jeudi 7 juillet 2011

Hartsfield-Jackson : Airport City ?

Une histoire drôle circule dans le du sud des Etats-Unis « lorsque l’on meurt, que l’on aille en enfer ou au paradis, la correspondance se fait toujours à l’aéroport d’Atlanta ».
A 7 miles (11 km) au sud de la ville d’Atlanta, l’aéroport international Hartsfield-Jackson est en effet le plus grand aéroport des Etats-Unis par la taille et le plus grand du monde pour son trafic passager. Base de la compagnie Delta, il gère 88 millions de mouvement de passager par an.
A l’intérieur d’un boulevard circulaire, le "Airport Loop" et bordé par deux autoroutes (I-85 et I-285), une colossale surface, très largement circulable et très localement bâtie, permet de gérer quantités de mouvements et d’interaction : 5 pistes, deux terminaux, un métro rapide relié au centre-ville, un métro automatique interne, des nappes de parkings, des hangars à avions, un terminal pétrolier, une zone logistique, …
L’intense activité de cette coquille pleine tranche sensiblement avec le vide sidéral de son environnement. Le balai incessant des avions ne semble pas générer le moindre flot de passager à l’extérieur de la structure. Les parkings sommeillent.
Pris dans l’enfer de leur correspondance, les passagers circulent essentiellement sous terre entre les différents satellites ne connaissant souvent rien de la Georgie et de cet environnement de collines boisées et luxuriantes.
Autour de l’aéroport, le contexte économique et commercial ne sembla pas dépasser l’échelle de sa localité : un environnement suburbain presque typique. Le hub* aérien n’a donc pas accouché d’une hub-city.
L’aéroport d’Atlanta est une formidable machine à se déplacer, rien de plus, rien de moins.











* Source Wikipédia : "Le terme hub (de l'anglais hub airport) désigne un concept commercial développé aux États-Unis par les compagnies aériennes nationales américaines à la fin des années 1980. Un aéroport est choisi par une compagnie pour y faire transiter une partie notable de ses vols et y assurer des correspondances rapides et garanties."

mercredi 6 juillet 2011

Montgomery Alabama

Route brûlante et départ de la Nouvelle Orléans. Louisiane puis Mississippi et arrivée en Alabama.
Pas de bus dans les rues de Montgomery en cette après-midi du 06 Juillet 2011.
Effet tardif du boycott de Rosa Parks* où conséquence logique de la dissolution des activités dans cet ex centre-ville ?
L’externalisation systématique des commerces et logements des villes américaines a ici aussi opéré. Dans ce centre déserté la maison blanche des confédérés, éphémère lieu de pouvoir pendant la guerre de Sécession, jouxte paisiblement le mémorial Martin Luther King.
Et même si Celui-ci a été la cible d’un attentat en 1987 et que le drapeau confédéré n’a été décroché du capitole de Montgomery qu’en 1993, en cette fin d’après-midi calme et brulante, la société post-raciale décrite par Barrack Obama pendant sa campagne fait ici aussi figure de possibilité.



* Source Wikipedia :
Rosa Parks est devenue célèbre le 1er décembre 1955, à Montgomery (Alabama) en refusant de céder sa place à un passager blanc dans un bus. Arrêtée par la police, elle se voit infliger une amende de 15 dollars le 5 décembre ; elle fait appel de ce jugement. Un jeune pasteur noir inconnu de 26 ans, Martin Luther King, avec le concours de Ralph Abernathy, lance alors une campagne de protestation et de boycott contre la compagnie de bus qui dura 381 jours. Le 13 novembre 1956, la Cour suprême casse les lois ségrégationnistes dans les bus, les déclarants anticonstitutionnelles.

mardi 5 juillet 2011

Garden District New Orleans

Le District Garden de la nouvelle Orléans constitue un exemple de ce qu'aurait pu devenir le Lower Ninth Ward en termes de paysages et de végétalisation.
Cette partie de la ville a été développée sur d'anciennes plantations sous la forme d'un lotissement jardins. Ce programme immobilier spéculatif construit entre 1832 et 1900 développait des architectures de maisons dans de grands jardins. Même si l'ensemble a été densifié par la suite il constitue l'une des plus belles collections d'architectures sudistes des Etats-Unis dans un ensemble paysager inscrit à l'inventaire du National Historic Landmark.
Le quartier est incroyablement beau.
Il s'agit d'un des rares quartiers majoritairment blanc de la ville.






Lien Wikipedia

lundi 4 juillet 2011

Lower Ninth Ward

Le quartier du Lower Ninth Ward appartient logiquement au Neuvième Ward de la Nouvelle Orléans; la désignation "Lower" correspondant à sa plus grande proximité de l'embouchure du Mississipi (plus bas selon le fil de l'eau).
Par extension, ce terme de Lower peut se comprendre de différentes façons, et l'a d’ailleurs souvent été, des épisodes parfois dramatiques de son histoire.
Situé en dessous du niveau de la mer, le quartier n'existe que grâce au système des digues et a été inondé plusieurs fois au cours de son histoire; En 1965 avec l'ouragan Betsie qui ouvrit une brèche dans l'un des murs et plus dramatiquement le 29 août 2005 avec l'ouragan Katrina.
Installé à proximité du Port de la Nouvelle Orléans, le quartier accueillait traditionnellement des dockers et leurs familles. L'adoption des containers dès les années 70 sur le port eu pour conséquence une diminution des emplois induis et une forte augmentation du chômage dans le secteur. Le terme "Lower" pouvant dès lors connoter le niveau de vie plus bas de ce quartier résidentiel majoritairement noir.

Survint donc l'ouragan Katrina. Les vents eux-mêmes ne furent pas à l'origine des destructions. Les brèches qui s'ouvrirent dans les murs et les digues provoquèrent l'inondation de 80% de la ville par le fleuve et par le lac.
La panique qui s'en suivit (retard des ordres d'évacuation, désorganisation des services de police et de pompiers, manque de réaction du gouvernement fédéral) s'accompagna de crimes et délits divers. Les images des habitants les plus pauvres (et souvent noirs)de la ville prisonniers de leur maison en ruine ou entassés dans le Sperdome firent le tour du monde.
Par les débats qu'il a suscités, cet accident a mis en relief plusieurs enjeux.

Les manquements dans l'entretien des digues (conséquences des années de coupes budgétaires diverses conduites depuis les années 80 aux Etats-Unis) et l'absence coupable de réaction du pouvoir exécutif (différents graffitis lus sur les murs de la ville nous font comprendre que George Bush Jr. n'est pas populaire ici) ont illustré les conséquences possibles d'une certaine libéralisation des services publics et de la privatisation des risques. (La gestion de la station de Fukuchima par la société privée Tepco en fournit une autre démonstration.)
La catastrophe Katerina fournit également une référence en termes d'accident global et même d'accident climatique global puisque la violence de la tempête serait en lien avec le réchauffement de l'atmosphère. L'inondation majeure d'importants lieux de peuplement côtiers en étant une conséquence possible (la notion de "réfugié climatique" aurait été inventée ici).

Enfin, l'expérience en cours de la reconstruction de ce quartier est originale et fait figure de référence. A l'origine du projet quelques bonnes fées et une association. Les bonnes fées, rassemblées autour de la figure de l'acteur Brad Pitt, sont de généreux donateurs (évidemment privés) qui ont entrepris d'aider à la reconstruction de ce quartier. L'association fondée à cet effet "Make it Right" s'est ensuite fixé un double objectif : reconstruire à un prix abordable pour les anciens habitants et promouvoir par des conceptions écologiques innovantes l'habitat écologique aux Etats-Unis.
Cette initiative privée et associative venant palier à l'absence de politique globale sur ces sujets.

En ce matin du 4 juillet, la découverte du très calme Lower Ninth Ward suscite des sentiments étranges et mitigés.
La trame viaire de l'ancien quartier a été complètement dégagée et le GPS nous conduit bien sagement jusqu'à la Tennessee St depuis l'avenue Saint Claude et sa double rangée de magasins désaffectés. Le long des rues les installations sont variables, sporadiques et de nouvelles et pimpantes constructions écologiques bordent des habitations survivantes réhabilitées tant bien que mal, des lots vidés plantés de gazon ou des ruines en l'état cachée par la végétation.
Plus on s'éloigne de l'avenue et plus les installations se font rare. Dans les extrémités du quartier les grandes herbes bordent les chaussées défoncées par les racines. La reconstruction est encore partielle.
Dans les parties les plus neuves, le panorama urbain est plutôt riche et mis en valeur par des architectures originales et innovantes. Certaines maisons sont surélévées ou attendent sereinement la prochaine crue via des dispositifs ingénieux (les maisons-bateaux imaginées par Tom Mayne devraient tout simplement flotter autour d'une ossature centrale en béton).
Cet éco-quartier à l'américaine fait ici figure de village d'indien et les saluts amicaux de la population aux différents groupes de promeneurs photographes laissent poindre un début de fatigue.
Si les architectures sont innovantes, le mode d'installation des maisons semble avoir suivi la trame préexistante. Pas de recomposition foncière, pas d'invention d'espaces publics nouveaux (à l'exception d'une aire de jeu pour enfant financée par Kellog's), peu ou pas de jardins sur chacun des lots privés. La typologie du quartier a été reconduite.
Les plantations sont rares et si les grands arbres anciens qui ont résistés aux crues les rues reconstruites n'ont pas reçues de plantations nouvelles.
Pas ou peu d'ombre accueillante en cette chaude matinée.
Dans cette plaine entourée de digues et timidement colonisée par des case-study houses post-climatiques une question inonde l'espace : Fallait-il vraiment reconstruire ici ?







Lien : le beau travail de Cécile Leroux à la Nouvelle-Orléans dans le cadre de la Bourse EDF 2008.

dimanche 3 juillet 2011

New Orleans Back Yard

Le French Quarter à son envers et les 400.000 habitants de la "Big Easy" ne se résument pas à cet Orléans tropical et vaudou où trompette encore ici et là le blues sirupeux et entêtant du Sud.
Enserrée par l'eau, la survie de la ville dépend d'un système complexe de digues et de murs anti-crues qui la protègent du Mississipi, du Lac Pontchartrin et plus loin des bayous et de la mer.
Ce réseau technique se combine aux franges de la ville aux différentes zones portuaires (NO est le 5ème port des Etats-Unis), à des complexes industriels en souffrance ou des chantiers navals à l'arrêt.
Les digues encerclent également des quartiers périphériques dont certains ne se sont pas remis de l'épisode Katerina en 2005.
Ce "backyard" de la nouvelle Orleans ressemble par certains points aux aires incertaines d'autres villes américaines mais possède un caractère propre. Celui de la menace des éléments et des bouleversements climatiques à venir.
Aux portes du quartier historique le CBD paraît fantomatique.
La ville a perdu 30% de sa population depuis 2005.

New Orleans Front Yard

New Orleans, Louisiana.
Installée le long d'une boucle du Mississipi, la "Crescent city" présente à ses visiteurs un front yard assez enviable : patrimoine et folklore confondus dans la même allégorie d'un pourrissement joyeux.
Le quartier français mondialement connu est bien là (relativement bien conservé et épargné par les différents cyclones) et fait fonctionner à plein une florissante activité touristique. Dans sa partie Ouest, il se densifie brutalement pour rejoindre le CBD au niveau de Canal Street. Des années 30 à 70, une série de bâtiments hauts ont été greffés sauvagement sur le vieux carré dans la dialectique souple des villes anglo-saxonnes. Certaines juxtapositions pourraient se situer à Londres ou à New-York.
La vie nocturne tant vantée est là aussi en ce long week-end de l'indépendance. Le soir sur Bourbon Street, les bars débordent sur les trottoirs et de languissantes aguicheuses interpellent le passant : "No cover show", "Barely Legal", "For two drinks, get one free".
Tout le monde est noir (ou ceux qui ne le sont pas sont obèses et mangent des glaces). Tout le monde est ivre (et ceux qui ne le sont pas le seront peut-être bientôt).
Le matin la ville fleure les effluves post-alcoliques et le verre cassé crisse sous les pas.



Album ici

Houston to New Orleans

En chemin dans le plat pays... pétrolier.

samedi 2 juillet 2011

Buffalo Bayou

La rivière Buffalo, qui prend sa source à l'ouest de Houston, traverse la ville en ceinturant le Downtown, et termine sa course dans le port, a longtemps été une rivière oubliée.
Plusieurs initiatives plus ou moins récentes ont contribué à sa redécouverte. Environnementale, ludique, dépollutive, immobilière, universitaire, ces actions ne semblent pas avoir été concertées et le résultat de cette somme de bonnes volontés, mêmes focalisées sur un même objet ne peuvent que porter à s'interroger.
Dans cette ville si dépendante de l'automobile et plus largement si indissociable de l'industrie pétrolière le "Greenwashing" est aussi à l'oeuvre.
Les sections aménagées de la rivière, les efforts pour diversifier les énergies renouvelables (ici déjà 33% de l'électricité serait éolienne), les parcs publics aménagés sur des parkings (Discovery Green financé par BP) et même une courte ligne de tramway toute neuve parviendront-ils à transformer en profondeur "Oil City" ?
A suivre.





Sources : Buffalo Bayou Partnership, association de valorisation de la rivière
"On the Banks of Bayou City", livre d'analyse par The Center for Land Use Interpretation

Shanghaï / Houston

Entre les deux peu de points communs si ce n'est ces échangeurs à perte de vue et tous plus impressionnants les uns des autres.
Quand Shanghai les rajoute au coeur du centre ville, Houston se construit et se déploie autour.



vendredi 1 juillet 2011

Unzoned city

Houston est la plus grande ville non zonée ("unzoned") des Etats-Unis.Avec ses 5,5 millions d'habitants dans l'agglomération (2,2 dans la ville même contre 45 000 hab en 1900), cette 4ème agglomération présente une structure urbaine claire, une maille urbaine efficace et une flexibilité certaine dans son développement. Ni composition, ni programmation, les juxtapositions les plus improbables et les formes urbaines les plus indéfinies font ici figure de règle. Une même déférence à l'automobile et le jardinage comme religion définissent l'identité du lieu.