lundi 25 juin 2012

Dallas Downtown

Je me souviens des façades miroirs qui apparaissaient au générique de la série "Dallas", scintillantes à côté du sourire carnassier de JR.
La capitale économique du Texas des années 70-80 se couvrait de tours et s'inventait un CBD sur son ancien centre. 41 bâtiments dépassent aujourd'hui les 100 mètres et trois rues canyons descendent vers l'esplanade du Dealey Plaza où flotte encore le parfum d'un complot et la silhouette rose d'une jeune femme penchée à l'arrière d'une cadillac. Serrant dans sa main un morceau du crâne de son président de mari.

Le downtown de Dallas est bien là, habité et presque mixte, parcouru par des tramways à quelques blocs d'un Art District dont nous reparlerons bientôt.




dimanche 24 juin 2012

Huntsville, TX / Jail city

Huntsville, Texas 35.OOO habitants, son centre ville typique. 7 prisons de hautes sécurités, 8.500 prisonniers et son couloir de la mort. Capitale du "Texas Department of Criminal Justice" (TDCJ) depuis la fondation de la république du Texas, la ville est la pièce maîtresse d'une institution qui enferme 160.000 personnes dans l'Etat. Plusieurs fois par jour, résonnent les sirènes correspondant aux différents comptage des prisonniers.

Au centre-ville, la prison historique "The Walls" occupe un bloc entier. Partout autour de la ville, de vaste complexes plus récents sont mis à distances par de grands no man's land enherbés. Les routes d'accès en sont gardées.

Le visiteur curieux pourra s'informer au "Texas prison Museum" sur les conditions de vie de cet univers intérieur.
Une chaise électrique l'y attend. Celle-ci ne fonctionne plus depuis que la mise à mort par injection léthale a été mise en place.
Le personnel est très sympathique et très convaincu de son utilité. Ils informent volontiers sur le meilleur itiniéraire possible pour un "prison driving tour" sur mesure.






(Avec 2,5 millions de prisonniers, soit 0,7% de la population, les Etats-Unis possèdent le plus fort taux d'incarcération au monde devant la Chine et la Russie)

samedi 23 juin 2012

"The Heights" Houston

Monter et descendre en voiture le long du Heights Boulevard ; histoire de ne pas quitter Houston sur une mauvaise impression.

Le quartier a été planifié par un entrepreneur privé comme un ensemble résidentiel et paysager dès 1891. Comme le Coral Gables de Miami ou le quartier de Royal Oaks à Houston, le temps et un double principe de sédimentation urbaine et végétale a fait son oeuvre.
Quartier pauvre dans les années 1970, le quartier est aujourd'hui en cours de gentrification. Les maisons sont plus demandées et les prix montent.
Sous les frondaisons, dans le silence de ce quartier arboré, Houston cesse soudain d'être une caricature d'elle-même.



Extrait de la notice wikipédia
"Houston Heights (often referred to simply as "The Heights") is a community located in northwest-central Houston, Texas (USA). "The Heights" is often referred to colloquially to describe a larger collection of neighborhoods adjacent to and including the actual Houston Heights. However, Houston Heights has its own history, distinct from Norhill and Woodland Heights.
[...]
By 1891 millionaire Oscar Martin Carter and a group of investors established the Omaha and South Texas Land Company. The company purchased 1,756 acres (7.11 km2) of land and established infrastructure, including alleys, parks, schools, streets and utilities. When Houston Heights was founded, it was a streetcar suburb of Houston which attracted people who did not wish to live in the dense city. It had its own municipality until the City of Houston annexed the Heights in 1919.
After World War II industrial interests moved into the Houston Heights. Marilyn Bardsley of Crime Library stated that the Houston Heights became "decrepit" and "tired" after World War II.In the 1970s the Houston Heights was considered to be a low income area of the city.
 [...]
Since the 1990s, and similar to other parts of Houston inside the 610 Loop, the Heights has experienced gentrification, a process ongoing to this day, as young highly-paid professionals (many of whom work in Downtown Houston) have flocked to the area, purchasing and renovating some of the historic homes (and demolishing some of them to build newer, upscale housing, much to the dismay of neighborhood preservationists)."

vendredi 22 juin 2012

Sea shore at Galveston

Sur l'île de Galveston, on voit la mer.
On voit même plus précisément les eaux sombres du golfe du Mexique et à l'horizon, les super-tankers qui croisent entre les plate-formes pétrolières.
Une voie très large parcours le front de mer; ce n'est pas vraiment une voie rapide mais sa largeur, sa linéarité et les multiples retraits ménagés par le bâti concourent à faire accélérer les voitures.
Côté mer, une mince bande de sable gris, envahie par les algues, est surplombée par une promenade ; pas d'arbres, de rares bancs et une interminable file de véhicules qui stationnent sous le le soleil brûlant.
Côté terre, des bâtiments commerciaux bas, de larges hôtels et quelques complexes balnéaires, dont quelques-uns sont abandonnés, constiuent un front discontinu.
Plus loin, la voie s'éloigne de la côte et des villas sur piloti sont déjà prêtes pour le prochain ouragan.


Galveston, Dead City ?

Extrait d'un article en ligne "America’s Ten Dead Cities: From Detroit To New Orleans" 
publié en Août 2010 par le site 24/7 Wall street Wire.

La ville insulaire de Galveston est classée en dernière position sur la liste des 10 villes les plus moribondes des Etats-unis.
A 60 miles de Houston, la ville est le débouché naturel de la ville sur le Golfe du Mexique. Ancien port majeur, ancienne "Sin City" locale, la ville a vu son destin lui échapper ouragan après ouragan.

"A city does not die when its last resident moves away.  Death happens when municipalities lose the industries and vital populations that made them important cities.
The economy has evolved so much since the middle of the 20th Century that many cities that were among the largest and most vibrant in America have  collapsed. Some have lost more than half of their residents. Others have lost the businesses that made them important centers of finance, manufacturing, and commerce.
[...]
Galveston #10
This Texas city was one of the largest ports in the US a hundred years ago. It was also the location of one of the greatest natural disasters in American history. In 1900, a hurricane killed between 6,000 and 8,000 people. In the decades after the hurricane, Galveston became a major tourist center due to its location on the Gulf and proximity to several larger Texas cities. Galveston was also a major military recruitment center during WWII. The cause of Galveston’s demise is unique. It had become something of the Sodom and Gomorrah of the southern US. There was a large gambling industry there, some of it illegal, which was controlled by criminals. In the late 1950s,Texas state authorities successfully attacked local organized crime. The regulated tourist trade could not replace the illegal business. Galveston’s port and hospitality industries had begun to improve, but where trampled by the effects of Hurricane Ike in 2008. The event destroyed a large part of the city’s tax base, and set back the tourism industry once again."

Aujourd'hui, le port s'est spécialisé dans la maintenance des équipements pétroliers. Les plateformes sont visibles depuis la côte, la richesse locale est loin en mer.
L'ancien centre multiplie les bâtiments abandonnés, parfois transformés en lofts (plutôt luxueux d'ailleurs) et quelques bars et boîtes de nuit permettent au secteur de survivre.
Une grande bande de sable gris (assez rare le long de cette côte marécageuse) attire une population joyeuse (On reparlera de la côte un peu plus tard).

Alors, une "Dead City" cette Galveston ?
La proximité de Houston et le monopole du sable blanc la maintient encore sous perfusion.
Touristique elle survit encore et présente ces beaux restes décatis aux foules balnéaires. L'ambiance demeure singulièrement destroy et terriblement décalée : Detroit-les-bains !



jeudi 21 juin 2012

Sugar Land, company town or incorporated City

Le statut de Sugar Land, à 20 miles au Sud-Ouest de Houston n'est pas certain : ville nouvelle d'équilibre de la métropole, "edge city" à la croissance incontrôlable ou opération immobilière privée devenue communauté ? Sans doute un peu de tout ça.

L'histoire de Sugar Land, en quelques dates apporte une partie de la réponse :

1843 : fondation de la Imperial Sugar Company. La société règne en maître sur vaste domaine marécageux et humide aux confins du Texas tropical et au contact de de la Brazos River. Les esclaves noirs fournissent la main d’œuvre. La compagnie prospère.
1861 et 1864, deux ouragans successifs réduisent la production à néant.
1865 : fin de la guerre de sécession, le colonel E.H. Cunnigham achète la société et entreprend de moderniser la production de sucre. Un moulin est construit, opéréré par des détenus fournis par le système pénitentiaire texan.

1908 : la famille Kempfer de Galveston achète les 21 km² avec pour ambition de transformer "Sugar Land" en une cité modèle possédé et géré par la compagnie.
De 1910 à 1959, cette "company town" est virtuellement indépendante. La firme construit maisons, écoles, hôpitaux et commerces locaux. Des quartiers spécifiques sont dédiés aux employés noirs qui sont strictement séparés des employés blancs.
Durant les années 50, le besoin de logements conduits à la création du quartier "Venetian Estate" et "Oyster Creek".
1959 : à la suite d'un vote local, Sugar Land devient officiellement une ville.T. E. Harman est son premier maire. Il poursuit le développement avec beaucoup de succès.
1977 : La compagnie Sugarland Properties Inc. met au point un plan de développement sur 30 ans pour une nouvelle "master-planned communit" sur une surface de 40 km² : la First Colony.
Le projet prévoit un town center, de larges ceintures vertes, des golfes et des lacs artificiels pour plusieurs quartiers au standing variés.
1980-90 : graduellement, les cols blancs remplacent les cols bleus et de nombreuses industries de service s'installent à Sugar Land (Fluor, Schlumberger, Unoca)
1997 : ouverture du First Colony Mall. First Colony est incorporé à la municipalité de Sugar Land. La population dépasse les 60.000 habitants.
2000 : avec le plus fort taux de croissance urbaine du Texas, Sugar Land devient la deuxième municipalité de la métropole avec près de 75.000 habitants.
2003 : fermeture de l'usine de raffinage de sucre de la Imperial Company.
2006 : CNN et Monay magazine classent Sugar Land en troisième position dans la liste des "100 Best Cities to Live in the United States".
2007 : CQ Press classe Sugar Land en cinsquième position dans la liste des "Safest Cities in the United States"

2008 : Minute Maid installe son siège mondial à Sugar Land.


Aujourd'hui ni marais, ni esclaves, pas de colonie pénitentiaires et le passé industriel disparait devant les services. La projet de "First Colony" est aboutie et autour d'un town center piéton (avec ses 3 gigantesques parkings silos gratuits) se développe un shopping mall à ciel ouvert et de confortables quartiers résidentiels verts et cossus. Les architectures sont coordonnées et le même vocabulaire patricien et historique développe un univers urbain où l'on se surprend à attendre l'arrivée des "pères fondateurs".
Le "Venitian Lake" est toujours là mais a visiblement changé de standing.

La colonie sucrière a changé de dimension. A la mairie, on parle d' "incorporated city".










mercredi 20 juin 2012

De retour sur Westheimer Road

Retour matinal sur Westheimer Road.
Nous étions déjà venus ici l'an dernier et ce matin, l'idée est de se dégourdir les idées et l'appareil photo en révisant une de nos avenue préférée de Houston. Nous voilà donc à nouveau lancés sur ces 25 miles d'asphalte qui du quartier du Downtown relient en ligne droite le Georges Bush Park aux confins de la tâche urbaine de Houston.
Les premiers miles semblent valider nos impressions précédentes : univers commercial structuré par les différentes chaînes de fast-food et de commerces, surabondance des signes, rythmes des implantations à toute échelle (des colossaux Wallmart aux minuscules échoppes de Taco Bel.
La visite des arrières cours commerciaux nous permet de discerner différents fronts : fast-food et stations essences comme enseigne d'appel, grandes et moyennes surfaces mises à distance par les parkings et implantation sauvage d'échoppes plus ou moins rutilantes. Dans cette juxtaposition baroque, les "titis bar" côtoient les "pawn shop".
Ensuite, la complexité du tissu rencontré se fait plus grande. Des condominiums se sont glissés dans ce schéma trop simple. Visite d'un ensemble de 300 appartements : salle de sport, piscine, jardin de poche et immenses parkings extérieurs ceinturant l'ensemble. C'est plutôt vert et en bon état mais définitivement concentrationnaire. Ici aussi, à un premier front de logements collectifs, succède une arrière cour de maisons de banlieue. L'avenue de Westheimer Road est donc plus mixte qu'il n'y paraît. Le fait que Houston soir la plus grande "unzoned city" des États-Unis (cad sans plan de zonage)n'y est pas pour rien.

L'effet de coupure produit par cette grande ligne n'en est que plus impressionant ; ce boulevard typique délivre presque le vocabulaire classique de l'urbanité de Houston.






mardi 19 juin 2012

Houston !

De retour dans la ville pétrole pour le départ de cette deuxième saison.
"Life is sweet" dit-on ici tant il est vrai que rien ne semble pouvoir enrayer l'économie florissante de cet émirat pétrolier qu'est le Texas.
Les crises économiques successives ne semblent pas avoir cours ici : les sub-primes n'ont pas entamées le marché immobilier, la dette ne ralentit pas la consommation. Grosses voitures, gigantesques échangeurs, le développement à l’œuvre ici tient autant de la performance que de l'auto-caricature.

Tendanciellement, la sobriété des nouvelles voitures devient un argument commercial et la prise en compte de l'environnement colonise les discours.
Clignons les yeux et rêvons un peu, et si la crise énergétique interrogeait ici aussi la construction de la ville ?


vendredi 15 juin 2012

Saison 2, J-3

L'équipe d'Usanatomy repart sur les routes.

En voiture saucisse, à vélo ou à pied, nous partons pour plus de 7000 miles d'analyse urbaine.
12 villes américaines et deux mois de découvertes à suivre ici le pied au plancher.

Une expo est à suivre pour la rentrée. Bel été à vous.

jeudi 3 mai 2012

Chicago, The Devil in the White City

"The Devil in the White City: Murder, Magic, and Madness at the Fair That Changed America"

1893: toute une ville (et presque un pays entier) se mobilise pour organiser le plus grand rassemblement de tous les temps. 4 ans après l'exposition universelle de Paris, le nouveau monde et la ville de Chicago vont s'exposer aux yeux du monde et s'affirmer comme des puissances majeures du XXeme siècle qui s'annonce.

Dans ce roman extrêmement documenté, Erik Larson ressuscite les contemporains de cette époque charnière : Daniel H. Burnham, George Washington Gale Ferris, Louis Sullivan, Frederick Law Olmsted, Walt Disney, Frank Lloyd Wright ou le terrible Docteur H. H. Holmes.
D'invention technique en dispositif urbain, de création architecturale en concept commercial, d'attraction à thème au tout premier tueur en série, c'est un morceau de la modernité qui s'invente ici.


"THE FAIR HAD A POWERFUL and lasting impact on the nation’s psyche, in ways both large and small. Walt Disney’s father, Elias, helped build the White City; Walt’s Magic Kingdom may well be a descendant. Certainly the fair made a powerful impression on the Disney family. It proved such financial boon that when the family’s third son was born that year, Elias in gratitude wanted to name him Columbus. His wife, Flora, intervened; the baby became Roy. Walt came next, on December 5, 1901. The writer L. Frank Baum and his artist-partner William Wallace Denslow visited the fair; its grandeur informed their creation of Oz. The Japanese temple on the Wooded Island charmed Frank Lloyd Wright, and may have influenced the evolution of his “Prairie” residential designs. The fair prompted President Harrison to designate October 12 a national holiday, Columbus Day, which today serves to anchor a few thousand parades and a three-day weekend. Every carnival since 1893 has included a Midway and a Ferris Wheel, and every grocery store contains products born at the exposition. Shredded Wheat did survive. Every house has scores of incandescent bulbs powered by alternating current, both of which first proved themselves worthy of large-scale use at the fair; and nearly every town of any size has its little bit of ancient Rome, some beloved and be-columned bank, library or post office. Covered with graffiti, perhaps, or even an ill-conceived coat of paint, but underneath it all the glow of the White City persists. Even the Lincoln Memorial in Washington can trace its heritage to the fair. The fair’s greatest impact lay in how it changed the way Americans perceived their cities and their architects. It primed the whole of America—not just a few rich architectural patrons—to think of cities in a way they never had before.

If Christ Came to Chicago, a book often credited with launching the City Beautiful movement, which sought to elevate American cities to the level of the great cities of Europe. Like Stead, civic authorities throughout the world saw the fair as a model of what to strive for. They asked Burnham to apply the same citywide thinking that had gone into the White City to their own cities. He became a pioneer in modern urban planning. He created citywide plans for Cleveland, San Francisco, and Manila and led the turn-of-the-century effort to resuscitate and expand L’Enfant’s vision of Washington, D.C. In each case he worked without a fee. While helping design the new Washington plan, Burnham persuaded the head of the Pennsylvania Railroad, Alexander Cassatt, to remove his freight tracks and depot from the center of the federal mall, thus creating the unobstructed green that extends today from the Capitol to the Lincoln Memorial. Other cities came to Daniel Burnham for city wide plans, among them Fort Worth, Atlantic City, and St. Louis, but he turned them down to concentrate on his last plan, for the city of Chicago. Over the years many aspects of his Chicago plan were adopted, among them the creation of the city’s lovely ribbon of lakefront parks and Michigan Avenue’s “Miracle Mile.” One portion of the lakefront, named Burnham Park in his honor, contains Soldier Field and the Field Museum, which he designed. The park runs south in a narrow green border along the lakeshore all the way to Jackson Park, where the fair’s Palace of Fine Arts, transformed into a permanent structure, now houses the Museum of Science and Industry. It looks out over the lagoons and the Wooded Island, now a wild and tangled place that perhaps would make Olmsted smile—though no doubt he would find features to criticize. "