétrir comme «populiste». La bannière étoilée déployée au-dessus du comptoir, le « Flag of Honor », inclut une liste des victimes du 11-Septembre. Elle voisine avec un portrait d’Harry Bridges, ce leader syndicaliste, d’origine australienne, qui dans les années 1950 fut inquiété par la commission des activités antiaméricaines pour son appartenance supposée au Parti communiste, et qui quinze ans plus tard organisa avec un certain succès, plus subtilement que ses camarades de la façade atlantique, la résistance des dockers de la Côte ouest à la « conteneurisation » et aux pertes d’emplois qu’elle entraînait.
Ce combat d’Harry Bridges, par la souplesse dont ce dernier sut faire preuve dans des circonstances difficiles, n’est pas complètement étranger à l’actuelle prospérité, liée aux échanges avec l’Asie, des deux ports jumeaux de Los Angeles et Long Beach.
De cette prospérité, ou au moins de l’activité qu’ils déploient, on prend la mesure en empruntant, au sortir de chez Utro’s, l’itinéraire désigné comme « tsunami evacuation route » et débouchant dans Signal Street. Enfin, c’est une façon de parler, puisque de part et d’autre de celle-ci ne s’étendent que des hangars désaffectés et des citernes mangées par la rouille. Mais si l’on pousse un peu plus loin, jusqu’à la station de pilotage du port de Los Angeles, on découvre sur la rive opposée, outre une prison maritime, des alignements à n’en plus finir de portiques géants en train de charger ou de décharger des conteneurs.
Et si l’on pousse encore un peu plus loin, au risque de se faire rappeler à l’ordre, en contournant le hangar n° 1 on tombe sur cette inscription recouvrant une grande partie du côté qu’il présente à la mer : « Welcome to the port of Los Angeles ».








jeudi 11 août 2011

Russell Industrial Center

Russell Industrial Center :
Usine de 200.000 m² construite en 1915 et dessinée par Albert Kahn, principalement dédiée à la construction de pièces automobiles, brièvement à l’assemblage d’avions de combat pendant la seconde guerre mondiale, abandonnée en 1998 et reprise en 2003 par Dennis Kefallinos, investisseur privé qui la transforme en ateliers d’artistes, lofts, commerces ou activités « créatives".
La réhabilitation a été faîte à minima, les commerces du "Russel Bazaar" sont sommaires (dont un coiffeur inoubliable), les lofts spartiates mais l’existence même d’un tel lieu change l’ordinaire de Detroit. La ville connaît encore les sens des mots dynamisme et potentiel.