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dimanche 8 juillet 2012

Hoover Dam

Un autretrou signifiant de l'identité américaine, oeuvre technique et politique cette fois : le Hoover Dam.

Plus grand barrage du monde à sa construction, il est aujourd'hui le plus grand du "western hemisphere" (à savoir que les barrages d'Assouan en Egypte et des Trois Gorges en Chine ont placés la barre plus haute).
Œuvre présidentielle du grand président Roosevelt, il fut baptisé du nom de son prédécesseur.
La décision était effectivement antérieure mais seule la politique économique volontariste de FDR permit sa réalisation.
Haut de 220m, large  de 200 m à la base, composé de plus de 2 millions de mètres cubes de béton, sa construction s'est étalée entre 1931 et 1936.
Il canalise et distribue les eaux du Colorado sur une grand partie du territoire américain.
Sans le Hoover Dam, pas de Phoenix, pas de Las Vegas et pas de Los Angeles.
Avec son style Art-Déco, des extérieurs dessinés par Gordon Kaufmann et les statues de Oskar Hansen se détachant sur le sol martien du désert, il est en plus très beau.






mercredi 4 juillet 2012

Scottsdale's Water front

Scottsdale, cité de 220.000 habitants à l'est de Phoenix.
Riche, touristique et commerciale, cet ensemble urbain correspond assez bien au concept de "Edge City".
Indépendante juridiquement, périphérique et à forte croissance, Joel Garreau (à l'initiative du concept) l'a d'ailleurs identifiée en 1991 dans sa liste des Edges Cities.
Manquant visiblement de structure urbaine, la ville a entrepris de reconquérir le canal qui la traverse.
Les canaux d'irrigation, vitaux et centraux dans l'histoire urbaine de l'Arizona, ont en effet été oublié. Les urbanités s'en sont détournées. Ce premier réaménagement est donc une reconquête, incertaine.
Autour d'un centre commercial important (géré par Galleria) des programmes mixtes ont été lancés. Résidences de luxe, ensembles commerciaux "créatifs" ou "alternatifs".
Un article du The New York Times aurait décrit le downtown de Scottsdale comme "a desert version of Miami's South Beach, having plenty of late night partying and a buzzing hotel scene".
Il est encore permis d'en douter.








PS : a noter l'ensemble immobilier surprenant de Camel View Village par David Hovey du groupe optima. Une superposition à trois dimensions de grands plateaux libres, des balcons et des terrasses superposées de façon aléatoire comme autant de cascades vertes. Un grand îlot poreux qui n'est pas sans rappeler les architectures de l'ami Christophe Rousselle.




lundi 2 juillet 2012

Phoenix by Edward Abbey : "The blob that ate Arizona"

Edward Abbey ne portait pas Phoenix dans son cœur.
Pour ce poète américain fasciné par le désert et les grands espaces de l'ouest la ville tenait lieu de l’aberration.  A sa naissance en 1927, la ville comptait moins de 40.000 habitants.

Cette citation extraite de son livre "Désert Solitaire", en 1971, tenait déjà lieu de la mise en garde :
"De l’eau, de l’eau, de l’eau…. Il n’y a pas de pénurie d’eau dans le désert, l’eau y est présente exactement dans la quantité qu’il faut, […]. Ici l’eau ne manque pas, sauf si vous essayez de bâtir une ville là où nulle ville ne devrait se trouver."
La ville de Phoenix comptait 600.000 habitants, (1 million dans l'aire métropolitaine).

En 1982, l'agglomération de 1,6 millions d'âmes lui inspirait ceci :
 "Phoenix, Arizona: an oasis of ugliness in the midst of a beautiful wasteland." (in "Down the River")

A sa mort en 1989, le chiffre avait atteint 2,2 millions.
Aujourd'hui Phoenix est la 6e ville américaine (1,4 millions) et son agglomération regroupe 4,5 millions d'habitants.

Le rapport à l'eau, avant même la fondation de la ville, détermine les établissements humains sur le site.


Installée au cœur du désert de Sonora, la ville s'inscrit dans une région extrêmement aride et violemment chaude ; la température moyenne ne descend jamais sous 12°C même s'il peut geler la nuit en hiver et le thermomètre dépasse les 38°C pendant au moins 3 mois de l'année, pendant notre séjour il faisait 45°C.
Les précipitations sont faibles mais des ressources en eaux existent. Au pied des White Tank Moutains, le site est traversé au printemps par des torrents qui provoquent même ponctuellement des inondations partielles.
La domestication de ce flux hydraulique, entamé par les indiens, trouva son point d'achèvement dans les grands travaux des années 30. La canalisation à grande échelles des eaux dans le Sud-Ouest américain permis à Phoenix de se développer d’abord grâce à l'agriculture.
L'extrême ensoleillement, et le caractère salubre de son air sec attira ensuite des populations saisonnières (malades, riches vacanciers, retraités) qui s'y installèrent pour profiter de ses doux hivers.
Aujourd'hui la ville a abandonné le secteur primaire et axe son développement sur le tourisme, ses universités renommées et des secteurs industriels de pointe.

L'étalement, l'extrême banalité et l'esprit anti-urbain radical de la ville fournit une seconde clé de compréhension du phénomène urbain de Phoenix.
Ainsi, Les titanesques efforts qui permirent l'installation humaine sur le site n'ont pas généré un mode d'établissement économe : étalement, aberrations énergétiques sont les plaies de son développement.
Sous le concept de "villages urbains" des municipalités périphériques ont ainsi développé des "produits" urbains de niche très attractifs à l'échelle nationale. Aux lisières de la ville le mouvement de dilatation du "blob" peut se lire facilement. Les cactus recule, suburbia avance.