dimanche 19 août 2012

Seattle world's fair 1962 : 50 ans après

En 1862, la ville de Seattle comptait 182 habitants.
Son industrie forestière balbutiante ne tire encore que peu d'avantages de sa situation privilégiée sur le Puget sound (Détroit de Puget).
En 1893, James J. Hill, tycoon des chemin de fer, choisit Seattle comme terminus occidental de sa Northern Pacific Railway Company.
A partir de 1897, commence la grande ruée vers l'or du Klondike (Klondike Gold Rush. Des milliers de prospecteurs font de Seattle leur base arrière, des sociétés se créent, la ville entre dans une période de grande prospérité.
Selon l'adage bien connu, dans les ruées vers l'or, bien plus que les chercheurs d'ors eux-mêmes ce sont bien les vendeurs de pelles qui font fortune. Un afflux de richesse considérable innonde Seattle et la ville explose.

En 1962, l'agglomération de Seattle approche le million d'habitant. L'industrie locale a profité à plein de la seconde guerre mondiale produisant à tour de bras bateaux et avions. Boeing est le premier employeur régional. Le Downtown est cependant en déclin et la ville souhaite promouvoir un évènement à même de la re-dynamiser.

En ce début des années 60, l'Amérique jeune du président Kennedy est en phase de modernisation forcenée. Ce processus économique recoupe largement des enjeux géopolitiques : volonté de dépassement de l'Union Soviétique sur le front intérieur (via l'équipement des foyers et la mise en avant d'un "American way of life") et sur le front extérieur (via la course à la conquête spatiale).
La volonté municipale de dynamisation urbaine va alors rencontrer l'ambition de mise en scène de l'économie nationale.

Le 21 avril 1962 s'ouvre "The Century 21 Exposition"plus connue sous le nom de Seattle World's Fair dans la grande ville américaine la plus proche géographiquement de l'Union Soviétique.
L'exposition s'installe sur une surface de 29 hectares, à quelques kilomètres du Downtown dans le secteur en déshérence du Warren Avenue Slum.
Le retentissement de l'évènement international. Ultime consécration, Elvis Presley y tournera même un film : "It Happened at the World's Fair".

Comme l'écrit Maureen R. Elenga dans son "Seattle Architecture Guide" :
"Century 21 fully embraced post-war optimism with its focus on modernity, science, technology and a prosperous World of Tomorrow. "Futuristic" modern architecture and structural innovation characterized the buildings designed for the fair and gave Seattle a striking new symbol, the space needle. After the fair's run the grounds provided the city witth a 74-acre urban park and cultural center."

Avec sa maille urbaine déconnectée, son futurisme désuet et ses monuments surprenants le Seattle Center demeure une pièce urbaine à part dans le tissu de la ville.
Ce parc urbain, végète gentiment dans le souvenir de 1962.  Des monuments épars ont été complétés récemment par de nouvelles installations qui perpétuent l'évènement.
Avec ses 184 mètres, la Space Needle est encore aujourd'hui l'emblème de la ville. Cette soucoupe volante suspendue est peut-être le premier exemple mondial d'une tour d'observation surmontée d'un restaurant rotatif (la Fersehturm de Berlin date de 1965).
Le Seattle center Monorail, révolutionnaire pour l'époque, relie toujours le centre-ville (distant de 2km soit 1,2 miles) à la vitesse supersonique de... 80 km/h. L’infrastructure semble devoir beaucoup au monorail du Disneyland Californien (qui date lui de 1959).
Le site compte également un stade, une grande halle (plus si grande aujourd'hui), un musée des sciences (avec de belles structures futuristico-gothiques) et un cinéma Imax (Boeing IMAX).

Dans cet autre parc de la Villette (pardon pour la référence parisienne) s'est installé en 2000 une étrange structure. Le Experience Music Project, dessiné par Frank Gehry et financé personnellement par Paul Allen (co-fondateur de Microsoft) est une musée du Rock n' Roll et des cultures populaires. Dans la ville de Jimmy Hendrix et de Nirvana les expositions les plus amusantes et les plus surprenantes se succèdent (lors de notre passage les thèmes étaient les films d'horreur et le mouvement grunge). La structure irisée englobe le monorail.

Pour célébrer le cinquantenaire de l'exposition, la ville a lancé en 2012 un série d'évènements rassemblés dans la plate-forme "The next 50".
Commémorations et projets nouveaux, à Seattle, le futur aussi a une histoire.





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